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Agriculture
20 mai 2020Communiqué de presse

Le Green Deal pour l’agriculture laisse sur sa faim

Si l’ensemble de la classe politique européenne se targue de maintenir le cap sur les réformes environnementales malgré la crise du Coronavirus, la publication aujourd’hui de deux stratégies essentielles au Green Deal européen confirme des objectifs largement insuffisants pour faire face à la crise environnementale et climatique.

La réussite du Green Deal européen pour enclencher la transition vers l’agroécologie repose sur deux impératifs : des objectifs clairs et ambitieux, et des dispositifs contraignants pour les mettre en place.

Réaction des Amis de la Terre France qui ont analysé le plan proposé par la Commission Européenne:

 

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La faiblesse des objectifs fixés et l’absence d’instrument contraignant pour les réaliser nous emmènent tout droit vers une énième coexistence des modèles agricoles qui donnera la part belle à une agriculture 4.0 dont l’objectif est de réduire à la marge les intrants chimiques, sans jamais chercher à s’en affranchir.

Anne-Laure Sablé
Chargée de campagne Agriculture

Sortir de notre dépendance aux intrants chimiques comme les engrais est pourtant incontournable. Utilisés depuis l’après-guerre de façon massive en Europe, ils sont responsables d’immenses pollutions de l’eau, de l’air et d’émissions de gaz à effet de serre dont il est indispensable de s’affranchir pour respecter l’Accord de Paris sur le climat.

Avec plus de 11 millions de tonnes d’engrais utilisés sur les terres agricoles européennes – dont 20% par la France, premier consommateur de l’Union européenne -, c’est une hausse de 8% qui a été enregistrée ces dix dernières années. Aujourd’hui, la stratégie pour l’agriculture du Green Deal propose une réduction des engrais de 20% d’ici 2030. Cet objectif inclut tous types d’engrais (chimiques ou organiques comme les engrais verts ou encore le fumier) alors que leur empreinte environnementale n’est pas comparable. Pour les  seuls engrais chimiques, un objectif de réduction d’au moins 30% aurait été nécessaire pour assurer une réelle transition de notre système agricole.