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Agriculture
16 juin 2016

Tous au jardin pour cultiver la biodiversité !

Vous souvenez vous de cette publicité printanière où l’on voyait un chien enterrer et déterrer son os ? Une voix off nous assurait que l’herbicide qui venait d’être répandu était « inoffensif » tant pour notre ami Rex que pour l’environnement.

L’herbicide en question, c’était le Round’up, que nous connaissons tous pour contenir du glyphosate « Cancérigène probable » selon le Centre International de Recherche sur le Cancer. Alors que certain-e-s s’attachent à vouloir répendre ce produit quoi qu’il en coûte (ou qu’il en rapporte ! ), rendons compte, au nom du principe de précaution, des alternatives existantes en dénonçant le confinement juridique dont elles sont encore victimes…

Jusqu’en mai 2016 on pouvait boire une tisane d’ortie mais la pulvériser sur ses cultures était passible de poursuites

Purin d’ortie, décoction ou infusion de plantes, mais aussi argile, vinaigre blanc, petit lait… Les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes sont accessibles à tous, simples d’usage et inoffensives pour l’environnement. Appréciées des jardiniers pr-fessionnels et agriculteurs soucieux de la « biodiversité », leur utilisation a longtemps été juridiquement confinée.
En France, on pouvait donc boire une tisane d’orties mais la pulvériser sur ses cultures était passible de poursuites. Une telle utilisation était en effet très risquée…pour le chiffre d’affaires de l’industrie­ des pesticides et du médicament !

Après une lutte longue de 10 années…Alors que l’utilisation des pesticides ne cesse d’augmenter (+9.4 % en 2014) mal-gré les plans de réduction Ecophyto…Alors que les scandales sanitaires liés aux pesticides sont constamment dénoncés : maladies professionnelles des utilisateurs, intoxication des enfants dans les écoles, exposition du voisinage, contamination de l’alimentation… Alors que la loi d’Avenir Agricole du 13 octobre 2014 reconnaissait comme biostimulants les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes du domaine public… Aucun décret d’application ne sortait de terre…

Il aura fallu attendre 15 mois pour que le décret soit publié au journal officiel le 30 avril 2016 !

Irrités par « cette guerre de l’ortie », les lobbyistes des firmes agrochimiques s’activent pour éviter que ces produits naturels ne viennent concurrencer leurs pro-duits chimiques sur le marché.

Alors la liste des substances autorisées (à minima) se complète petit à petit… Comble de l’ironie, elles doivent être évaluées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) « garantissant qu’elles ne présentent pas d’effet nocif sur la santé humaine, sur la santé animale et sur l’environnement ». On jurerait que l’Anses parle de pesticides… et non de leurs alternatives !
Ainsi, l’ail, la menthe, l’ortie, sous forme de poudres ou diluées ; mais aussi la sauge, le thym et le tilleul ont passé avec succès la « batterie » d’examens…

Mais d’autres substances végétales, animales ou minérales… ne connaissent pas le même sort. « Les fougères, les purins de prêle ou de consoude ne sont pas dedans. Ceux qu’on retrouve communément dans les supermarchés ou les jardineries n’y figurent pas non plus », déplore Jean-Fran-çois Lyphout, en appelant l’Anses à inclure rapidement dans la liste ces produits de substitution aux pesticides.

Vous l’avez compris, d’un côté on nous impose un système mauvais pour la planète ; de l’autre on nous freine à utiliser des solutions pérennes. Il est temps, de dénoncer puis de désobéir pour que nous puissions reconstruire et transformer une agriculture, mais aussi des jardins riche de biodiversité, d’idées et capables de se régénérer !