Surproduction
14 mars 2009

Partager les richesses renouvelables

Les collectivités et les acteurs de l'économie sociale et solidaire prennent les devants pour favoriser les alternatives énergétiques malgré une réglementation peu encourageante.

En raison d’un contexte légal peu favorable, les alternatives locales sont plus rares dans notre pays qu’en Belgique ou en Allemagne. Pourtant, s’affranchir des grands réseaux électriques, produire ce que l’on consomme et n’utiliser qu’une électricité certifiée renouvelable, est le pari lancé par Enercoop. Cette société coopérative d’intérêt collectif fournit de l’énergie depuis juillet 2007. Un modèle national qui vient d’être reproduit au niveau local avec Enercoop Ardennes depuis le 8 janvier 2009. Ce projet éolien coopératif vise à produire et commercialiser de l’électricité et des services (audits énergétiques et préconisations, achats groupés de matériels, développement de projets, conseils, etc.) dans les Ardennes.

Autre initiative, autre lieu : en décembre 2008 à Lyon, un groupe de pilotage s’est rassemblé pour mettre en place une coopérative développant les toits solaires photovoltaïques comme alternative au nucléaire. Seule ombre au tableau, en France aujourd’hui, moins de 1 % des foyers font le choix d’un fournisseur alternatif en électricité. Et pour cause : seule EDF peut à ce jour garantir un tarif réglementé.

Des collectivités soutenables

Certaines collectivités locales continuent à assurer la fourniture d’énergie comme Saint-Marcellin (Isère) qui, grâce à sa régie, distribue l’électricité, le gaz propane et le chauffage urbain sur le territoire de la commune. On compte dans ce département onze régies municipales de distribution d’énergie qui assurent un service de proximité. Des plans de développement des énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie sont par ailleurs lancés par plusieurs Conseils généraux et régionaux. La région Rhône Alpes soutient ainsi depuis 2005 le développement de la filière bois énergie, estimant à environ 150 000 m3 le volume de bois non valorisé.

En Bourgogne, la ville de Chalon-sur-Saône (plus de 52 000 habitants) a décidé d’installer une chaufferie bois, délivrant 6,5 % de l’énergie du réseau. La petite commune de Felletin, dans le Limousin a repensé de fond en comble son système de chauffage des bâtiments communaux sur les plans écologique et économique. Leur système repose aujourd’hui sur une chaudière fonctionnant aux déchets de bois fournis par les scieries locales, un réseau de chaleur de 4 km de longueur et une unité de séchage de bois.

Diversifier grâce aux EnR

D’autres municipalités allient géothermie et biomasse avec une grande efficacité, comme Jonzac en Charente Maritime. Avec 200 emplois dérivés des activités liées aux forages géothermiques et à l’installation des deux chaudières bois, les 4 200 habitants de Jonzac bénéficient des retombées socio-économiques d’une politique énergétique locale. D’autres villes développent le solaire photovoltaïque : Chambéry vient de terminer un audit pour identifier les sites potentiels de développement et recherche des investisseurs dans cette filière.

En Savoie toujours, Montmélian favorise conjointement depuis plus de 20 ans logements sociaux et énergie solaire à l’échelle de son territoire. Cette ville a ainsi proposé de réduire le coût de la vente d’un terrain à l’OPAC qui en contrepartie a dû intégrer des équipements solaires thermiques lors de la construction des logements sociaux. Pour les Amis de la Terre, seule cette diversification maximale des énergies renouvelables locales et la diffusion des initiatives et compétences d’acteurs de taille diversifiée permettront la construction d’un monde juste et soutenable.

>> SOPHIE CHAPELLE

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