Vignes OGM de Colmar : l’INRA au tribunal ?

Montreuil, le 24 février 2015 - L’INRA va t’elle bénéficier d’une justice à deux vitesses ou sera t-elle jugée à l’instar des faucheurs ? Les Amis de la Terre et Jean-Pierre Frick, viticulteur alsacien, ont été entendus ce lundi par le juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance suite à la plainte déposée en 2012 contre l’INRA pour dissémination volontaire d’OGM sans autorisation.

Malgré le protocole de destruction très clair établi par le ministère de l’Agriculture, l’INRA a maintenu en terre ses vignes OGM sans autorisation après le 31 décembre 2009. De plus, cette autorisation avait déjà été annulée dès le 30 septembre par le Tribunal administratif de Strasbourg.

Maître Bouquet-Elkaïm, avocat des plaignants a rappelé avec insistance que « l’autorisation initialement délivrée à l’INRA en 2005 imposait de manière claire que les porte-greffes OGM soient détruits par arrachage et incinérés à l’issue de cet essai. Or l’INRA les a délibérément maintenus sur sa parcelle, sans jamais avoir été poursuivi. Ceci constitue un délit aux termes de l’article L.536-4 du Code de l’environnement. »

Guillaume De Crop, l’un des 60 faucheurs de ces vignes OGM rappelle : « Nous avons fauché, attendu la police sur place et donné nos noms afin de répondre de nos actes. Pourquoi l’INRA, organisme d’état, ne serait-il pas jugé à son tour ? »

Florent Compain, président des Amis de la Terre France s’insurge : « La culture en plein champ d’OGM est intolérable et s’inscrit de plus dans un cadre réglementaire très souple. Pour nous, porter cette plainte était une nécessité d’intérêt général. L’INRA aura-t-elle le courage d’assumer ses actes à l’instar des faucheurs et de reconnaître sa faute ? »

Quant à lui, Jean-pierre Frick rappelle que « La France veut promouvoir l’agriculture biologique. Or celle-ci ne peut pas cohabiter avec les plantes transgéniques. Souhaitons que cette procédure permette à l’INRA de retrouver sa vocation première qui est d’œuvrer pour une agriculture durable, et non entretenir une agriculture industrielle destructrice de l’environnement. »

Contacts presse :
Florent Compain : 06.12.54.60.03
Guillaume De Crop : 06.18.23.27.11
Jean-Pierre Frick : 03.89.49.62.99

Rédigé le