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6 juillet 2026

Cigéo/Bure : contribuons massivement avant le 16 juillet contre la poubelle nucléaire

Jusqu’au 16 juillet à 17h, chacun·e peut participer à l’enquête publique sur le projet Cigéo. Les Amis de la Terre France appellent à déposer massivement des avis défavorables contre ce projet d’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux. Même une contribution courte peut compter contre ce nouveau passage en force.

Cigéo, c’est le projet porté par l’ANDRA pour enfouir à Bure, entre la Meuse et la Haute-Marne, les déchets nucléaires de haute activité et de moyenne activité à vie longue, parmi les plus dangereux de l’industrie nucléaire. Derrière le vocabulaire technocratique, il s’agit d’un projet industriel colossal, pensé pour fonctionner jusqu’aux alentours de 2150, avec un budget officiel déjà estimé à 37 milliards d’euros en 2026, un chiffre déjà vertigineux appelé à grimper encore. C’est l’une des contradictions majeures de Cigéo : un projet présenté sur quelques générations pour des déchets qui resteront dangereux pendant des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d’années.

Pour les Amis de la Terre France, Cigéo n’est pas une solution. Enfouir n’est pas gérer. Le danger ne disparaît pas, il est simplement caché sous terre. À une telle échelle de temps, aucune surveillance sérieuse ne peut être garantie. Personne ne peut prétendre maîtriser le devenir de tels déchets à l’échelle de plusieurs siècles, encore moins de dizaines de milliers d’années. Prétendre régler la question des déchets par l’enfouissement profond permet surtout d’éviter la seule conclusion cohérente : il faut arrêter d’en produire, et donc renoncer à relancer la fabrication de nouveaux réacteurs.

Le projet est aussi dangereux qu’incertain. Le dossier reste incomplet et la sûreté n’est toujours pas démontrée sur plusieurs points essentiels, notamment les risques d’incendie, d’explosion, la capacité réelle de confinement ou encore la récupération des colis. De fortes incertitudes demeurent aussi sur la géologie du site, l’hydrogéologie, les impacts sur l’eau, y compris les risques d’atteinte aux nappes phréatiques, et la réalité de la réversibilité promise. À cela s’ajoute la circulation de ces déchets à travers la France, par camions et par trains, avec les risques que cela implique pour les territoires traversés. Les expériences étrangères, notamment aux États-Unis, rappellent d’ailleurs qu’un stockage souterrain de déchets radioactifs n’est jamais exempt d’accidents.

Cigéo est aussi un gouffre financier. Le coût officiel avancé ne dit rien des surcoûts futurs, des aléas, des charges reportées sur le long terme ni du coût réel d’un projet étalé sur plus d’un siècle. Comme toujours avec le nucléaire, la facture finale risque d’être bien plus lourde que celle annoncée.

Ce projet joue également un rôle politique central : il permet de faire croire que l’industrie nucléaire maîtriserait enfin ses déchets. C’est précisément ce récit qui sert à justifier la prolongation du parc existant et la relance de nouveaux réacteurs, notamment les EPR2. Pour les Amis de la Terre France, Cigéo ne peut pas être séparé du débat sur la sortie du nucléaire. Tant qu’aucune solution sûre n’existe pour les déchets les plus dangereux, la relance nucléaire est une fuite en avant.

La manière dont le projet est imposé est tout aussi inacceptable. L’enquête publique a été avancée malgré un dossier énorme et encore incomplet. Nous ne disposons pas encore de plusieurs avis attendus, notamment ceux de l’OPECST, de l’ANCCLI et du HCTISN. Dans ces conditions, la participation citoyenne est affaiblie et le sentiment que tout est déjà joué ne peut que se renforcer. La phase dite pilote participe du même mécanisme : présentée comme un test, elle relève en réalité d’un saucissonnage du projet global destiné à le faire avancer par étapes et à créer un fait accompli, en engageant déjà des infrastructures lourdes et des choix difficiles à remettre en cause.

Cigéo repose aussi sur le sacrifice d’un territoire. Bure et ses environs ne doivent pas devenir la zone de relégation des déchets les plus dangereux produits ailleurs. Ce projet transforme durablement un territoire rural par l’emprise foncière, l’artificialisation, les infrastructures imposées et les flux de transports radioactifs. Les Amis de la Terre France expriment leur solidarité avec les habitant.es, les collectifs locaux et toutes celles et ceux qui s’opposent depuis des années à cette logique imposée. Cette solidarité vaut aussi face aux violences policières déployées contre celles et ceux qui refusent que Bure devienne la poubelle nucléaire du pays.

Enfin, Cigéo organise un immense transfert de risques vers les générations futures. Les coûts futurs sont incertains, le retrait des colis n’est pas garanti, et l’on ferait porter à d’autres la charge d’un sous-sol durablement contaminé. Enfouir ces déchets ici serait un cadeau empoisonné, non seulement pour les générations à venir, mais aussi pour les populations qui vivent déjà sur ce territoire et autour des futures lignes de transport.

À rebours de cette logique, il faut maintenir les déchets accessibles, surveillables et récupérables. Des solutions d’entreposage en subsurface, moins irréversibles et moins coûteuses que l’enfouissement profond, doivent être privilégiées dans l’attente de solutions réellement sûres. Là encore, la priorité reste la même : arrêter d’aggraver le problème en continuant à produire toujours plus de déchets radioactifs.

Le nucléaire est une énergie profondément antidémocratique. À Bure comme ailleurs, les décisions sont verrouillées en amont, le débat est compressé, et la contestation reléguée au second plan. Cette industrie impose des choix irréversibles sur des décennies, voire des siècles, tout en retirant aux citoyen.nes la maîtrise des décisions qui les engagent. C’est aussi pour cela qu’il faut s’opposer à ce projet et répondre massivement à cette enquête publique.

Faites entendre votre voix

Déposez votre contribution sur le registre officiel avant le 16 juillet à 17h.

Écrivez clairement « avis défavorable ».

Ajoutez un ou deux arguments avec vos propres mots. Même une contribution courte peut compter.

Pour vous aider, vous pouvez vous appuyer sur cet article, mais également les ressources mises en ligne par le CEDRA ainsi que par le Réseau Sortir du nucléaire.

Ne laissons pas cette enquête publique se dérouler dans le silence. Refusons qu’un projet aussi dangereux, aussi coûteux et aussi irréversible soit présenté comme accepté. Jusqu’au 16 juillet, faisons entendre massivement notre refus de Cigéo.