Les députés européens ont aussi voté pour un renforcement de l’étiquetage des aliments contenant des OGM et un renforcement de la traçabilité des plantes génétiquement modifiées. Pour la première fois, l’alimentation animale devra elle aussi être étiquetée.
Le vote sur la prévention de la contamination génétique donne maintenant le pouvoir aux pays membres d’imposer des restrictions sévères sur les OGM agricoles, dans le but de protéger les cultures traditionnelles et biologiques. Les recherches menées dans l’Union européenne ont systématiquement démontré que la contamination sera très répandue si la culture d’OGM agricoles augmente. Jusqu’à maintenant les Etats membres n¹avaient quasiment aucun moyen pour prévenir ce problème.
Pour Christian Berdot, membre du Conseil d’Administration des Amis de la Terre-France : « Cette nouvelle législation est un pas dans la bonne direction, obtenu de haute lutte par les citoyens européens. Les Etats membres vont pouvoir prendre des mesures pour protéger nos assiettes et nos champs contre les pollutions génétiques et nous veillerons à ce qu’ils le fassent. Cette législation devrait donner plus d’informations aux citoyens et aux agriculteurs et nous permettre ainsi de choisir si nous voulons ou pas être les cobayes de cette immense expérience que les firmes de biotechnologies veulent nous imposer ».
Cependant, bien que la nouvelle législation aille dans la bonne direction, les Amis de la Terre expriment néanmoins leurs inquiétudes concernant les sujets suivants :
le seuil de contamination génétique est trop élevé. Les députés européens ont trouvé un compromis avec les ministres et accepté le seuil de 0,9%. Pourtant, les méthodes d’analyses actuelles permettent un seuil de détection fiable de 0,1% ;
la contamination des semences et des aliments par des OGM non autorisés dans l’Union européenne sera permise pendant trois ans !
les Etats membres « peuvent » plutôt que « doivent » prendre des mesures pour empêcher la contamination des exploitations agricoles avoisinantes.
Ces nouvelles réglementations vont maintenant passer devant le Conseil des Ministres de l’Agriculture de l’Union européenne, probablement en juillet. Si le Conseil les accepte (ce qui est fort probable), les nouvelles propositions pourraient être opérationnelles dès l’automne 2003.
Parmi les questions restées sans réponse subsiste cependant un problème de taille : celui de la responsabilité pénale des industriels. Les Amis de la Terre rappellent leur demande d’un cadre juridique définissant de façon contraignante la responsabilité pénale des compagnies de biotechnologies responsables de toute contamination ou de tout problème environnemental.
L’Union européenne doit mettre en place un cadre législatif contraignant avant que la moindre autorisation d’aliments ou de plantes OGM ne soit délivrée. « Autoriser la dissémination des OGM dans nos assiettes et nos champs, sans cadre juridique et pénal contraignant, c’est se préparer des « Prestige et des Erika génétiques », avec la même impunité pour les responsables ! », déclare Christian Berdot.
Contacts presse :
Christian Berdot, Les Amis de la Terre, 05 58 75 34 50
Coordination de la campagne OGM des Amis de la Terre Europe : Geert Ritsema, 00-31-6-290 05 908



