Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée des Amis de la Terre, demande : « Pour répondre à la crise de gouvernance, il faut mettre un terme à l’influence disproportionnée des banques (et des multinationales) sur les pouvoirs publics, comme le demande le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz (2). Il faut également assurer la participation démocratique dans la refonte d’un système financier stable et robuste. Des forums comme le G20 ou le FMI sont totalement inadaptés : ils excluent tous les pays pauvres. »
Pour répondre à la crise environnementale et sociale, un « New deal écologique » est indispensable. Une intervention économique et fiscale des pouvoirs publics dans l’économie ne doit pas avoir pour but de stabiliser le système actuel dans ses aspects insoutenables, mais de le transformer radicalement afin de répondre aux enjeux sociaux et environnementaux. Plus que jamais, les nécessaires dépenses publiques et la fiscalité doivent avoir pour priorité la justice sociale, la promotion de modes de production et de consommation durables, et la transition vers des économies relocalisées extrêmement sobres en énergie et en ressources naturelles. En France, le Grenelle de l’Environnement s’est arrêté à un bonus-malus sectoriel au lieu de mettre en place une fiscalité écologique globale et crédible. Des taxations internationales doivent voir le jour sur l’énergie et les transactions de change notamment.
Enfin, répondre à la crise financière implique de supprimer certains produits et acteurs financiers et de réguler très strictement le système. Pour Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, « la totalité des produits financiers doit être régulée pour éliminer les produits hors bilan (non comptabilisés dans le bilan des banques et plus risqués) ; les paradis fiscaux, qui assèchent les capacités d’intervention des Etats, doivent être supprimés et la spéculation combattue. Les normes comptables doivent être refondues pour y intégrer les impacts environnementaux et sociaux des entreprises. Et les mécanismes encourageant l’instabilité (comme les produits dérivés type subprimes) et le profit court terme (comme les bonus) doivent être contrôlés de manière extrêmement stricte. »
(1) Déclaration de BankTrack (en anglais)
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
Déclaration d’El Escorial - BankTrack





