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Une « ferme-usine » de 1 000 vaches pour du biogaz !

Un entrepreneur du BTP, monsieur Ramery rêve, sur le modèle allemand, de produire industriellement du « biogaz » dans un méthanisateur géant adossé à une ferme-usine de 1 000 vaches laitières… et voit naître une résistance massive face à son projet.

Des barons locaux incapables de raisonner autrement qu’à court terme,une structure officielle, le CODERST chargée de donner son avis préalablement à la décision du Préfet quant aux projets relatifs à des installations classées. Des riverains qui exposent leurs arguments lors des débats publics en amont du projet, ne sont pas entendus et finissent par constituer une association : NOVISSEN.

Un préfet qui malgré l’opposition de la population finit par accorder en mars 2013, le permis de construire et d’exploiter (pour 500 vaches, mais avec la possibilité d’atteindre les 1 000 vaches du projet initial)… Et enfin, des organisations locales et nationales (dont les Amis de la Terre France) qui soutiennent NOVISSEN et dont les représentants de 46 d’entre elles défilent le 3 mars 2013 dans les rues de Paris et au le Salon de l’agriculture. Voilà les ingrédients de la mobilisation autour du projet de ferme-usine dit des « Mille vaches ». La lutte s’organise pour faire annuler le projet qui met en péril la santé, l’environnement, l’emploi…

L’appel de « Nos vies saines » a été entendu

De nombreuses actions marquantes sont organisées. Des « lettres ouvertes », adressées à M. Ramery, au Préfet, et dernièrement à François Hollande lui-même, rappellent à chaque fois les aberrations de ce type de projet dangereux :
- • Pour la santé des humains et des animaux  : concentration de vaches laitières qui favorisera l’utilisation intensive d’antibiotiques, mutations incontrôlables de virus, etc. cela pour produire du lait et de la viande industriels qui concentreront tout ce que nous dénonçons depuis des décennies : engrais chimiques, pesticides, soja OGM ;
- • Pour la sécurité des riverains : normes de sécurité industrielle non applicables, camions circulant sans arrêt, tant pour alimenter le digesteur, dans un rayon de 110 km que pour épandre les 40 000 tonnes annuelles de « digestat » résiduel sur 2 700 hectares de terres ;
- • Pour l’emploi : cette étable-méthanisatrice industrielle va accélérer la disparition des exploitations actuelles… et empêcher de jeunes agriculteurs de s’installer ;
- • Pour les émissions de gaz à effet de serre : déforestation alliée aux cultures de soja OGM, va-et-vient des camions, méthane émis par les vaches… Pour la balance du commerce extérieur : importation supplémentaire de soja transgénique ;
- • Pour la dette publique subventions à la production de biogaz, entretien et réfection du réseau routier local.

Cette « Usine Mille Vaches – Ramery » est un cas d’école d’incohérence des décisions politiques. Construire une infrastructure spécifique, non pas pour produire du lait (qui devient ainsi un sous-produit), mais pour produire des quantités industrielles de gaz soi-disant « bio » au mépris des risques d’ordre sanitaire, financier, démocratique et pour l’emploi… et au détriment des citoyens et des populations.

Et pourtant, alors que les enjeux sont trop importants pour que le combat ne s’intensifie pas, et malgré le démarrage des travaux de construction en avril 2013, toutes les organisations civiles réunies restent mobilisées.
Quant aux CODERST, ne serait-il pas utile d’en modifier la composition en donnant une place plus importante aux associations agréées ?

> GÉRARD CABY

Rédigé le