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Zambie : 800 personnes intoxiquées à cause d’une mine financée par la Banque européenne d’investissement

22 janvier 2008,
Par Anne-Sophie Simpere

800 personnes ont dû être soignées dans la région de Mufurila, au nord de la Zambie après avoir bu de l’eau polluée par les rejets acides de la mine de cuivre de Mopani (Mopani Copper Mine). C’est la deuxième fois qu’un accident de ce type se produit : en 2005, des réseaux d’eau potables avaient été contaminés de la même façon, révélant que la Mopani Copper Mine (MCM) ne respectait pas ses obligations environnementales. Pourtant, le projet a bénéficié du financement d’une institution européenne, la Banque européenne d’investissement (BEI). Cette nouvelle pollution conduit à s’interroger sur la sécurité des projets soutenus par la BEI, et sur son inquiétante passivité face aux conséquences humaines de ces accidents.


Le 4 janvier dernier, des centaines d’habitants de la province de Mufurila ont souffert de vomissements, diarrhées et violentes douleurs abdominales après avoir consommé de l’eau contaminée par des opérations de lessivage de la mine de cuivre de Mopani, l’une des plus importantes de Zambie. Suite à cet accident, les autorités zambiennes ont décidé de réagir avec fermeté, ordonnant la suspension des opérations à la mine. Selon le Conseil Environnemental de Zambie, la MCM ne respecte pas la législation en matière d’environnement, alors qu’elle avait déjà été rappelée à l’ordre après le premier accident en 2005.

La MCM, gérée en partenariat par le groupe suisse Glencore et le canadien First Quantum, a bénéficié en 2005 d’un prêt de 48 millions d’euros de la BEI. Cette deuxième pollution des nappes d’eau souterraines met en évidence les graves défaillances du projet en matière environnementale et la légèreté de la BEI qui prétend examiner tous les projets qu’elle finance au regard de standards environnementaux et sociaux stricts, et exercer un suivi de leur mise en œuvre afin de s’assurer qu’ils respectent leurs obligations.

« Avec deux accidents en deux ans, la mine de Mopani illustre clairement les failles du système de contrôle de la BEI. Si les prêts de la Banque dans le secteur minier servent l’intérêt commercial de grosses multinationales, les aspects environnementaux et sociaux et les impacts sur les populations locales sont manifestement négligés. C’est inacceptable de la part d’une institution qui se présente comme « la banque de développement de l’Union européenne », et cela prouve que la BEI doit, au plus vite, se doter d’un cadre juridique clair pour encadrer les projets qu’elle finance » explique Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers pour les Amis de la Terre.

Contactés par Les Amis de la Terre, des responsables de la BEI ont assuré qu’ils mèneraient une enquête sur ces « possibles » fuites acides. La BEI mentionne une mission sur le site, mais refuse à ce jour d’en préciser la date et de publier les documents environnementaux et sociaux du projet Mopani.

Contact presse :
Caroline Prak
01 48 51 32 22
06 86 41 53 43