Les multinationales doivent rendre des comptes !
Un exemple de certaines pratiques de GDF
Fiche réalisée par Les Amis de la Terre
En Uruguay, la compagnie nationale du gaz fut privatisée en 1995 pour devenir Gaseba, une filiale de Gaz de France. Pourtant l’arrivée de Gaz de France (une entreprise publique en France) fut accompagnée d’un comportement hostile vis à vis des syndicats et d’une augmentation de la précarité pour les employés.
"Colonialisme" contre droit du travail
Durant 10 jours en août 1999, les membres du Syndicat Indépendant des Travailleurs et Employés de Gaseba s’enchaînèrent aux portes de l’ambassade de France à Montevideo. Ils demandaient à rencontrer l’ambassadeur de France pour s’entretenir sur la politique industrielle de la France et sur les conséquences de son "colonialisme" politique vis à vis du droit du travail en Uruguay. Après dix jours froids et hivernaux passés par les ouvriers enchaînés aux grilles, l’ambassadeur de France refusait encore de les recevoir.
Uruguay : investissement contre Travail
Alexandre Acosta est membre du Syndicat des Ouvriers et Employés. Pour lui " la priorité de Gaz de France est de gagner le plus d’argent possible en payant le moins possible pour les salaires et les conditions de travail. L’argent venant de France a eu pour résultat des réductions d’emplois. Nous avions 430 emplois - maintenant nous n’en avons plus que 240. Les changement apportés par Gaseba avaient pour seul but d’abaisser les coûts et non pas d’investir dans de nouvelles technologies... Aujourd’hui se retrouver sans travail, c’est pour l’ouvrier et sa famille, tirer un trait sur tout futur. Cette situation est si difficile que plusieurs compagnons se sont suicidés parce qu’ils n’arrivaient pas à trouver le moindre travail".
Les syndicats dans la ligne de mire
Acosta continue : Pendant que la compagnie crée des emplois en France, "elle applique ici la même politique que les transnationales opérant dans le tiers-monde. Ils attaquent les syndicats et les ouvriers. La privatisation de la compagnie de gaz uruguayenne a démontré ce qui se passe lorsque des compagnies publiques sont privatisée en utilisant du capital international. Le président de Gaseba, Pierre Pérez a proposé que tous les ouvriers se mettent à leur compte. Ce serait la fin de la sécurité de l’emploi et d’un certain niveau de protection sociale. En travaillant à la pièce, on gagnerait environs 500 dollars par mois dont 200 partiraient en impôts et charge sociale. Nous perdrions aussi certains droits comme les congés payés, les congés maternité, l¹assurance santé, les primes de Noël et l’assurance accident. Alors que nos leaders syndicaux sont élus par les syndiqués lors d’un vote secret, Gaz de France veut les licencier".
Dernière conséquence : la grève de la faim
Pour Luis Puig un autre membre du syndicat au sein de la compagnie et aussi membre du Conseil Exécutif de la Confédération Nationale des Syndicats Ouvriers d’Uruguay "C’est vraiment incroyable que nous devions en arriver à de telles extrémités pour nous faire entendre, pourtant cela semble être le seul moyen pour que les autorités gouvernementales nous écoutent". Les leaders du syndicat ont donc organisé une grève de la faim.
Extrait, traduit par les Amis de la Terre France, du livre ressource des Amis de la Terre International intitulé :
"Le système commercial international" - Les gagnants et les perdants. (titre original : THE WORLD TRADE SYSTEM : WINNERS AND LOSERS)
CB
Liens vers d’autres sites ou sources d’information :
Le rapport complet en anglais « The world trade system : winners and losers »
La campagne sur le commerce mondial des Amis de la Terre International