Cette prévision de – 32%, largement reprise par les médias ces derniers mois, est issue d’une étude prospective intitulée « Evaluation de l’impact sur la qualité de l’air des évolutions de circulations mises en oeuvre à Paris entre 2002 et 2007 », que vient de publier Airparif. La présentation ce rapport a conduit à des quiproquos qui ne sont pas de nature à clarifier la situation et engager une mobilisation pour réduire la pollution de l’air à Paris. Les amis de la terre Paris contestent cette étude et surtout l’utilisation de certains de ses résultats, qui masque la réalité.
Cette baisse de 32% est présentée et donc comprise comme étant le résultat des mesures constatées actuellement sur l’air à Paris, alors qu’il s’agit :
• d’une prévision pour fin 2007 réalisée par un logiciel en fonction de certains paramètres théoriques.
• d’une baisse théorique de certaines émissions de polluants, et pas de la mesure de l’air respiré.
• Il ignore certains autres polluants souvent plus dangereux, pour lesquels la situation se dégrade.
En effet, le contenu de ce document est particulièrement contestable sur les points suivants :
C’est un rapport dont l’analyse partielle porte sur les oxydes d’azote et ignore l’évolution des autres polluants locaux réglementés : les composés organiques volatils, l’ozone et les particules fines. Polluants dont la dangerosité est pourtant soulignée par les études de santé publique.
C’est un rapport basé sur une étude prospective qui conduit à des conclusions en décalage avec les moyennes des relevés des stations. En effet, le rapport conclue : « la qualité de l’air au dioxyde d’azote s’améliore sur la plupart des axes routiers… » alors que la valeur moyenne annuelle de dioxyde d’azote des stations parisiennes, pour la période de 2002 à 2006, confirme une stabilité du niveau de pollution.
Même si les aménagements de voirie réalisés ont pu améliorer des situations locales, la réduction du trafic routier ne parait pas encore suffisante et significative pour infléchir la pollution globale.
Le bilan des mesures réelles de l’air respiré par les parisiens pour la période 2002 - 2006, est beaucoup moins satisfaisant. Vous trouverez ci-joint un bilan synthétique de la pollution 2006 réalisé par les « Amis de la Terre Paris » à partir des mesures du réseau AIRPARIF mises à la disposition du public, qui montre qu’une baisse spectaculaire des polluants est improbable.
Plus précisément, on constate une dégradation continue de l’indice de pollution ATMO, une stabilité du taux de dioxyde d’azote à un niveau inacceptable, une augmentation du taux d’ozone et une multiplication des dépassements des niveaux d’alerte en lien avec les canicules , ce qui souligne la nécessité de développer les mesures volontaristes qui permettraient de réduire significativement la pollution de l’agglomération.
