
Lancée dimanche 15 juillet à Paris, l’opération Vélib s’annonce déjà comme un véritable succès. Les Amis de la Terre se réjouissent que le vélo, moyen de transport urbain par excellence, populaire, propre et convivial, reprenne la place qu’il mérite dans la capitale. Cependant, les Amis de la Terre s’inquiètent beaucoup d’apprendre que les données relatives aux déplacements des abonnés longue durée seront conservées pendant 5 jours par la société gestionnaire Somupi, filiale du groupe Decaux et sous-traitante de la Mairie de Paris pour Vélib [1].
Alors que la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) vient de faire des déclarations alarmantes quant aux menaces croissantes posées par les nouvelles technologies sur les libertés démocratiques [2], il aurait été judicieux d’informer et de consulter préalablement les usagers de Vélib, voire de choisir d’autres systèmes. Le traditionnelle carte magnétique, par exemple, sans conservation des données des déplacements, n’aurait-elle pas été appropriée ?
Gwenael Wasse, chargé de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, s’interroge : « A l’origine, la société Decaux voulait conserver les données durant deux années ; cela lui a heureusement été refusé par la CNIL [3] mais est encore en attente de validation. Sur le principe, il est très inquiétant d’imaginer qu’une multinationale telle que Decaux, numéro 1 mondial du mobilier urbain, puisse conserver des données qui devraient rester confidentielles sur les déplacements quotidiens de dizaines de milliers de citoyens ! ». Dubitatif, il ajoute : « Cela n’a plus rien à voir avec l’écologie urbaine et la lutte contre le changement climatique, mais plutôt sans doute avec du marketing [4] ; ce n’est pas le modèle social et technologique durable que souhaitent les Amis de la Terre ! ».
Il ne s’agit en aucun cas de rejeter les avancées technologiques dans leur ensemble, mais bien d’assurer leur maîtrise par les citoyens. Dans cette optique, les Amis de la Terre demandent expressément à la société Decaux de se justifier publiquement quant à l’utilisation exacte qui sera faite des données relatives aux déplacements des usagers de Vélib, et des garanties apportées quant à leur destruction. D’une manière plus générale, ils appellent les citoyens à faire preuve de la plus grande vigilance vis-à-vis de la prolifération des nouvelles technologies de traçage dans leur vie quotidienne.
Contact presse : Caroline Prak, 01 48 51 32 22 ou 06 86 41 53 43
[1] Le Monde, « Les usagers de Vélib seront pistés », 14/07/2007
[2] Le Figaro, « La Cnil craint la naissance d’une "société de la surveillance », 09/07/2007
[3] Cf. http://www.cnil.fr/index.php ?id=2237&news[uid]=478&cHash=75a72c1fc6
[4] Le Monde, « Nous savons combien vous êtes ! », 30/06/2007