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Terminal T4 de Roissy - démarrage de la concertation

La concertation sur le projet du nouveau Terminal T4 de Roissy CDG a été lancée à Gonesse le 12 février pour 3 mois. C’est l’occasion de faire valoir un point de vue différent de celui d’ADP et la folie que constitue ce type de projet.

Il contribuerait d’ici moins de 20 ans à faire passer le trafic passagers de 70 millions à 105 à 110 millions de passagers. Ce qui reviendrait à ajouter l’équivalent d’Orly à Roissy !

Pas de débat public

Comme nous l’avions indiqué dans notre précédent article, c’est donc une simple concertation et non un débat public qui aura lieu pour ce projet. Malgré son ampleur, les textes de loi sont ainsi faits que seule la création d’une nouvelle piste aurait permis la mise en oeuvre de cette procédure d’information et de débat beaucoup plus complète. Preuve s’il en faut, de la constante mansuétude des pouvoirs publics à l’égard du mode de transport le plus polluant qui existe.

Encore et toujours une tentative de justification par l’emploi

Le dossier de concertation élaboré par ADP fait bien sûr la part belle aux promesses de création d’emplois. Mais quelle crédibilité accorder aux chiffres mirifiques annoncés sachant qu’ils englobent outre les emplois directs les emplois indirects,induits et même "catalytiques" ? En effet, malgré une hausse du trafic de plus de 13% entre 2009 et 2015, les emplois du pôle aéroportuaire de Roissy sont passés de 93 600 à 74 300 [1] !

Rappelons de plus que ces emplois ne bénéficient que très marginalement aux populations défavorisées des villes proches de Roissy qui en subissent pourtant les nuisances les plus importantes. Ainsi, le pôle n’offre que 14 400 emplois à la main d’œuvre du Grand Roissy, sur un ensemble de 221 000 travailleurs en activité. Ainsi, le pôle de Roissy contribue pour à peine 6% (5,6%) aux besoins d’emplois de son bassin. Ce qui l’oblige à recruter sur une aire gigantesque s’étalant sur une centaine de kms de diamètre, allant de Creil (Oise) ou Soissons (Aisne) à Athis-Mons ou Savigny sur Orge (Essonne) [2].

Des nuisances majeures pour des centaines de milliers de riverains

Les 500 mouvements de plus par jour occasionnés par le nouveau terminal ne manqueront d’aggraver les nuisances subies par des centaines de milliers de franciliens. A commencer par le bruit. Ainsi l’indice IGMP de mesure de l’énergie sonore croîtrait de 66,7 en 2017 à 75 en 2037. De même, les émissions de polluants l’augmentation du nombre de mouvements conduirait globalement à une augmentation des émissions prenant en compte les décollages et les atterrissages de 30 % pour les oxydes d’azote et de 11 % pour les particules.

Un non sens dans la lutte contre les changements climatiques

Le dossier inclut un long développé sur la réduction des émissions internes de la plateforme qui ne représente que 3% des émissions total de GES. Il est beaucoup moins disert sur émissions liées aux 45 millions de passagers supplémentaires qui seront traitées soit par des "compensations" ou des carburants "alternatifs" comme les biocarburants dont on connaît le bilan environnemental catastrophique.

Ainsi, une fois de plus le transport aérien bien qu’étant le mode de déplacement le plus émetteur de gaz à effet de serre s’affranchit de tout effort. Rappelons que l’immense majorité des voyages en avion sont des voyages d’agrément. Et tous les efforts que le transport aérien ne fera pas, il faudra les faire ailleurs, de façon encore plus accrue, sur des besoins qui eux sont vitaux : chauffage, transport quotidien, alimentation. Où est la logique dans tout ça ?

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