Victoire de la mobilisation : Engie va fermer sa centrale à charbon Hazelwood

Montreuil, le 3 novembre – Aujourd’hui, ENGIE a annoncé la fermeture de sa centrale à charbon australienne Hazelwood dès fin mars 2017. Cette annonce intervient après des mois de mobilisation de la société civile française et australienne. Les Amis de la Terre rappellent la nécessité pour Engie d’accomplir à présent la transition en assurant la reconversion totale des travailleurs et la réhabilitation des sites, ainsi que la fermeture de l’ensemble de son parc charbon d’ici 2020.

Ce 3 novembre, l’énergéticien ENGIE a annoncé par un communiqué de presse (1) son intention de mettre fin aux 45 ans d’existence de la centrale à charbon Hazelwood, dans l’État de Victoria, en Australie (2). Cette centrale de 1542 MW, considérée comme l’une des plus polluantes au monde et responsable à elle seule de près de 3 % des émissions du pays, avait été mise en opération dans les années 70. En septembre 2014, un incendie ravageur dans la mine attenante avait exposé les habitants de la ville de Morwell à des taux extrêmement élevés de pollution (3).

La centrale avait fait l’objet ces dernières années d’une mobilisation accrue de la société civile, et notamment des Amis de la Terre, qui en condamnait les impacts climatique et sur la population locale. La mobilisation s’était renforcée après qu’Engie a commencé début 2016 à revendre son parc charbon existant, au lieu de le fermer. Le 25 mai 2016, I. Kocher avait reconnu que les deux options étaient sur la table concernant Hazelwood, le lendemain de la diffusion du documentaire Cash Investigation (3). Le 13 septembre, 30 militants déguisés en kangourous avaient envahi le siège d’ENGIE pour faire entendre leurs revendications (4).

L’énergéticien aurait entendu une partie d’entre elles puisqu’il s’engagerait à réhabiliter le site et à accompagner la reconversion des travailleurs locaux. Pour Malika Peyraut, des Amis de la Terre « La fermeture d’Hazelwood est un signal positif : allonger la durée de vie de cette centrale en la revendant aurait été un crime climatique et extrêmement nocif pour les populations locales. Mais à présent, ENGIE doit tenir son engagement de réhabilitation totale du site, et accompagner la reconversion de l’ensemble des travailleurs directs et indirects. Le groupe doit également s’engager à plus jamais vendre ses centrales à charbon, contrairement à ce qu’il fait actuellement, et négocier des plans de fermeture avec les salariés et les populations. »

Les Amis de la Terre déplorent le manque de transparence et de consultation qui a entouré cette annonce. La population locale, qui appelle de ses vœux la transition énergétique de la Vallée de Latrobe en s’appuyant sur des alternatives renouvelables, a été tenue à l’écart des discussions concernant la centrale. Le siège de Paris n’a pas répondu positivement à la demande faite de discuter de la transition avec les habitants. Pour Wendy Farmer, de Voices of the Valley « C’est intolérable que ce soient des entreprises étrangères comme ENGIE qui prennent des décisions concernant notre avenir depuis leur bureau parisien. Nous devions être inclus dans les discussions afin d’avoir le temps de planifier une transition vers une économie porteuse d’emplois et reposant sur les énergies renouvelables ». Les organisations locales appellent à présent à un soutien accru des autorités locales et de l’entreprise pour une transition vers une économie locale diversifiée et porteuse d’emploi.

Alors que le gouvernement français se montre bien en deçà de l’ambition climatique qui serait nécessaire, l’exemple d’Hazelwood révèle l’efficacité de la mobilisation citoyenne pour la justice climatique. Les Amis de la Terre seront vigilants pour qu’ENGIE, et le gouvernement français qui en est actionnaire, s’engagent dans la fermeture, et non la revente, de l’ensemble du parc charbon.

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