Centrale photovoltaïque à BERRAC : VICTOIRE !
Par sa Décision du 13 mai 2026, le Conseil d'état a ANNULÉ l’arrêt rendu par la cour administrative d’appel de Bordeaux le 10 décembre 2024 autorisant un projet de construction de centrale photovoltaïque à Berrac ...
Communiqué de Presse de l’Association Sauvegarde Berrac 18/05/2026 Berrac Décision du Conseil d’État du 13 mai concernant le projet de centrale photovoltaïque à Berrac : victoire pour l’association Sauvegarde Berrac et tous ses soutiens !
Il aura donc fallu près de quatre années et une âpre bataille judiciaire pour enfin faire droit aux arguments défendus par l’association Sauvegarde Berrac, avec le soutien des Amis de la Terre, concernant le projet de centrale photovoltaïque envisagé à l’entrée du village de Berrac.
Par une décision rendue le 13 mai 2026, le Conseil d’État a donc estimé qu’ « en jugeant que le projet, qui avait fait l’objet d’avis défavorables de l’architecte des bâtiments de France, de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et du commissaire enquêteur et de réserves de l’autorité environnementale, ne porterait pas atteinte au caractère et à l’intérêt du site du bourg de Berrac, alors qu’en dépit des aménagements proposés, consistant principalement en la plantation d’une haie arborée de chaque côté du chemin afin de dissimuler les panneaux photovoltaïques, il altérerait profondément le caractère du site et les conditions d’accès au bourg, la cour administrative d’appel a dénaturé les pièces du dossier ».
L’arrêt rendu par la cour administrative d’appel de Bordeaux en date du 10 décembre 2024 est donc annulé et l’affaire renvoyée devant cette même cour administrative d’appel de Bordeaux, afin qu’elle soit rejugée sur le fond.
C’est une splendide victoire pour les requérants, l’association Sauvegarde Berrac et les Amis de la Terre, qui défendent depuis plus de quatre années le magnifique village de Berrac contre ce projet inadapté de centrale photovoltaïque.
Alors que l’inanité du projet apparaît aujourd’hui évidente, il aura néanmoins fallu aller jusqu’à cette juridiction suprême pour que soit reconnu, enfin, son caractère dommageable.
Pour rappel, en 2025, la France a de nouveau battu son record d’exportation d’électricité (annexe 1). La France a notamment vendu aux pays voisins plus que la consommation annuelle de la Belgique, au point qu’elle ne sait plus quoi faire de son électricité, et de son électricité bas-carbone car l’électricité française est à 95% décarbonée (annexes 2 + 3). En effet, face à la surproduction d’énergies renouvelables, en particulier solaire, le système électrique français peine à absorber l’abondance bas-carbone, de sorte que, par exemple, sur les six premiers mois de 2025, un dixième du volume produit sur la période a été écrêté, c’est-à-dire volontairement perdu, ce qui est une aberration économique, car si cette énergie n’a pas été consommée, elle a tout de même été payée au prix garanti (annexes 4 + 5).
Concernant les projets agrivoltaïques, comme celui de Berrac, prévu dans le Gers, Monsieur David Taupiac, député de la seconde circonscription du Gers, dont dépend le village de Berrac, explique par ailleurs, dans une intervention du 29 octobre 2025, devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, dans le cadre des débats sur les crédits budgétaires sur l’énergie : « Il y a aujourd’hui un effet d’aubaine. Le premier arrivé est le premier servi. Deux mille hectares de projets ont été déposés en agrivoltaïsme de manière un peu sauvage, peu organisée. On manque de planification. Je suis inquiet car les premières projections de PPE3 donneraient un potentiel de 1.000 à 1.500 hectares au grand maximum. On a peur que les projets les moins vertueux passent en premier, qu’ils bloquent la file d’attente des projets suivants plus vertueux, je l’espère. L’acceptabilité sociale de nos concitoyens souffre et les projets peu concertés ne correspondent pas aux enjeux paysagers et de développement de notre ruralité » (annexe 6).
On voudrait viser spécifiquement le projet de Berrac que l’on ne s’y prendrait pas mieux : un des premiers projets déposés dans le Gers, peu vertueux, peu concerté, ne correspondant pas aux enjeux paysagers !
Cette victoire est la victoire :
de l’état de droit : des juges ont, en toute indépendance, estimé que le projet qui leur était présenté portait atteinte au caractère remarquable et préservé du village de Berrac ;
de la démocratie : alors que le projet a été fomenté par quelques-uns, sans aucune concertation ni communication, dès que les habitants du village de Berrac en ont eu connaissance, ils se sont réunis au sein d’une association afin de défendre leur patrimoine, l’église et le cimetière inscrits aux monuments historiques, et leur environnement ;
de la patience, de la persévérance et de l’obstination.
« Ce n’est que justice », déclare Michel Wodon, président de l’association Sauvegarde Berrac, « car ce projet est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire : absence de concertation, manque de transparence, impacts environnementaux et visuels démesurés … Ce projet de centrale photovoltaïque était également situé au pire endroit possible : à l’entrée du village, à quelques mètres des maisons d’habitations, le long d’une route de crête, de part et d’autre de la principale pour ne pas dire la seule route d’accès au village, en co-visibilité avec le site inscrit (église et cimetière) aux monuments historiques. »
« C’est donc une excellente nouvelle, non seulement pour le village de Berrac mais pour le Gers en général. La transition énergétique, nécessaire, ne peut être synonyme de passage en force. Elle doit se faire dans le respect de ce qui fait notre département : son environnement, ses paysages et ses habitants. Un pour tous, tous pour un, ce qui ne veut pas dire tous pour quelques-uns, mais tous pour chacun ! L’association Sauvegarde Berrac tient à remercier tous ceux qui lui ont témoigné leur soutien dans cette longue lutte pour faire prévaloir le droit, la démocratie et le bon sens », conclut son président, Michel Wodon.
Sauvegarde Berrac