AG de BNP Paribas : il est temps d’en finir avec le charbon !

Montreuil, le 13 mai 2015 - Dans moins de 7 mois, Paris accueillera la 21ème conférence des Nations-Unies sur le changement climatique. Les banques, acteurs primordiaux de l’économie, sont attendues au rendez-vous. Si décembre 2015 fera date, toutes seront demain jugées sur ce qu’elles ont fait ou pas fait pour prévenir le réchauffement de la planète et ses conséquences sur les populations. Alors que l’Assemblée générale de la BNP Paribas se tient aujourd’hui à Paris, les Amis de la Terre et de nombreuses personnalités politiques, scientifiques et de la société civile appellent la banque à signer l’Appel de Paris pour mettre un terme à ses soutiens colossaux au secteur du charbon, l’énergie la plus émettrice de CO2.

Réaction à l’Assemblée générale de la BNP Paribas à lire ici.

BNP Paribas compte à elle seule pour la moitié des soutiens des banques françaises au secteur du charbon qui s’élèvent pourtant à plus de 30 milliards d’euros entre 2005 et avril 2014 (1). Numéro un en France, elle se classe dans le top 10 des banques internationales à avoir le plus alimenté cette industrie financièrement. De plus, d’après une note publiée aujourd’hui par les Amis de la Terre et BankTrack (2), l’adoption en 2011 par BNP Paribas d’une politique sectorielle destinée à contrôler les impacts de ses activités dans le secteur des centrales à charbon n’a pas suffi à inverser la tendance à la hausse des soutiens de la banque au charbon en 2012 et 2013.

Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée / Coface aux Amis de la Terre, commente : « Il est temps que BNP Paribas change de camp et fasse partie de la solution et non du problème. BNP Paribas s’est engagée il y a quelques semaines à ne pas participer au financement des projets miniers situés dans le bassin de Galilée, en Australie. C’est bien, mais partout, il n’est plus possible de cautionner les impacts environnementaux et sociaux du charbon alors que le prix des énergies renouvelables ne cesse de chuter. C’est pourquoi nous lui demandons de signer l’Appel de Paris et de s’engager d’ici la COP21 à arrêter ses soutiens à l’industrie du charbon, pour le climat et la santé des populations. Cette demande est aujourd’hui relayée par de nombreuses personnalités politiques, scientifiques et de la société civile dans une page du Monde (3) ».

Accompagnée de Maha Mirza, militante du Bangladesh, elles demanderont à la banque lors de son Assemblée Générale de s’engager dès maintenant à arrêter tout financement de projet dès lors qu’il y a utilisation de charbon. Yann Louvel, coordinateur de la campagne Climat-Energie de BankTrack, poursuit : « Les milliards d’euros de soutiens de la BNP Paribas au secteur du charbon chaque année se concrétisent notamment par des projets qui émettront des millions de tonnes de CO2 pendant des décennies, qui détruisent des environnements uniques et menacent la survie des populations locales. Le projet de centrale à charbon de Rampal, au Bangladesh, en est une illustration. Alors qu’il met en péril la plus grande forêt de mangroves du monde, les Sundarbans, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, ainsi que les communautés locales, ses promoteurs démarchent en ce moment même les grandes banques internationales pour le financer. Nous publions aujourd’hui le résumé d’une étude démontrant que ce projet ne respecte pas les Principes d’Equateur, engagement volontaire signés par 80 institutions financières dans le monde (4). C’est pourquoi nous demandons à BNP Paribas, qui a déjà prêté par le passé à NTPC, une des entreprise à l’origine du projet, de prendre les devants et de s’engager publiquement à ne pas financer ce projet comme elle l’a fait pour les projets du bassin de Galilée. »

Accompagnés d’autres représentants de communautés directement affectées par le charbon en Afrique du Sud et aux Etats-Unis, les Amis de la Terre interpelleront également le Crédit Agricole, la Société Générale et BPCE à leurs assemblées générales ainsi que lors du Climate Finance Day, dates clés où les banques ne devraient pas manquer de faire des annonces destinées à prouver leur engagement à lutter contre les changements climatiques. Pour les Amis de la Terre et BankTrack, ces annonces devront être jugées à l’aune d’une mesure : la signature de l’Appel de Paris et la fin de leurs soutiens au charbon. Pour que les banques tournent la page du charbon et entrent pleinement dans le 21ème siècle, les Amis de la Terre appellent leurs clients à leur demander de s’engager à y mettre un terme avant la COP21 (5).

Contact presse :
Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée, Amis de la Terre, 06 79 54 37 15, lucie.pinson@amisdelaterre.org
Yann Louvel, coordinateur de la campagne climat-énergie, BankTrack, 06 88 90 78 68, yann@banktrack.org

(1) D’après le rapport « Charbon : l’argent sale des banques françaises » des Amis de la Terre publié en octobre 2014.
(2) Note disponible en français sur la colonne de droite et sur la page suivante.
(3) Page du Monde disponible en ligne sur la page suivante.
(4) Le résumé de cette étude en anglais est accessible en ligne sur cette page. L’étude complète sera disponible dans quelques jours.
5) Voir le site internet jechangedebanque.eu

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