Les multinationales doivent rendre des comptes !
Un exemple de certaines pratiques de Renault
Fiche réalisée par Le Réseau Action Climat France
" Je crois que la première contribution d’une entreprise au développement durable c’est son propre développement "
Louis Schweitzer, PDG de RENAULT
(Rencontre débat du Comité 21 le 15 mars 2001)
RENAULT, LE DEVELOPPEMENT DURABLE ET L’EFFET DE SERRE
1.Le développement durable selon Renault ?
"Renault mise sur les économies émergentes. 4/5ème de la population mondiale n’a pas encore accès à l’automobile. C’est donc sur ces marchés que se trouve le potentiel de croissance". Ce point de vue exprimé par M. Schweitzer lors d’un discours ayant pour thème "Renault, une stratégie de développement durable" montre bien que cette entreprise française mise essentiellement sur une stratégie de croissance orientée vers les Pays dits "en émergence". D’ailleurs, les délocalisations de Renault se sont succédées ces dernières années un peu partout : Roumanie, Brésil, Mexique, Chine, etc. Le but est ici de gagner en coût de production mais également d’investir de nouveaux marchés en imposant une idée du développement à l’occidental basé sur le tout voiture. Le Parc automobile dans le monde ne cesse d’augmenter et les ventes progressent (Renault, ventes mondiales du groupe : 1,8 millions de véhicules en 1997 ; 2,4 en 2001). Les villes des Pays du Sud (tout comme celles du Nord) souvent déjà congestionnées et polluées ont-elles réellement besoin de voir augmenter leur trafic ?
2. Les engagements de Renault pour lutter contre l’effet de serre
Certes, Renault montre quelques efforts notamment d’ordre technologique : moteurs à injection directe, biocarburants, développement du Gaz Naturel Véhicule, aérodynamisme, lutte contre le poids et les frottements, véhicule hybride, etc. Renault est, par ailleurs, membre de l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA) et s’est donc engagé auprès de la Commission européenne à produire des véhicules n’émettant pas plus de 140 g/km de CO2 en 2008 et 120 g/km en 2012. A ce jour, seuls quelques modèles de Twingo et de Clio respectent le seuil de 140 g/km [1] ce qui au regard de l’étendue du parc automobile de Renault est infime. De plus, il s’agit ici de résultats concernant des voitures neuves. Notons qu’il faudra du temps pour renouveler le parc automobile (10 à 20 ans) et ajuster les normes ainsi que les fréquences de contrôle technique notamment dans les Pays du Sud.
3. Quid des gaz fluorés ???
La climatisation entraîne jusqu’à 20% de surconsommation de carburant de par son poids et son fonctionnement. De plus, le fluide frigorigène contenu dans le circuit de climatisation fuit fréquemment et participe à l’aggravation de l’effet de serre. A poids équivalent, il faut savoir que les gaz fluorés ont un pouvoir de réchauffement de 1300 à 2400 fois supérieur à celui du gaz carbonique. À l’horizon 2010, la climatisation pourrait représenter jusqu’à 13 % de la contribution automobile à l’effet de serre ! Entre 1993 et 1999, le nombre de voitures climatisées en France est passé de 13,2 % à 57,4 % chez Renault sans pour autant que le constructeur automobile ne se soucie de ce problème.
Contact RAC-F : Olivier Louchard au 01.48.58.00.20
[1] L’ADEME a publié un guide des consommations de carburant et des émissions de CO2 (www.ademe.fr)
RAPPEL : Le réchauffement climatique est aujourd’hui un fait scientifiquement établi [2] : au siècle dernier, la température moyenne de la Terre a augmenté de 0,6°C. La responsabilité de l’homme est désormais indiscutable : ce sont bien nos activités (combustion du pétrole, du charbon, du gaz dégageant des gaz à effet de serre - GES) qui sont à l’origine des bouleversements climatiques. Les prévisions sont pires pour le 21ème siècle : une réchauffement de 1,5 à 6°C avec pour conséquences une élévation des niveaux des mers, une avancée des déserts, une diminution de ressources en eau douce, une multiplication des événements climatiques extrêmes (tempêtes, inondations), la propagation de maladies transmises par les insectes, une diminution de la biodiversité, etc.
En France, en 1990, le secteur des transports était déjà responsable de 22 % des émissions de GES (96% de CO2, 3% N2O, CH4 et gaz frigorigènes). Il est passé aujourd’hui à 26 % et pourrait représenter 34 % en 2010 (scénario de référence). Par l’énorme quantité de carburant qu’ils consomment, les transports et principalement nos véhicules personnels sont les premiers responsables en France de l’aggravation de l’effet de serre. Entre 1970 et 1992, le nombre de km parcourus en voiture chaque année par habitant a augmenté de 80 %.
[2] GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
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Liens vers d’autres sites ou sources d’information :
Le site du Réseau Action Climat France, dont font partie les Amis de la Terre France
La campagne internationale des Amis de la Terre avec beaucoup d’exemples concrets




