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Groupe localLes Amis de la Terre Côte d'Or3 septembre 2021

Un festival malin autour des alternatives “agriculturelles”

Nouvelles pratiques agricoles, bons plans alimentaires, partages de savoirs écologiques et, bien sûr, ambiance festive et solidaire étaient au rendez-vous de la 3e édition du festival Atout Bout d'Champ organisé les 28 et 29 août, à Mâlain (à 20 minutes de Dijon).

Quoi de mieux qu’un festival champêtre, ensoleillé, à la fois divertissant, instructif et solidaire, où l’on peut échanger des idées, des enseignements et des initiatives régionales ou locales entre acteur·rice·s de l’agriculture et de l’alimentation, bénévoles et visiteur·se·s ? Peu de choses, si ce n’est la perspective de réunir toujours autant de personnes passionnées, engagées ou simplement curieuses, pour faire bouger les lignes et “changer le système” même à la veille de la sempiternelle rentrée de septembre…

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Selon des estimations croisées avec nos voisins de stand du village associatif, près de 1000 personnes se sont pressées à Mâlain, petite bourgade médiévale bien connue des côte-d’oriens, le dernier week-end d’août pour découvrir les nombreux(ses) associations, animations, conférences, concerts, produits locaux et services inscrits au programme.

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Les Amis de la Terre Côte d’Or se devaient évidemment de participer à ce rendez-vous, où nous avons retrouvé un bon nombre d’activistes amicaux et de partenaires associatifs du secteur, comme les Faucheurs Volontaires d’OGM et Nature & Progrès Bourgogne, le réseau AMAP de Bourgogne-Franche-Comté (dont de nombreux membres font partie du forum de discussions que nous animons), Terre de Liens, la Fresque du Climat, la finance éthique de la Nef (qui était venue avec tout son cortège de solutions économiques et bancaires à destination des agriculteur·rice·s et créateur·rice·s d’entreprises), ainsi que la Chouette Monnaie, une devise locale de l’agglomération dijonnaise, la CRIIRAD, association scientifique pour s’informer sur les dangers des radiations nucléaires et les moyens de s’en protéger, etc.

Nous avons aussi fait plus ample connaissance avec les organisateurs et bénévoles du festival, déjà très efficaces à Mâlain avec un café associatif et une épicerie coopérative (les drôlement nommés le Chauffe-Savates et la Tourniquette), et qui se sont admirablement démenés pour servir aux exposants et aux visiteurs de délicieux mets et boissons, préparés sur place en grande majorité, en zéro déchet (vaisselle réutilisable, écocups consignées, emballages recyclables) et à des tarifs très abordables, car consommer bien et bon n’est pas plus cher que les produits transformés sur-emballés des grandes surfaces.

Tantôt au four, tantôt au moulin, littéralement, les nombreux·ses participant·e·s n’ont pas hésité à mouiller leur chemise pour alimenter en électricité les divers stands et matériels du site : une douzaine de vélos générateurs, de l’association Pédale tes Watts, étaient mus avec plaisir par les festivaliers. Complétés par des panneaux photovoltaïques, une batterie et un onduleur, ils ont permis au chapiteau de rester 100% autonome pour la sonorisation et les projecteurs. Gare au crieur public qui ne moulinait pas assez vigoureusement pour passer des annonces au micro ! Quant aux bons pains servis midi et soir, des ateliers de préparation, moulage et cuisson au four à bois ont été mis en place pour enchaîner les fournées tout en enseignant l’art de la boulangerie aux petit·e·s et grand·e·s curieux·ses. Les bénéfices des menus proposés chaque jour serviront d’ailleurs, en partie, à financer la reconstruction du four à pain – détruit par un incendie il y a quelques mois –  des jardins du quartier libre des Lentillères, à Dijon, et à soutenir Sidi, un nouveau maraîcher biologique installé à Mairey, Mont-Saint-Jean.

Autres installations notables : un barbecue solaire été disponible à côté du barbecue classique ; les sanitaires consistaient en une cabane de toilettes sèches entièrement rénovée, avec accès aux PMR, et des pissotières en palettes avec écoulement des urines dans des bottes de paille très absorbantes ; un espace zen et détente était aménagé en retrait des principaux secteurs d’animations, à l’ombre de petits arbres denses, invitant à la méditation ou à la sieste ; les zones de conférences et de concerts étaient quant à elles abritées par un grand chapiteau jaune et bleu assez aéré ou une clairière aménagée sous de grands feuillus bien verts.

Côté animations, le festival Atout Bout d’Champ a répondu aux attentes de catégories de visiteur·se·s très variées, quelles soient :

  • ludiques et dynamiques, avec des jeux pour enfants (dont notre chamboule-tout personnalisé représentant les plaies de la planète), les vélos et rosalies raccordées au système électrique, un mandala végétal géant composé au fil du week-end, des jeux anciens en bois ou encore le jeu interactif de la Fresque du Climat.
  • instructives, informatives, propices à la réflexion grâce aux conférences sur des thèmes variés (gestion durable des forêts, autonomie alimentaire et paysanne, repenser notre rapport au vivant, l’agroécologie du point de vue social, préserver l’eau en tant que bien commun, s’engager collectivement, etc.), mais aussi grâce aux stands des associations et collectifs invités, avec une mention spéciale pour le collectif Eau Bien Commun Ouche et Montagne qui s’est battu pour la création d’une régie publique intercommunale et possède une magnifique maquette de démonstration du circuit de l’eau de pluie sur différents terrains, ou encore l’association Graines de Noé et ses dizaines de semences anciennes ou artisanales…
  • créatives, en confectionnant des objets à partir de matériaux de récupération, en fabriquant des accessoires avec des chutes de textiles, en découvrant la distillation de plantes aromatiques, etc.
  • commerciales également, avec quelques stands de produits locaux (crêpes à l’épeautre, confitures, bocaux…) ou la vente de produits qui financent nos associations (dont les t-shirts des Amis de la Terre !), ou encore les centaines de beaux livres, romans, essais et livres pour enfant de la librairie indépendante dijonnaise La Fleur qui Pousse à l’Intérieur.
  • mais surtout festives, avec les groupes musicaux originaux qui se sont succédés chaque soir, la convivialité entre la majorité des participant·e·s, les sourires, les pauses café ou autre partagées entre voisins de stand…

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En définitive, tenir un stand des Amis de la Terre lors de salons, festivals, rencontres ou rassemblements, et être présent au plus près de nos adhérents, de nos collègues, du grand public (et même de nos contradicteurs, parfois) – dans le respect des règles sanitaires qui sont imposées au fil des saisons – cela reste l’expérience la plus complète et enrichissante en terme d’investissement humain. C’est, en général, le meilleur moyen de communiquer l’essentiel de nos actions en coulisses ou sur le terrain, des actualités du groupe local ainsi que de la fédération dans l’intérêt de nos concitoyens, et d’être visible tant physiquement que médiatiquement.

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Bilan de ces deux journées estivales à Mâlain ? Nous avons convaincu quelques nouvelles âmes d’adhérer à notre association, vendu une paire de nouveaux t-shirts, distribué beaucoup de documentation (notamment concernant le choix d’une banque éthique, au sujet de l’alimentation et des pesticides que les industriels continuent à pulvériser en quantités, concernant l’impunité des multinationales aussi, tout comme le manque de contrôle de la publicité, etc.).

Nous n’avons pas négligé l’actualité locale, à la fois politique et sociale, puisque le dossier de la publicité sur le mobilier urbain de l’agglomération dijonnaise, que nous portons depuis des mois, va bientôt s’ouvrir sur un nouveau chapitre et pas des moindres car nous allons investir un lieu d’exposition lors du week-end des Journées européennes du Patrimoine 2021. La plupart des festivalier·ère·s avec qui nous avons échangé sur ce sujet, entre autres événements à venir, ont semblé tantôt intrigué, tantôt intéressés voire totalement conquis, mais jamais indifférents.

Quant aux familles avec jeunes enfants, rien de mieux pour éveiller leur intérêt que de leur rappeler l’existence de notre programme de recyclage des fournitures scolaires, via le réseau stylos21.org, en cette période de rentrée des classes. Sans oublier la sortie du dernier rapport du Groupement international d’experts du climat qui, sans rentrer trop dans les détails, trouvait de temps à autres une oreille attentive pendant que les bambins s’essayaient à démolir la pyramide des maux de l’humanité sur Terre avec des pommes de pin : “Bim ! Adieu les polluants atmosphériques… Boum ! Sus à la surconsommation, aux suremballages et à la pollution plastique !… Poc ! Ah zut, un peu trop haut pour l’énergie nucléaire… et… PATATRAS ! Mettons fin au dérèglement climatique !”

Ou comment diffuser les messages primordiaux dès le plus jeune âge avec, en prime, quelques autocollants à partager à la récréation.

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