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Critique du culte de la voiture

La vélorution en marche

« Adapter la ville à la voiture », en construisant des voies express urbaines, tel était le projet de George Pompidou incarné, fin 1971, par la volonté de créer une autoroute sur la rive gauche de la Seine à Paris.

À l’opposé, les Amis de la Terre estiment que la voiture est une nuisance majeure dans les villes où elle ne profite, et ne peut profiter, qu’à quelques-uns. Avec le culte de la voiture, les villes deviennent des pièges à cyclistes et l’accroissement des chaussées grignote les trottoirs et bétonne la moindre parcelle disponible au profit des seuls automobilistes.

Le printemps 1972 voit donc le lancement d’une campagne des Amis de la Terre afin d’exclure les automobiles des villes et de promouvoir l’utilisation du vélo. L’organisation de manifestations à vélo dans les villes françaises rassemblent alors des milliers de cyclistes derrière le slogan « Bagnoles, ras-le-bol. Ca pue, ça pollue et ça rend nerveux ! ». En mai 1976, Le Courrier de la Baleine titre « Vive la vélorution » en écho à la Journée mondiale du vélo organisée par les Amis de la Terre le 5 juin à Paris, New York, Londres, Bruxelles et des dizaines d’autres villes. Dans la foulée, Assez roulé comme ça, on réfléchit (Ed. Pauvert, 1976) et Le Manifeste Vélorutionnaire (Ed. Pauvert, 1977) sont publiés en collaboration avec la Fédération des usagers des transports. L’année suivante, à l’occasion de la campagne pour les élections municipales, les Amis de la Terre militent pour la création d’un « plan de circulation » en ville constitué de pistes cyclables et pour la mise à disposition de vélos municipaux.

Par la suite, la lutte contre la voiture en ville s’inscrit dans la campagne pour des villes écologiques. La renaissance de la vélorution dans les années 1990 souligne la pertinence des revendications des Amis de la Terre et si les cyclistes ont plus d’espace en ville, grâce aux pistes cyclables et aux vélos partagés, il reste encore de nombreux progrès à accomplir pour réduire à la portion congrue la place faite aux voitures.

> PHILIPPE COLLET

Rédigé le