A la lecture des documents du colloque de « l’aviation verte », transmis par l’association CANAL (riverains de terrains de l’aviation dite « légère »), nous constatons que :
1) la rencontre semble avoir pour objet la promotion de la fabrication et de la circulation de petits avions et d’hélicoptères
2) la question de l’environnement est traitée sous l’angle du recours éventuel à des carburants alternatifs au pétrole
3) la question du bruit est traitée sous l’angle des progrès technologiques qui permettraient de le limiter.
Sur ces trois sujets notre contribution est la suivante :
Les avions de petite taille sont en général bruyants et leur usage devrait être réservé à des déplacements « indispensables » en raison de leur consommation de pétrole (énergie non renouvelable). De plus, les vols « affaires » ou tourisme effectués en avions ou en hélicoptères imposent aux riverains des aéroports des nuisances sonores « d’un autre âge » et une pollution de l’air se rajoutant à bien d’autres. Nous sommes favorables à des mesures allant dans le sens de la modération du trafic, nécessaire à la défense de l’environnement et à la lutte contre les changements climatiques. Les TGV sont un atout considérable pour notre pays, peu de liaisons aériennes courts et moyens courriers sont en réalité encore nécessaires, surtout sous forme de « navettes » ! Par ailleurs nous restons intéressés par la réhabilitation et la recherche sur les dirigeables.
Concernant les carburants alternatifs, nous avons évoqué cette question dans le cadre d’une étude plus globale et constaté que les solutions soit sont encore à l’étude, soit imposent pour leur fabrication des nuisances dont on ne mesure pas encore bien les effets. La question de la gestion du choix des itinéraires des avions nous semble nettement plus pertinente : d’après les calculs, elle permet des économies de pétrole inbtéressantes. .
A propos du bruit, les débats récents ont montré, et ce même depuis la suppression progressive des avions de chapitre 2, que les progrès technologiques ne sont guère conséquents. Bien des techniciens des pouvoirs publics présentent les riverains des aéroports (c’est le cas à Roissy que nous connaissons bien) comme des schizophrènes inconséquents puisqu’en plus de souffrir de troubles du sommeil ou de l’attention, certains prennent en plus l’avion pour leurs congés... Nous réaffirmons ici que le transport aérien devrait être réservé à des usages intercontinentaux.
Le prétexte de la soi-disant « liberté de se déplacer » impose à l’environnement des nuisances que le transport aérien ne peut compenser puisque ses émissions de C02 ne sont pas inclues dans les accords de Kyoto, ... Elle impose aussi à la population et notamment aux riverains des aéroports, du bruit et une pollution de l’air qui Nuit à leur santé. De quel progrès parlons nous ?
Ce colloque démontre qu’une plus grande liberté de gestion des infrastructures aéroportuaires peut conduire à de nouveaux excès.Les Amis de la Terre exigent du législateur une réglementation contraignante afin d’écarter les menaces que cette nouvelle situation fait peser sur l’environnement. Paradoxalement, la politique de privatisation française semble laisser davantage de liberté aux entreprises de transport ou de production d’énergie, alors qu’il faudrait au contraire “ajouter” à leurs missions de service public une obligation précise et contrôlée de protection de l’environnement. Les Amis de la Terre s’associeront à tous les travaux allant dans ce sens.
Anne Gellé, responsable de la campagne transport aérien 06 17 05 55 05
Contact presse : Les Amis de la Terre
Anne Gellé / Tél : 01 48 51 18 95



