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Retour sur la Journée internationale d’actions contre les gaz de schiste

Le petit village de Tournan-en-Brie accueillait ce samedi 22 Septembre 2012 les collectifs anti-gaz de schiste de la partie Nord de l’Hexagone.

Les forums et les rassemblements de la partie Sud se déroulaient au même moment à Saint-Christol les Alès (Gard), à Aix les Bains (Savoie), à Beaumont de Lomagne (Tarn-et-Garonne).
Des actions symboliques interpellaient aussi le public : sur le Trocadéro, à Paris « Forage de pétrole de schiste dans le sous-sol de Chaillot », une autre à Strasbourg, etc.
La France rejoignait ainsi la journée internationale d’actions coordonnées contre le recours à ce type d’énergie (gaz + pétrole de schiste), quelle que soit la technique d’exploration ou d’exploitation utilisée (interdire la fracturation hydraulique n’est pas suffisant). De la Pennsylvanie à la Bulgarie, en passant par le Texas et l’Afrique du Sud, près de 150 actions ont été organisées dans la très grande majorité des pays concernés : Etats-Unis, Canada, Mexique, Argentine, Irlande, Royaume-Uni, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, République Tchèque, Bulgarie, Roumanie, Australie, Afrique du Sud, etc.
Il s’agissait aussi de :
-  Contrer l’offensive actuelle de l’industrie pétrolière et gazière pour promouvoir ce type de projets
-  Construire des solidarités au-delà des frontières nationales
-  Rappeler qu’en France, si plusieurs demandes ont été rejetées, il reste 95 demandes en cours d’instruction, dont 37 identifiées « hydrocarbures non conventionnels »
-  Promouvoir la transition énergétique, c’est-à-dire la réduction, drastique mais accompagnée, de la demande d’énergie (sobriété et efficacité énergétique) et le développement des énergies renouvelables (agrocarburants exclus)
-  En ce sens, rejeter également l’exploitation pétrolière profonde « Off Shore » ou l’exploitation « conventionnelle » dévastatrice pour les populations autochtones ou la biodiversité

Après nous avoir accueillis, le Maire de Tournan nous a expliqué comment sa commune et les communes environnantes allaient être impactées par des travaux qui devraient commencer dès cet automne, et auxquels lui et les élus du territoire sont farouchement opposés. Les raisons de cette opposition rejoignent celles des associations et des citoyens qui se sont mobilisés depuis fin 2010 ; elles sont connues : atteintes à la santé publique, à l’environnement, aux paysages, à l’économie (tourisme) et à la démocratie (absence d’information ou de concertation des élus et des citoyens). D’autres élus (Communes alentour, Département, Région, Députés), les associations présentes, de simples citoyens, se sont ensuite succédés à la tribune pour exposer leur situation et leur opposition à la fois farouche et argumentée.
Un représentant du Conseil fédéral des Amis de la Terre-France a pris également la parole, principalement pour rappeler que notre organisation était à la fois présente et solidaire des collectifs de toute la France depuis le début des manifestations, tout en adhérant complètement au message « ……Ni ici ni ailleurs » qui s’oppose à la généralisation de ce type d’exploitation aux autres pays du Monde.
Pour ma part, au nom du « Collectif Nord-Pas-de-Calais contre le gaz de couche », j’ai rappelé que :
-  Plutôt que de toujours évoquer les « gaz et huiles de schiste » il vaudrait mieux systématiquement employer le terme « hydrocarbures non conventionnels », ce qui inclurait le charbon
-  Notre Région est également concernée par la mise en œuvre éventuelle de la technique de la fracturation hydraulique sur la roche-mère « charbon » sous certaines conditions de profondeur, de compacité et d’imperméabilité, dans le contexte de deux permis accordés en 2010 dans l’Arrageois (permis « Sud-Midi ») et dans le Valenciennois ( permis dit « de Valenciennes »)
-  Depuis la fin de l’exploitation houillère dans notre Région, la société Gazonor (initialement entreprise publique, actuellement groupe privé –australien, puis belge -) a été chargée de récupérer le méthane (gaz de mine ou « grisou ») qui remonte des 100 000 km de galeries qui ont été creusées dans notre sous-sol pendant l’exploitation minière. Il s’agit là d’une mission d’intérêt général, à la fois pour éviter les accidents, les problèmes de santé…. et profiter économiquement de l’injection de ce gaz dans le réseau.
-  Depuis le début des interrogations sur la ou les techniques à employer pour extraire le méthane du charbon, les responsables industriels ont utilisé indifféremment des termes qui ont jeté le trouble dans l’esprit du public : « gaz de mine », « gaz de houille », « gaz de charbon », « gaz de couche », qu’ils voulaient équivalents entre eux et proches des techniques de « dépressurisation » déjà utilisées ou projetées. En fait, pour extraire le gaz des veines de charbon non exploitées (les « couches »), dans un certain nombre de cas seule la fracturation hydraulique pourra être efficace….
-  Depuis la loi du 13 Juillet 2011 et la remise par Gazonor des demandes de permis modifiées qui s’en est suivie, il ne se passe rien de significatif dans notre Région….. mais nous restons vigilants. Par exemple, comme dans les autres territoires, nous sommes attentifs à l’apparition de « camions sismiques » chargés de démarrer les recherches à un endroit donné…. ou à des « ballets de camions » inhabituels.
-  Nous étions venus en bus de Lille et Arras (24 personnes exactement) bien décidés à exprimer en cet après-midi ensoleillé à la fois notre refus du « toujours plus » de saccage de notre Région et notre solidarité avec les Départements du Sud et d’Ile-de-France…. ainsi qu’avec le reste du monde. Il y avait de la musique (un orchestre bien dynamique qui a su mettre de l’ambiance), des stands, des brochures explicatives….. et des slogans bien sentis : personne d’entre nous n’a regretté le déplacement, même si une marche de manifestation dans les rues n’aurait pas déplu à la majorité d’entre nous. Ci-dessous quelques photos pour illustrer…. En marge de la manifestation, et sous toutes réserves, il est possible que la coordination nous demande d’accueillir l’ensemble des collectifs français pour la réunion mensuelle nationale, en Novembre. Ce serait un honneur, et une façon de recentrer localement ce problème des hydrocarbures non conventionnels et de la transition énergétique.
Nota : une cyberaction « Abrogation des expérimentations de la fracturation hydraulique » a été mise en ligne le 21/09/2012. Lien : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/abrogation-experimentations-fracturation-hydraulique-512.html

Gérard CABY, Président des Amis de la Terre-Nord

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