Ressources et médias

Rester informé


Des mobilisations de Paris à Rome pour dire à l’UE : STOP à l’huile de palme dans les carburants !

Une coalition d’ONG s’est mobilisée aujourd’hui dans cinq capitales européennes – Paris, Berlin, Madrid, Rome et Bruxelles – pour demander à l’Union européenne de mettre fin aux subventions pour l’huile de palme dans les carburants.

A Paris, 75 personnes se sont rassemblées devant la représentation de la Commission européenne. Des militants des associations ANV COP21, Canopée, Les Amis de la Terre, One Voice, SumOfUs et Greenpeace, y ont installé une « forêt tropicale », avec de faux palmiers à huile et des personnes en déguisement d’orangs-outans. Les responsables des associations ont même été reçus dans les locaux parisiens de la Commission, face à l’Assemblée Nationale. Lors de l’entretien, il leur a été confirmé que le message serait porté au niveau européen.

Les manifestants ont également remis à la Commission européenne les pétitions d’une dizaine d’organisations européennes – parmi lesquelles Canopée, Les Amis de la Terre et SumOfUs – ayant recueilli plus de 500 000 signatures demandant la fin des subventions européennes pour l’huile de palme dans les carburants.

En mai dernier, le Parlement européen a adopté une loi pour mettre un terme à l’incorporation dans les carburants de matières premières qui sont à « haut risque » pour le climat, comme l’huile de palme. Cette loi propose de plafonner puis d’éliminer des produits controversés et demande aux distributeurs de carburants davantage de transparence. La Commission Européenne doit entériner cette volonté par un acte délégué, attendu pour le 1er février.

En France, les agrocarburants sont responsables de 75% de l’huile de palme consommée. Selon les ONG, ces « biocarburants » sont en réalité trois fois plus néfastes pour le climat que les carburants conventionnels, à cause de la déforestation qu’ils entraînent. Les plantations de palmier à huile sont en train de ravager les dernières forêts tropicales primaires de la planète et la précieuse biodiversité qu’elles abritent.

Pour Sylvain Angerand, président de Canopée Forêts Vivantes et porte-parole de la fédération des Amis de la Terre France pour cette campagne : « L’Assemblée Nationale a supprimé l’avantage fiscal permettant l’incorporation d’huile de palme dans les carburants mais Total, propriétaire de la bioraffinerie de La Mède, a annoncé vouloir remettre en cause le vote des députés en demandant une dérogation. Si la Commission ne tranche pas clairement et ouvre des dérogations, il est certain que Total s’engouffrera dans la brêche. »

« L’Union européenne est sous la pression des lobbies depuis des années pour soutenir l’utilisation d’huile de palme dans les carburants, et elle a réussi à faire passer cette industrie de la destruction pour une alternative écologique, » a déclaré Fatah Sadaoui, responsable de campagnes chez SumOfUs. « Pourtant, des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées pour dire à l’UE : nous ne voulons pas être complices de la destruction des forêts tropicales, donc nous ne voulons plus d’huile de palme dans nos réservoirs. Il faut que la Commission européenne agisse au plus vite pour sauver les derniers orangs-outans, les forêts tropicales et les communautés qui y vivent et en dépendent. »

Pour Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice, « le fait que les biocarburants puissent contenir de l’huile de palme est impensable à tant de niveaux... En premier lieu pour les orangs-outans qui meurent de la disparition de leur habitat. Et pour ajouter à l’absurde de la situation, pour des prétextes écologiques ! Comment peut-on oser laisser faire ? »

Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne Forêts et Climat à Greenpeace France, « la production d’agrocarburants à l’huile de palme ravage les forêts, alors qu’elles sont une des meilleures protections contre le changement climatique. Il est urgent d’en finir avec cette fausse solution. Nous comptons aujourd’hui sur la Commission européenne pour entendre les attentes des citoyen-ne-s et résister aux sirènes des multinationales, comme Total, qui privilégient leurs profits destructeurs. »

Rédigé le