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Vous avez aimé les OGM ? Vous adorerez la biologie synthétique !

Biologie synthétique : synthèse de toutes les folies.

Biologie synthétique : les OGM à la puissance 10

Alors qu’un débat public « la biologie synthétique en question » était organisé hier à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris, les Amis de la Terre dénoncent les orientations actuelles de la recherche où les intérêts privés priment sur l’intérêt général et le principe de précaution.

L’article date de 4 mars 2009, mais ne croyez surtout pas que les blouses blanches dans les labos ont dormis depuis 5 ans.

Avec les nanotechnologies qui ont toutes en commun d’intervenir au niveau de l’infiniment petit, l’attention s’est surtout portée, pour l’instant, sur les transformations de la matière inerte (métaux par exemple). Une nouvelle étape arrive avec la transformation de la matière vivante – la biologie synthétique - elle aussi, l’objet d’intenses recherches et d’énormes investissements.

Jusqu’à maintenant, le génie génétique consistait essentiellement à reconnaître les gènes dans un génome, à les séquencer et à procéder à de grossières manipulations en procédant par « coupé-collé ». Aujourd’hui, certains chercheurs sont en train de passer de la lecture du code génétique, aux premiers stades de son écriture. Ils fabriquent de l’ADN, « lettre » par « lettre » et commencent à écrire des phrases, des « lettres » qui n’ont jamais existé dans la nature et à les combiner dans de nouveaux « systèmes génétiques ».

En juin 2006, « The Guardian » annonçait qu’un de ses journalistes avait commandé, auprès d’une compagnie commerciale anglaise un fragment d’ADN synthétique du dangereux virus de la variole et qu’il l’avait reçu directement à son domicile. L’an dernier, Craig Venter brevetait une bactérie avec un matériel génétique minimum, un génome synthétisé – du doux nom de Microplasma Laboratorium – organisme qui doit servir de « chassis » pour recevoir du matériel génétique synthétisé sur mesure, pour accomplir certaines tâches comme la fabrication de médicaments ou de produits chimiques.

Pour Rose Frayssinet de la Commission Nanotechnologies des Amis de la Terre : « Nous assistons à des alliances sans précédent entre compagnies impliquant des start-ups de la biologie synthétique et les plus puissantes compagnies de la planète comme les géants du pétrole, de la chimie, de l’agrobusiness, des industries pharmaceutique, automobile, forestière et d’autres encore. D’un côté, Archer Daniels Midland, DuPont, BP, Shell, General Motors, etc, de l’autre Iogen, Solazym, Synthtic Genomics, Metabolix, Genecor, etc… Et comme pour les OGM, sous couvert de promesses mirobolantes, les intérêts financiers de ces grandes firmes passent avant la protection des ouvriers, des consommateurs et de l’environnement ».

Dorénavant, le séquençage et le stockage des échantillons biologiques se fait sous forme numérique et avec un simple clic, ces « échantillons » pourront se retrouver instantanément à l’autre bout de la planète et ressusciter dans les laboratoires de grandes firmes qui auront les brevets et pourront ainsi contrôler les espèces, la biodiversité et l’agriculture.

Pour Christian Berdot des Amis de la Terre France : « Tout cela se passe dans un contexte de laissez faire total, alors que des questions lourdes d’avenir se posent : comment faire pour éviter le bio-terrorisme, l’erreur dans un laboratoire qui relâche dans la nature un organisme synthétique dangereux et /ou le contrôle social des individus ? Comme pour les banques, nos dirigeants brillent par leur totale irresponsabilité face à des mécanismes qu’ils ne comprennent plus. Ils laissent faire… Pour les Amis de la Terre, il est indispensable, avant de donner un quelconque feu vert, que les industriels et nos dirigeants fassent d’abord leurs preuves et commencent par s’attaquer à tous les problèmes sanitaires, sociaux, économiques, éthiques et environnementaux que posent depuis des années les produits chimiques et les OGM. Qu’ils montrent d’abord qu’ils sont capables de mettre des garde-fous. Pour l’instant et dans l’état d’absence totale de contrôle actuellement, un moratoire sur la recherche ET la commercialisation des nanotechnologies et de tout système obtenu par biologie synthétique est la seule attitude raisonnable ».

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