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Victoire environnementale : pas de nouveau financement public pour Sakhaline II

12 mars 2008,
Par Yann Louvel

Les Amis de la Terre se réjouissent de l’abandon de la tentative de financement public du projet Sakhaline II par les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Leurs agences de crédit à l’exportation respectives, US-Exim et ECGD, ont en effet rejeté le projet. Cette décision place dans une position d’autant plus inconfortable les banques qui restent impliquées dans ce projet désastreux, au premier rang desquelles la Société Générale, qui doit se retirer du projet dès maintenant.


La semaine dernière, l’entreprise Sakhalin Energy a annoncé au Dow Jones qu’elle retirait ses demandes de financement pour des centaines de millions de dollars de financements publics des agences de crédit à l’exportation anglaise et américaine pour le projet controversé de Sakhaline II. Cette annonce est un succès pour les groupes environnementaux locaux qui ont formé une coalition avec des ONG nationales et internationales, dont les Amis de la Terre, pour bloquer les financements publics et privés du fait des impacts environnementaux désastreux et rédhibitoires du projet.

Sakhaline II est le plus grand projet pétrolier et gazier intégré au monde (22 milliards de dollars), situé sur l’île de Sakhaline dans l’extrême-orient russe. Il fait l’objet de nombreuses controverses environnementales incluant la menace directe d’espèces en voie d’extinction comme les baleines grises, des impacts désastreux sur les zones de frayage du saumon sauvage, et d’autres impacts massifs sur les cultures autochtones et la pêche locale. « Nous célébrons cette victoire » déclare Dimitry Lisitsyn, président de l’association Sakhalin Environment Watch. « Depuis ses débuts il y a 10 ans, Sakhaline II a commis de multiples violations environnementales des politiques des banques publiques. Nous découvrons chaque jour de nouveaux impacts négatifs, comme désormais dans la Baie d’Aniva où la sédimentation affecte négativement notre pêche locale de coquilles Saint-Jacques ».

« Nous saluons cette décision importante pour la crédibilité des approches communes de l’OCDE sur l’environnement et les crédits publics à l’exportation », explique Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre. « Ces approches sont médiocrement respectées ; ici, la pression des ONG a porté ses fruits. Au contraire, nous déplorons que JBIC, l’agence japonaise, ait décidé de garantir Sakhalin II ».

Le retrait des agences de crédit anglaise et américaine augmente considérablement les risques politiques, financiers et réputationnels des banques toujours impliquées dans le projet ou qui comptent le soutenir, au premier rang desquelles la Société Générale. Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, conclut : « Ce retrait, dû en grande partie à des raisons environnementales, démontre s’il en était encore besoin que le projet ne répond assurément pas aux bonnes pratiques internationales, que la Société Générale affirme pourtant respecter. Elle doit donc se retirer au plus tôt du projet et arrêter de financer Gazprom, l’opérateur du projet. Elle a déjà assez fait parler d’elle ces derniers temps ».

*Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43