Projet d’extension du site de traitement et d’enfouissement de déchets du Plessis-Gassot : une augmentation de capacité insuffisamment justifiée
Le projet d'extension du Centre d'enfouissement technique du Plessis-Gassot par l'exploitant REP filiale de VEOLIA était en enquête publique jusqu'au15 juillet. Pour les Amis de la Terre Val d'Oise, les capacités d'enfouissement de déchets demandées doivent être justifiées par les Pouvoirs publics.
Un projet d’ampleur
Ce projet de grande ampleur porté par la société VEOLIA-REP comprendra notamment :
- L’extension de l’installation d’enfouissement de déchets non dangereux (ISDND) jusqu’en 2050, avec une capacité annuelle de stockage de déchets non dangereux ultimes de 400 000 tonnes/an (et une capacité d’ajustement maximale autorisée de 350 000 tonnes/an selon les besoins de la région), soit 750 000t/an de stockage
- Le développement des activités des plateformes existantes
- L’implantation d’une déchèterie professionnelle
- La création d’une centrale de combustion de déchets de type CSR (Combustibles solides de récupération)
- Une extension de la carrière de granulats.
Un projet qui contrevient au Plan de réduction de déchets élaboré par la Région IDF
L’enfouissement est le maillon ultime dans la chaîne de gestion des déchets. Il concerne la fraction des déchets qui ne peut être valorisée sous forme de matière ou d’énergie dans les conditions techniques et économiques du moment. De l’avis général, cette pratique de dernier recours doit progressivement disparaître.
C’est un des enjeux du Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets (PRPGD) d’Île-de-France élaboré par la Région. Le projet du Plessis-Gassot contrevient malheureusement à ce Plan avec cette capacité « d’ajustement » d’enfouissement de 350 000 t de déchets supplémentaires.
Dès lors, c’est aux Pouvoirs publics en charge de la gestion des déchets : Etat, Région, Intercommunalités ou communes, et non à l’exploitant privé, de justifier cette demande de capacité supplémentaire et de présenter la politique qu’ils comptent mettre en oeuvre pour l’éviter.
Des impacts environnementaux très importants
On peut notamment citer :
- Une consommation d’espace supplémentaire de 55 ha principalement sur des zones naturelles et agricoles avec des demandes de dérogation d’espèces protégées
- Des impacts en matière de bruit et de nuisances olfactives potentiels
- Des émissions de polluants atmosphériques (poussières, NOx, SOx…) liées aux activités projetées, au trafic routier induit et notamment à la centrale de production d’énergie à partir de CSR (Combustibles solides de récupération)
- Des impacts potentiels sur les ressources en eau et les nappes phréatiques nécessitant des précautions particulières.
Une centrale de production d’énergie à partir de CSR inopportune
Le projet prévoit une centrale de production de chaleur notamment à partir de CSR (matériau essentiellement constitué de rebuts de plastique). Les contraintes d’exploitation et les émissions de polluants de ce type de centrale sont proches de celles de l’incinération de déchets dans une zone proche des populations.
De plus, les besoins de chaleur auxquelles elle est censée répondre sont intermittents (principalement les réseaux de chaleur de Goussainville et Sarcelles à terme). En effet, la demande liée aux réseaux de chaleur se concentre sur l’hiver. Dès lors, en été la chaleur produite risquent d’être évacuée « aux petits oiseaux » et l’efficacité de la centrale très réduite.
Une concertation insuffisante
Un tel projet aurait nécessité la tenue d’une concertation plus large qu’une simple enquête publique dans la torpeur de l’été incluant :
- La tenue de réunions publiques dans chaque commune avoisinante
- la participation des acteurs publics en charge de la gestion des déchets : Etat, Région, Intercommunalités, indispensable pour éclairer le choix de capacités d’enfouissement supplémentaires alors qu’elles ont la responsabilité de les réduire drastiquement.
Pour toutes ces raisons, les Amis de la Terre Val d’Oise ont émis un avis défavorable à ce projet.
Ils demandent qu’une véritable démarche de concertation soit menée avec l’ensemble des acteurs concernés : outre l’Opérateur, l’Etat, la Région IdF et des représentants des Intercommunalités.
Retrouvez notre contribution complète ci-dessous.



