Surproduction
Communiqué de presse16 janvier 2026

La société civile appelle la Commission européenne à ne pas bloquer la loi anti fast-fashion

Une coalition internationale de la société civile se mobilisera ce vendredi 16 janvier devant la Commission européenne.

Alors que l’exécutif européen rencontrera Shein et H&M la même semaine, la coalition appelle ce dernier à ne pas céder aux lobbies et à permettre à la France d’adopter la loi anti fast-fashion, qu’il a pour l’instant bloquée.

Le moment est décisif pour l’avenir de la régulation de la fast-fashion en Europe. En France, portée par l’expression démocratique de ses deux assemblées, une loi ambitieuse vise à encadrer les pratiques de ce modèle destructeur. Alors même qu’elle pourrait inspirer d’autres pays européens, cette initiative est aujourd’hui bloquée par la Commission européenne, ce qui risque d’éteindre toute ambition commune sur un enjeu pourtant crucial.

Les associations mobilisées adressent un message sans ambiguïté à l’exécutif européen : « choisissez votre camp ». Durant cette mobilisation,, elles donneront à voir d’une part le choix actuel de la Commission, qui laisse perdurer — et s’aggraver — un modèle de fast-fashion aux conséquences environnementales et sociales désastreuses. Il sera symbolisé par un amas géant de vêtements devant lequel défileront des mannequins ensanglantés. D’autre part, elles incarneront l’alternative souhaitée : un modèle fondé sur le réemploi et la réparation. Il sera matérialisé par une friperie gratuite, rappelant que nous avons déjà produit suffisamment de vêtements pour habiller plusieurs générations.

Sous le battement des tambours qui accompagneront les slogans, l’objectif est de rappeler la Commission – et plus particulièrement la commissaire Rosswall – aux ambitions qu’elle a annoncées,  et de ne pas tomber dans le piège tendu par les lobbies de la fast-fashion, qu’elle rencontrera plus tôt dans la semaine à travers les représentants de Shein puis d’H&M.

Plus de 8,5 millions de tonnes de textile sont vendues dans l’Union Européenne chaque année, produisant 12 kilogrammes de déchets textiles par personne. Ces quantités astronomiques de vêtements vendus et jetés ont un impact désastreux au niveau environnemental et climatique : le secteur représente entre 5 et 10% des émissions de gaz à effet de serre globaux. Les impacts sociaux et économiques le sont tout autant avec de nombreux scandales de violations des droits humains et d’exploitation humaine dans les pays de production et un déclin spectaculaire du nombre d’emploi dans l’industrie européenne du textile.