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Groupe localLes Amis de la Terre Drôme12 juin 2026

Référé suspension contre le Data Center à Rovaltain – Communiqué de presse

Nous avons déposé un référé suspension contre le permis de construire du datacenter de Rovaltain ! Ci-dessous le communiqué de presse.

Communiqué de Presse 05/06/2026

Le 1er juin 2026, le collectif Assez Datacenter Rovaltain*  a déposé au tribunal administratif de Grenoble un référé suspension pour empêcher les travaux du futur datacenter de Rovaltain près de Valence – le début des travaux ayant été annoncé au 12 mai par la société Sesterce Group. Cette démarche fait suite au recours en annulation du permis de construire déposé le 18 février 2026.

*Le collectif Assez-DC Rovaltain est constitué des Soulèvements de la Terre, des Amis de la Terre Drôme, ATTAC Romans, Stop Linky 5G Drôme Ardèche, Arrêt du Nucléaire Drôme-Ardèche et l’Atelier Paysan ainsi que d’habitant·es de l’agglomération Valence-Romans.

Les annonces faites cette semaine à l’issue du sommet « Choose France » indiquent un record d’investissements à venir dans l’intelligence artificielle et les datacenters qui lui sont dédiés. Il s’agit d’une accélération d’une politique d’imposition de l’Intelligence Artificielle, à marche forcée, réalisée sans concertation démocratique. En France, comme aux USA ou ailleurs, les résistances s’organisent face au capitalisme numérique incontrôlé.

Datacenter : une consommation énergétique insoutenable

A la lecture du permis de construire accordé en décembre 2025 pour la première phase du projet, le datacenter de Sesterce Group à Rovaltain aura une puissance électrique de 40 MW. Ce qui engendre une consommation équivalente à la consommation électrique de l’ensemble des ménages de Valence-Romans-Agglo ! Comment l’agglomération peut-elle, dans cette situation, espérer atteindre les objectifs de son Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) ?

Le mix énergétique de la France est encore environ 75 % de pétrole, gaz et charbon, et l’électricité n’en représente que 25 %. L’électrification dans le transport, dans le chauffage, dans l’industrie reste à faire. L’abondance d’électricité dont on entend parfois parler est un leurre, qui est surtout dû à notre retard dans la décarbonation de notre mix énergétique.

Dans le contexte d’urgence où nous devons sortir des énergies fossiles pour limiter le réchauffement climatique, les DataCenters et l’IA bousculent notre système énergétique et placent déjà certains pays face à des conflits d’usages en Islande, en Irlande, aux US. Faudra-t-il choisir entre chauffer les habitations de l’agglomération ou alimenter les entreprises du numérique ? Ces conflits d’usage seront accentués par l’arrêt des réacteurs historiques qui ne seront pas compensés par les nouveaux EPR (source RTE, futurs énergétiques 2050) : d’ailleurs le réseau de transport électrique (RTE) a déjà identifié un manque structurel d’électricité à partir de 2035.

De multiples nuisances locales…

40 MW annoncés, une telle puissance produit de la chaleur, c’est l’équivalent de 40 000 radiateurs de 1000 Watts fonctionnant jour et nuit. Des pics de chaleurs de plus en plus intenses, fréquents et sur une période de l’année qui s’étend (mai-octobre) sont à prévoir et entraînent des problèmes conséquents en termes de santé publique.

En effet, en 2003 lors de la canicule du mois d’août, le nombre de décès à doublé à l’hôpital de Valence ! Les dômes de chaleur ajoutés à la pollution routière ou à l’entretien des groupes électrogènes de secours des datacenters vont particulièrement nuire à la qualité de l’air : la Drôme est déjà fin mai 2026 en alerte « pollution à l’ozone » ; à cela s’ajoute la pollution sonore : les riverains sont littéralement pris en sandwich entre les 4500m2 de tours aéroréfrigérantes et l’autoroute.

Par ailleurs, les gaz réfrigérants ont des impacts très importants sur le climat et ils peuvent également présenter des risques de pollution des nappes phréatiques via les PFAS présents dans certains gaz. Et encore, il ne s’agit ici que des nuisances locales alors même que l’extraction des métaux rares à la base de la chaîne de production des GPU (processeur graphique) provoque des catastrophes humaines et environnementales.

Pour très peu de bénéfices pour les citoyen·nes

A qui et à quoi bénéficie une telle infrastructure ? Aucune garantie que les usages de l’intelligence artificielle ne soient pas inutiles voire néfastes : les IA conversationnelles nuisent à la santé psychique des individus qui s’isolent. Les usages politiques de l’IA sont particulièrement le fait de l’extrême droite pour qui elle est un moyen de donner un vernis novateur à des idées passéistes (J Grange, High tech et populisme, Golias Hebdo mars 2026).

Par ailleurs « cette industrie est ultraconcentrée entre les mains d’une poignée d’acteurs qui accroissent de manière considérable leur pouvoir ».

Enfin l’IA va probablement détruire davantage d’emploi qu’elle ne va contribuer à en créer. C’est comme ça qu’elle est présentée aux entreprises, comme un formidable gain de productivité, et donc une suppression massive de salariés. C’est ce qui justifie les investissement colossaux. En ce qui concerne le datacenter de Rovaltain, le promoteur annonce 400 emplois directs, mais prévoit 15 places de parking sur le site. On sait que les datacenters génèrent très peu d’emploi localement.

Un référé suspension

Le 1er juin 2026, nous avons déposé, avec Maître Cofflard, au tribunal administratif de Grenoble un référé étude d’impact et un référé suspension pour empêcher le début des travaux du futur datacenter de Rovaltain,

Ces référés s’appuient sur les arguments suivants :

  • le projet génère beaucoup de nuisances, manifestement non prises en compte et il nécessite une étude d’impact qui n’a pas été réalisée ;
  • le dossier n’indique pas la puissance des générateurs de secours nécessaires, alors que c’est un élément qui imposerait une ICPE soumise à autorisation, ce qui est interdit par le PLU de la ZAC de la correspondance ;
  • Non respect de la réglementation thermique des bureaux prévus sur la zone…

L’audience se tiendra le 2 juillet 2026 au tribunal administratif de Grenoble.

Outre ces perspectives juridiques, notre collectif continue ses actions d’information, de sensibilisation et d’interpellation.

Pour nous aider dans les frais judiciaires et la visibilité de notre action…

Pour nous soutenir : https://www.helloasso.com/associations/les-amis-de-la-terre-drome/formulaires/5

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