EIB: Stop Funding the Climate Crisis - Activity in Luxembourg
Greenpeace Luxembourg activists display an image of a bonfire with Euros burning planet Earth, symbolizing the EIB's (European Investment Bank) plans to keep investing in polluting industries that fuel the climate crisis. Greenpeace expects from the European Investment Bank board meeting on November 11th, that they ensure the EIB climate roadmap excludes funding for polluters (as fossil fuels, industrial farming, motorway and airport expansion) and fully aligns all bank’s operations with the Paris Agreement.
Climat-ÉnergieFinance
Communiqué de presse11 novembre 2020

Le rêve d’une “Banque européenne pour le climat” part en fumée

La Banque européenne d'investissement (BEI) a adopté une feuille de route pour le climat qui manque cruellement d'ambition [note numero=1], douchant les espoirs de voir la banque publique se transformer réellement en "Banque européenne pour le climat".

En novembre 2019, la BEI avait pris l’engagement ambitieux de se transformer en “Banque européenne pour le climat” 2, conformément aux vœux d’Emmanuel Macron. 3 Cet engagement a été pris en complément de la décision historique d’interdire tout soutien aux énergies fossiles, y compris le gaz. La transformation de la BEI devait passer par l’augmentation de ses financements en faveur du climat ainsi que l’alignement de toutes ses opérations avec les objectifs de l’accord de Paris d’ici fin 2020.

Un an plus tard, les administrateurs de la BEI 4 ont approuvé une feuille de route climat pour la période 2021-2025 peu convaincante. Pourtant, elle était censée être le document stratégique clef guidant sa transformation en “Banque européenne pour le climat”. Malgré une forte mobilisation des citoyens et de la société civile, la nouvelle stratégie ne permet pas à la BEI de tenir ses engagements :

  • Une période de transition de deux ans a été introduite avant que les projets contraires aux objectifs de l’accord de Paris comme l’extension d’aéroports soient réellement exclus
  • La BEI peut toujours signer des chèques en blanc aux grands pollueurs sans contrepartie car la feuille de route ne contient pas d’exigences claires envers les clients de la banque, afin qu’ils adoptent des plans de décarbonation de leurs activités solides.
  • La BEI pourrait continuer à financer des projets fortement émetteurs, comme les projets d’autoroutes ou l’élevage industriel, qui alimentent la crise climatique et écologique

La nouvelle stratégie contient tout de même quelques éléments intéressants, dont d’autres institutions financières publiques réunies aujourd’hui à l’occasion du Sommet Finance en Commun 5 devraient s’inspirer. La banque s’engage notamment à ne plus financer à terme de projets d’extension d’aéroports.

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Nous sommes déçus par les décisions des gouvernements européens qui ont adopté cette feuille de route sur le climat. En pratique, cela signifie que la BEI ne sera pas alignée avec l’accord de Paris d’ici fin de 2020 comme elle s’y était engagée. Face à l’urgence climatique, c’est une occasion manquée pour le bras financier de l’UE de se transformer en “Banque européenne pour le climat.

Xavier Sol
Directeur de Counter Balance
Cécile Marchand

La BEI pourra continuer à signer des chèques en blanc aux grands pollueurs sans contrepartie. Ce n’est pas digne d’une banque du climat. Dans la même lignée que les discussions budgétaires au niveau national, le gouvernement français a échoué à introduire de réelles conditionnalités au versement d’aides publiques, pourtant massives en ces temps de crise.

Cécile Marchand
Chargée de campagne climat et acteurs publics
Notes
1

Communiqué de la BEI, novembre 2020

2

Communiqué de la BEI, novembre 2019

3

Emmanuel Macron, Pour une renaissance européenne, mars 2019

4

Le Conseil d’administration de la BEI est composé des représentants de tous les actionnaires de la BEI (les 27 États membres de l’Union européenne) et de la Commission européenne.

5

https://financeincommon.org/