Action des militant·es contre l'installation de Total à Polytechnique - © Jeremie Jung
Climat-Énergie
12 mars 2020Communiqué de presse

[Action] Greenpeace, les Amis de la Terre et Action Climat Paris ont bloqué le conseil d’administration de Polytechnique et lui demandent de rejeter le projet d’installation de Total au cœur du campus

Vers 8H30 ce matin, à Saclay, 67 activistes et militants de Greenpeace France, des Amis de la Terre et d’Action Climat Paris  ont dénoncé le projet d’implantation d’un bâtiment d’une des directions de Total au cœur de l’école.

« Total : Main basse sur Polytechnique ».

Dans le hall principal de l’école Polytechnique, ils ont déployé des banderoles déclarant ‘Total : O.P.A sur le climat’ ou encore ‘Polytechnique, pas à vendre’, tandis qu’à l’extérieur du bâtiment, des activistes ont déployé une banderole de 30 mètres portant le message ‘Total : main basse sur Polytechnique’

Jeu d’influence néfaste sur les futurs décideurs

Depuis des mois, les étudiants de Polytechnique se mobilisent contre cette menace d’ emprise de Total sur  leur école mais ils sont bâillonnés à cause de leur devoir de réserve.1  Ce week-end, une tribune signée par des anciens de l’école et publiée dans Le Monde rappelait que cette installation représente  une menace pour l’indépendance de Polytechnique. « Imaginerait-on un centre de R&D de Free au milieu de Télécom Paris, de Monsanto sur le campus d’AgroParisTech, de Pernod Ricard dans une faculté de médecine ou de Nexter à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr ? », demandaient-ils.

[1]Voir le site des étudiants qui résume leurs mobilisation : https://polytechniquenestpasavendre.fr/

« Ce qui se joue lors de ce conseil d’administration dépasse une simple question foncière. Ce bâtiment sponsorisé par Total est clairement un cheval de Troie de la multinationale du pétrole dans une école où sont, entre autres, formés les futurs décideurs de la politique énergétique française. Ces derniers pourront occuper des postes de conseillers dans les cabinets ministériels ou de hauts fonctionnaires dans l’administration, dénonce Edina Ifticène, chargée de campagne pétrole chez Greenpeace France.  La direction de Polytechnique et ses administrateurs doivent renoncer à cautionner l’agenda du géant pétrolier, qui consiste aujourd’hui à freiner la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique ».

Total, à contre-courant de la lutte contre le changement climatique

A deux jours de la marche climat du 14 mars, et alors que des millions de personnes sont mobilisées sur la question à travers le monde, dont beaucoup de jeunes et d’étudiants, il est temps de réaffirmer haut et fort l’incompatibilité de l’entreprise pétrolière et gazière Total avec la lutte contre le changement climatique.

«‘Total tente tant bien que mal de verdir son image à travers ce type de partenariats, notamment envers les étudiants car l’entreprise a de plus en plus de mal à recruter. La multinationale  met en avant  ses investissements minimes dans les énergies renouvelables alors que le cœur de son modèle économique réside dans les hydrocarbures. En 2018, Total investissait 18 fois plus dans l’exploitation et la production d’énergies fossiles que dans les renouvelables.   Pire encore, son PDG Patrick Pouyanné tente de  de nous faire avaler des couleuvres en présentant  le gaz comme une énergie propre.» ajoute Cécile Marchand, chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre.

Côté étudiant, la mobilisation grandit pour dénoncer ces tentatives d’intrusion du secteur pétrolier dans leurs écoles. En France, les étudiants de Sciences-Po Paris, inscrits dans le mouvement Fossil Free, ont ainsi demandé à leur direction de mettre fin au partenariat financier avec Total . Autre exemple ?

Contact presse : Cécile Marchand /06 69 97 74 56

Notes
1

Voir le site des étudiants qui résume leurs mobilisation