
Fast-fashion & ultra fast-fashion : une distinction artificielle !
Alors que la Commission Mixte Paritaire (CMP) doit sceller le sort de la loi régulant fast-fashion, la coalition Stop Fast-Fashion publie une enquête de terrain inédite menée dans 33 ressourceries.
Coordonnées par le Réseau National des Ressourceries et Recycleries pour la coalition Stop Fast-Fashion dont font partie Les Amis de la Terre, 33 structures volontaires ont organisé des actions de tri (selon une méthodologie rigoureuse développée à partir de la classification de l’ADEME), afin de faire une enquête sur les textiles non-réemployables et leurs origines.
Identifier les acteurs responsables de la non-réemployabilité des vêtements
L’objectif était d’évaluer la part de produits issus des enseignes de fast-fashion dite « première génération1 » et ceux de la fast-fashion dite « deuxième génération2 » dans les textiles non réemployables des ressourceries. L’enquête s’est concentrée sur les vêtements ne pouvant être réemployés du fait de leur qualité médiocre en tentant d’identifier quelles sont les marques prédominantes. . . Car cette avalanche de vêtements de mauvaise qualité est à l’origine de l’impasse dans laquelle se trouvent aujourd’hui les acteurs de la collecte et du réemploi de vêtements.
Fast-fashion de 1ère génération en tête des vêtements non réemployables


fast-fashion VS ultra fast-fashion : enquête au sein des ressourceries
Fast fashion et ultra fast fashion : un même modèle de production de masse à transformer
Le modèle des entreprises européennes de production de masse, délocalisée depuis vingt ans pour comprimer les coûts au mépris des droits humains et du respect de l’environnement, sature nos filières de tri, de réemploi et de valorisation des ressourceries et recycleries. Et ce 12 fois plus que les nouveaux acteurs de l’ultra fast-fashion.
L’ultra fast-fashion constitue certes une aggravation réelle et préoccupante de ces logiques, mais elle s’inscrit dans une continuité de pratiques nocives alors qu’on tente de les décrire comme les seuls responsables de maux de l’industrie du textile.
Ces résultats doivent engager à dépasser une approche uniquement ciblée sur les acteurs les plus récents du marché (Shein, Temu) pour transformer tout le secteur.
Réguler la fast-fashion et l’ultra fast-fashion pour être à la hauteur des enjeux
Alors que la Commission Mixte Paritaire (CMP) qui doit statuer sur la “loi anti fast-fashion” (loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile) se fait toujours attendre, le débat public reste focalisé sur une baisse de la qualité des vêtements, l’attribue quasi exclusivement à l’ultra fast-fashion (Shein, Temu, Boohoo, etc.) et dédouane les enseignes de la “première génération” (H&M, Primark, Mango, etc. ).
Ne cibler que l’ultra fast-fashion, c’est passer sciemment à côté du cœur du problème. La différence entre ces deux modèles est artificielle et dictée par les marques européennes dont la majeure partie de la production est délocalisée en Asie…
Il est inconcevable de protéger les acteurs “historiques » sous prétexte de préserver l’activité économique.
Quand ils terminent dans une décharge à ciel ouvert, la planète ne fait pas de différence entre un t-shirt H&M et un t-shirt Shein
