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27 actions contre l’huile de palme dans les carburants : les citoyens interpellent la Commission européenne

Paris, le 12 janvier 2019 - Aujourd’hui, 380 activistes ont mené des actions dans de nombreuses villes de France pour interpeller la Commission européenne qui doit prendre une décision dans les prochaines semaines sur l’avenir de l’huile de palme dans les carburants.

A Paris, Sallanches, Lyon, Marseille ou encore Bordeaux, c’est la Commission européenne que les militants interpellaient aujourd’hui pour qu’elle entérine la fin de l’incorporation de l’huile de palme dans les carburants. A l’initiative de Canopée Forêts Vivantes, des Amis de la Terre France et d’Action Non-Violente COP21, près de 380 activistes ont pris part à une journée nationale de mobilisation s’inscrivant dans une campagne européenne coordonnée dans 15 pays.

Un acte délégué de la Commission européenne est en effet attendu pour le 1er février suite à la loi de juin 2018 mettant fin à l’incorporation dans les carburants de matières premières qui sont à “haut risque” pour le climat, comme l’huile de palme. Cette loi propose de plafonner puis d’éliminer des produits controversés, et demande aux distributeurs de carburants davantage de transparence.

La décision de la Commission Européenne est décisive : soit elle scelle la volonté d’éliminer l’huile de palme des carburants dans l’ensemble des pays européens soit au contraire, elle ouvre la voie à des dérogations. Ces dérogations contrediraient alors la décision des législateurs français, l’Assemblée Nationale ayant décidé en décembre 2018 de retirer l’avantage fiscal permettant l’incorporation d’huile de palme dans les carburants.

Pour Sylvain Angerand, de l’association Canopée Forêts Vivantes, membre de la Fédération des Amis de la Terre : “Remplacer les carburants fossiles par de l’huile de palme est l’une des pires idées qui existe pour le climat : un carburant à base d’huile de palme a un impact sur le climat trois fois supérieur à celui d’un gazole fossile, et coûte plus cher à la production. La Commission Européenne doit mettre fin à cette fausse solution et prendre une décision ferme et sans échappatoire pour les industriels comme Total.” Les pays producteurs (Indonésie et Malaisie) et le groupe Total sont en train de tout tenter pour que l’huile de palme échappe à cette loi. Total projette d’importer 550 000 tonnes d’huile de palme, et dérivés [1], pour alimenter sa “bioraffinerie” de La Mède.

A l’heure où l’urgence climatique est plus que jamais d’actualité, et alors que de vastes mobilisations en France dénoncent l’injustice fiscale et la précarité, la responsabilité des décideurs est de repenser la politique de transport et de proposer des outils fiscaux socialement justes et écologiquement efficaces : voici les défis qui se posent en France et en Europe.” estime Gwenaëlle Médici d’Action Non-Violente COP21.

La pétition en Europe a déjà réuni plus de 400 000 signatures.

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Crédits photo : Sam Saintyard

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