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Gaz de schiste : un nouveau rapport accuse BNP Paribas d’exporter le chaos climatique

Montreuil- mercredi 1er mars. Les Amis de la Terre France, Rainforest Action Network, et Save RGV from LNG publient le rapport « BNP Paribas exporte le chaos climatique » sur le soutien de la banque à un terminal d’exportation de gaz de schiste situé dans la vallée du Rio Grande aux Etats Unis, une des régions les plus pauvres des Etats-Unis. Le rapport dresse le tableau noir d’un projet pire que le charbon pour le climat, qui menace l’économie et les emplois locaux et comporte des risques majeurs pour l’ocelot, un félin déjà menacé, et s’achève par un appel au retrait immédiat de la banque.

BNP Paribas arrange aujourd’hui le financement d’un énorme projet de terminal de liquéfaction et d’exportation de gaz de schiste aux Etats-Unis, d’un coût d’environ 2 milliard de dollars. Avec ce rapport (1), les associations alertent des risques sociaux, environnementaux et climatiques considérables associés à ces projets et annoncent aussi une nouvelle campagne pour l’arrêt des financements des banques aux autres énergies fossiles extrêmes (2).

Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée/Coface aux Amis de la Terre France commente :

« C’est au nom du climat que BNP Paribas a adopté des engagements de réduction de ses soutiens au charbon (3). Mais agir comme s’il suffisait de stopper certains financements au charbon pour respecter l’objectif climatique de 1,5°C est au mieux une erreur, au pire une escroquerie. Non seulement toute nouvelle infrastructure fossile est aujourd’hui incompatible avec l’Accord de Paris, mais Texas LNG contribuerait à émettre autant de CO2 que 3,5 centrales à charbon, voire 7 en incluant les émissions de méthane (4). BNP Paribas doit immédiatement s’en retirer et adopter une politique qui exclut de ses soutiens tout nouveau projet d’énergies fossiles, et en particulier ceux de terminaux de gaz naturel liquéfié aux Etats-Unis ».

Texas LNG est un des 60 projets de terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié proposé par l’industrie en Amérique du Nord afin d’écouler la surproduction de gaz de schiste. Mais le cercle est vicieux et construire ces terminaux entraînera à son tour une augmentation de la fracturation hydraulique, une pratique interdite en France en raison de ses impacts lourds sur l’eau et la santé des populations. L’organisation communautaire locale « Save RGV from LNG » et Rainforest Action Network dénoncent l’hypocrisie de la banque et l’avertissent des retombées sur sa réputation aux Etats-Unis où BNP Paribas est présente via sa filiale de détail Bank of the West.

Jason Opeña Disterhoft, chargé de campagne Energie et Climat au Rainforest Action Network poursuit :

« Texas LNG entraînera une augmentation des inégalités et du racisme environnemental envers une population composée à 93 % d’Hispaniques ou de Latinos, et dont 35 % vivent en dessous du seuil de pauvreté. En plus de menacer les emplois dans le tourisme et la pêche, il entraînera 75 millions de dollars de coûts sanitaires rien que pour la phase de construction. Le projet mettrait aussi en péril un projet vital de restauration des zones humides, y compris un habitat essentiel pour de nombreuses espèces menacées, dont l’ocelot » (5).

Le rapport publié aujourd’hui souligne aussi via une analyse détaillée que le soutien de BNP Paribas remet en cause son engagement envers les Principes de l’Equateur - un cadre de gestion des risques sociaux et environnementaux dont la banque est signataire - et l’absence de consultation par l’entreprise Texas LNG de la tribu amérindienne Carrizo/Comecrudo, dont les sites archéologiques d’une extrême importance historique seront détruits au bulldozer par le projet. Les associations appellent BNP Paribas à ne pas commettre de nouveau les erreurs faites pour le Dakota Access Pipeline et à se retirer immédiatement du projet.

Contact : Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée / Coface aux Amis de la Terre France, 0679543715, lucie.pinson@amisdelaterre.org

(1) Le rapport sera téléchargeable ci-dessous.
(2) Sont concernés par cette appellation les autres secteurs des énergies fossiles les plus carbonés, les plus destructeurs pour l’environnement et les plus risqués financièrement : les sables bitumineux, les forages dans l’Arctique ou en eau très profonde et les projets d’infrastructures dédiées à l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL).
(3) BNP Paribas a signé le Paris Pledge for Action. http://parispledgeforaction.org/ Retrouvez ses nouvelles politiques encadrant ses soutiens au charbon sur son site : https://group.bnpparibas/decouvrez-le-groupe/responsabilite-sociale-environnementale/politiques-financement-investissement
(4) Le terminal émettra directement des gaz à effet de serre équivalant à 620 000 tonnes de CO2 pour chaque année de fonctionnement. Ces émissions directement dues au fonctionnement s’ajoutent aux énormes taux de pollution en amont et en aval auquel le terminal contribue et qu’il provoque. En aval, lorsque le gaz exporté par Texas LNG sera brûlé pour produire de l’électricité, il émettra plus de 12 millions de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 3,5 centrales au charbon. Si l’on tient compte des fuites de méthane, le gaz exporté par les installations de Texas LNG aura l’impact de 7 centrales au charbon.
(5) Retrouvez les principaux impacts du projet sur le site des Amis de la Terre France : http://www.amisdelaterre.org/BNP-Paribas-exporte-le-chaos-climatique.html

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