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AG de la BNP Paribas : encore une occasion de ratée

Interrogée sur ses soutiens au secteur du charbon lors de son Assemblée générale du 13 mai 2015, BNP Paribas a une fois de plus raté une occasion d’annoncer enfin des mesures ambitieuses et cohérentes avec sa volonté affichée de lutter contre les changements climatiques.

_Interrogée sur la centrale de Rampal, la banque a refusé de prendre position sur ce projet qui menace les Sundarbans classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les Sundarbans forment la plus grande forêt de mangroves au monde, qui abrite de nombreuses espèces protégées et menacées comme le tigre du Bengale et fait vivre jusqu’à 1 million de personnes. La banque fait savoir qu’elle n’a pas été approchée pour son financement et n’a donc rien à déclarer. Pourtant, dans un même cas de figure deux mois plus tôt, la banque avait fait savoir son engagement à ne pas financer les 9 projets miniers du bassin de Galilée et les infrastructures associées.

Concernant ses soutiens au charbon, BNP Paribas a fait valoir que son mix énergétique faisait la part belle aux énergies renouvelables avec 23% d’énergies renouvelables contre 60% d’énergies fossiles et qu’elle faisait donc mieux que le mix énergétique international qui est de 21% d’énergies renouvelables contre 68% de fossiles au niveau international. Sans revenir sur cet écart qui n’est pas impressionnant pour une banque française, cette annonce n’en était pas une puisque la banque avait déjà publié ce mix énergétique dans son rapport annuel disponible depuis plusieurs semaines. Et il reste encore beaucoup de chemin à faire pour réaliser la transition énergétique et pour que les énergies renouvelables prennent le pas sur les énergies fossiles dans le mix financé par BNP Paribas...

BNP Paribas a également rappelé qu’elle avait des politiques sectorielles qui encadraient ses activités dans le secteur du charbon. Le même jour, les Amis de la Terre et BankTrack publiaient une note démontrant que ses politiques n’avaient pas empêché la hausse de ses soutiens au charbon  !

La banque nie enfin sa responsabilité dans les changements climatiques en mettant en avant son rôle de banque commerciale qui répond aux besoins de ses clients. Alors qu’elle dit avoir fait de la lutte contre les changements climatiques une de ses priorités, elle se contentera de modifier ses pratiques en fonction des engagements de réduction des émissions de CO2 qui seront annoncés par les États autour de la conférence climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015. L’établissement bancaire ne sera donc que suiveur et non moteur de la lutte contre le réchauffement de la planète.

Cependant, la banque a fait savoir qu’elle se préparait pourtant en vue de la conférence sur le climat de décembre 2015. Etant donné son refus de s’engager sur le charbon, l’énergie fossile la plus carbonée, les mesures qu’elle adoptera concerneront probablement ses soutiens aux énergies renouvelables. Les Amis de la Terre lui rappelleront donc que pour lutter contre le réchauffement de la planète, il ne suffit pas de développer le vert sans faire diminuer la quantité d’énergies fossiles extraites et brûlées.

Conclusion, avec des soutiens à la hausse au charbon, la banque n’a donc toujours pas pris la mesure de l’urgence à transformer notre système énergétique. Nous appelons les clients de BNP Paribas à le lui rappeler et à lui demander de s’engager avant la COP21 à mettre un terme à ses soutiens au secteur du charbon via le site jechangedebanque.eu.

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