Ressources et médias

Rester informé


Effondrement de la biodiversité ou transformation de nos sociétés : l’ultimatum lancé aux Etats.

Réuni à Paris, le GIEC de la biodiversité (IPBES) vient d’adopter un rapport majeur sur l’effondrement des écosystèmes et appelle à une transformation profonde de notre système économique et social. Les Amis de la Terre appellent les gouvernements à se saisir de cette nouvelle alerte pour engager d’urgence des changements radicaux et arrêter de promouvoir des fausses solutions.

Le rapport de l’IPBES est l’évaluation scientifique la plus complète sur la biodiversité et les écosystèmes. Il expose les principales causes d’effondrement de la biodiversité et appelle à des changements urgents.

Le rapport qui vient d’être adopté est sans équivoque sur l’état des écosystèmes dans le monde et sur le fait que ce sont les « actions humaines » qui ont « significativement altéré leur fonctionnement dans la plupart des endroits du globe ».

Agriculture et pêche industrielles, infrastructures, industries extractives, exploitation forestière, plantations à vocation énergétique : les causes de cet effondrement sont nombreuses mais toutes imbriquées et associées à un modèle économique insoutenable basé sur la croissance et la surconsommation.

Pour Sylvain Angerand, porte-parole « forêt / biodiversité » des Amis de la Terre France et président de Canopée : «  Ce rapport souligne une fois de plus l’importance de changer en profondeur notre modèle économique et de s’attaquer aux causes profondes des changements climatiques et de l’effondrement de la biodiversité : notre boulimie de consommation de ressources naturelles et d’énergie. Plutôt que de réduire massivement la consommation d’énergies fossiles, le gouvernement français pousse à les remplacer par des bioénergies. Mais remplacer le charbon par de la biomasse ou du pétrole par de l’huile de palme ne fait qu’exacerber la pression sur les écosystèmes, sans résoudre la crise climatique. ».

Comme le souligne Anne-Laure Sablé, chargée de campagne Agriculture aux Amis de la Terre France : «  de façon identique à la crise climatique, il est établi que les ravages provoqués par l’agro-industrie sont incompatibles avec la préservation de la biodiversité mondiale. Pesticides, engrais de synthèse et semences industrielles sont autant de marqueurs-clés d’un système agro-alimentaire destructeur de notre planète. Il faut sans attendre mettre fin à l’illusoire coexistence des modèles agricoles et remettre l’agriculture paysanne au centre de nos politiques, à commencer par la future PAC à l’échelon européen. »

Karin Nansen, présidente des Amis de la Terre International conclut : « L’effondrement des écosystèmes peut encore être évité par un changement de système. Cela ne pourra être possible qu’en écartant les fausses solutions comme la compensation carbone ou biodiversité, en mettant un terme aux projets de développement dont l’objectif est avant tout de répondre à la demande des pays les plus riches, en protégeant mieux les personnes qui s’opposent à ces projets et en renforçant les droits des communautés locales et des peuples autochtones à prendre des décisions concernant leurs territoires ».

Ce rapport est une première étape sur la route de la COP 15 de la Convention sur la Diversité Biologique qui aura lieu à Beijing en 2020 et qui doit définir les politiques de protection de la biodiversité pour les dix prochaines années : les Amis de la Terre International et les Amis de la Terre France y défendront activement ces propositions.

Rédigé le