La RIE, l’étude la plus complète menée jusqu’à présent sur l’impact des investissements publics dans les secteurs du pétrole, du gaz et des activités minières en général intervenant dans les pays en développement, a conclu que ces projets, financés par le Groupe Banque Mondiale (GBM), n’ont pas contribué à réduire la pauvreté. Le processus de la RIE a révélé que dans bon nombre de cas, ces projets aggravaient la pauvreté au sein des communautés locales et de la société en général. C’est pourquoi il a été recommandé à la Banque de mettre un terme au financement des projets axés sur le pétrole et le charbon en particulier. Parallèlement, des rapports internes de la Banque Mondiale ont prouvé que les pays dépendant exclusivement des industries extractives ont tendance à connaître des taux plus élevés de pauvreté, de conflits et de corruption que les pays à l’économie plus diversifiée.
La décision attendue sur ce rapport [1] constitue une opportunité pour la Banque de renverser la tendance et de mettre en place des garanties et des réformes pour protéger les pauvres et les plus vulnérables des effets négatifs de ces projets, et plus important encore, de faire en sorte que les populations locales concernées aient leur mot à dire sur ces projets. La RIE recommande que la Banque Mondiale recueille le consentement des communautés concernées avant de se lancer dans des projets pétroliers, miniers ou gaziers. De plus, les pipelines et les mines ne devraient pas être financés dans des pays où sévit la corruption, un conflit armé ou dans lequel les droits de l’homme ne sont pas respectés. La RIE ajoute que la Banque devrait exiger le partage des revenus issus de ces activités. Elle a également recommandé que les régions riches en biodiversité soient protégées et que la Banque s’engage formellement à investir dans les énergies renouvelables. Toutes ces recommandations se situent dans le droit fil des Objectifs de Développement du Millénaire qui sont ressortis du Sommet Mondial sur le Développement Durable.
Le Management de la Banque Mondiale a toujours justifié son engagement dans ce type de projets par un discours défendant leurs impacts positifs pour les pays où ils interviennent. Mais alors que la Banque serait aujourd’hui en mesure de réduire les effets néfastes de ces projets, elle n’a jusqu’à présent pu fournir aucun exemple de projet extractif qui aurait entraîné une amélioration des conditions de vie des communautés locales.
Les Amis de la Terre pressent aujourd’hui le gouvernement français de prendre position en tant qu’Etat influent au sein du Conseil d’administration de la Banque mondiale, mais le mouvement de soutien à la RIE provient d’un éventail d’acteurs de la société civile bien plus large, incluant groupes indigènes, syndicats, organisations de droits de l’homme, groupes environnementaux, ainsi que des universitaires et des politiciens issus d’un grand nombre de pays à travers le monde.
[1] A la fin du mois, le Conseil d’Administration de la Banque Mondiale se réunira pour une discussion cruciale sur les possibles mesures à prendre.
Contacts : Sébastien Godinot ou Majda Bouchanine, au 01 48 51 18 95.




