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Un Grand Paris déconnecté des réalités des Franciliens

Le débat public sur le Grand Paris, auquel les Amis de la Terre Ile-de-France ont participé, met en évidence le caractère inadapté et dépassé du réseau de transport en commun issu du projet d’aménagement de l’Ile-de-France initié par Nicolas Sarkozy fin 2007.

En effet, ce projet vise à relier des pôles excentrés et destinés à être les moteurs de la compétitivité de la région. Ainsi, le tracé passe en grande partie par des villes relativement peu denses, oubliant les communes de la petite couronne alors que la population y est beaucoup plus concentrée. Les forts besoins de transport en commun en proche banlieue, identifiés de longue date, ne sont pas pris en compte. Ce projet devrait privilégier un aménagement équilibré alliant proximité, mixité sociale, report modal de la route vers le réseau public ou encore équilibre entre habitat, services et activités. Au lieu de cela le tracé ne propose qu’une ronde frénétique évitant soigneusement les zones ayant de véritables besoins en transports publics qui ne fait qu’accentuer la ségrégation spatiale de l’Ile de France.

Un projet daté et dépassé
De toute façon, le but n’est pas de répondre à une demande mais plutôt d’aménager l’Ile-de-France selon la vision d’un démiurge rêvant de structurer les besoins de déplacement autours de 7 pôles. Avant même sa mise en œuvre, le projet est daté et dépassé. Le développement du plateau de Saclay, par exemple, repose sur un pôle très éloigné de Paris et situé dans une zone de densité urbaine très faible. Quelque soit la réussite du projet, deux choses sont certaines : les longs trajets deviendront la norme et des hectares d’espaces naturels et agricoles seront bétonnés pour être plantés de pavillons de banlieue. De même, l’a priori en faveur du transport aérien, symbole de l’hypermobilité déconnectée des réalités environnementales, impose un tracé couteux et inadapté. Avec seulement 7 gares sur 44 km, la ligne entre La Défense et Orly est aux antipodes du RER qui propose une gare tous les 2 km et du Métro avec une distance de 500 m entre les stations. Surtout, le succès ne se décrète pas et un réseau de transport ne suffit pas à assurer la réussite de pôles de compétitivité.

Enfin, le Grand Paris mise sur une croissance économique de 4%, un chiffre qui apparait pour le moins très optimiste, pour ne pas dire surréaliste. Quant à savoir si l’exacerbation d’une croissance aveugle et un aménagement de l’espace ultra spécialisé effaceront des décennies de ségrégation et d’inégalité sociales dans les banlieues parisiennes, la question n’effleure même pas l’esprit des promoteurs du projet…

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