Charbon : CNP Assurances creuse l’écart entre les assureurs et les banques françaises

Paris, le 28 novembre 2018. CNP Assurances vient d’annoncer qu’il n’investira plus dans les principales entreprises qui développent de nouvelles centrales à charbon. AG2R la Mondiale, AXA, Groupama, MACIF et SCOR ont eux aussi pris des engagements sur ces entreprises, suite à la déclaration de la Fédération française de l’assurance en décembre 2017. Manquent toujours à l’appel Covéa et les bancassureurs, dont les groupes continuent de financer massivement ces entreprises.

CNP Assurances n’investira plus dans les entreprises qui tirent plus de 10% de leurs revenus du charbon et devient le sixième assureur français à exclure des entreprises en raison de leurs plans de construction de nouvelles centrales à charbon (1). Cela fait suite à la déclaration de la Fédération française de l’assurance faite en décembre 2017 en amont du One Planet Summit sur la volonté de ses membres de ne plus investir dans ces entreprises (2). Plus de 1 380 projets de centrales à charbon sont encore prévus dans le monde ; si elles sont construites, elles augmenteraient la capacité installée globale de plus de 33%.

Lucie Pinson, référente de la campagne Finance privée aux Amis de la Terre France et coordinatrice européenne de la campagne Unfriend Coal sur les assureurs, commente :

“L’écart se creuse entre les assureurs et les banques françaises. Non seulement la majorité des assureurs excluent désormais les entreprises très exposées au charbon, mais tous à l’exception de Covéa et des bancassureurs excluent aussi les développeurs de nouvelles centrales à charbon. D’un côté se trouvent ceux qui agissent vraiment pour empêcher le développement de ce secteur climaticide, et à l’opposé ceux qui contribuent à aggraver la crise climatique. Les banques françaises qui multiplient les engagements creux depuis deux jours seraient avisées de s’inspirer de CNP Assurances pour se doter d’une politique charbon avec un impact réel pour le climat”.

CNP Assurances se réfère comme MACIF et SCOR à la liste des 120 entreprises les plus agressives dans le développement de centrales à charbon et qui ensemble portent 68% du pipeline de nouvelles centrales à charbon (3). Groupama ne s’est pas encore prononcé sur les détails de son engagement. AG2R La Mondiale a lui exclu la quasi-totalité des 282 entreprises qui prévoyaient en 2017 de nouvelles centrales à charbon.

Au-delà des acteurs français, un nombre croissant d’acteurs financiers s’engagent à ne plus soutenir ces entreprises en raison de leur trajectoire de développement incompatible avec les objectifs climatiques adoptés à la COP21. Cela comprend notamment la banque néerlandaise ABN Amro, et les assureurs Generali et Allianz. Ce dernier a exclu plus de 200 entreprises prévoyant plus de 500 MW de nouvelles capacités charbon, un seuil 6 fois plus ambitieux que celui d’AXA qui a exclu les 56 entreprises prévoyant en 2017 plus de 3 GW de nouvelles capacités charbon.

Lundi, M. Bruno Le Maire a publiquement demandé aux banques, assureurs et gestionnaires d’actifs d’arrêter de financer le secteur du charbon, et a déclaré que cela serait rendu contraignant si les banques ne s’y conforment pas.

Lorette Philippot, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre France, conclut :

“Nous avons révélé dans un rapport publié lundi (4) que depuis la COP21 les grandes banques françaises ont augmenté de plus de 50% leurs financements aux entreprises qui développent des centrales à charbon. BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Natixis ont accordé plus de 10 milliards d’euros à ces entreprises qui bafouent l’Accord de Paris. Ces chiffres montrent que nos soit disant leader de la finance durable, et notamment BNP Paribas qui compte à elle seule près de 4 milliards d’euros de financements à ces entreprises, sont bien loin aujourd’hui de répondre à cette nouvelle demande du gouvernement”.

Rédigé le