Les Amis de la Terre interpellent la Société Générale et le Crédit Agricole sur le charbon lors de leurs Assemblées générales

Paris, le 22 mai 2012 - Les Assemblées générales (AG) des actionnaires du Crédit Agricole et de la Société Générale se tiennent aujourd’hui à Paris. Les Amis de la Terre prennent part à ces AG et saisissent cette occasion pour interpeller les dirigeants des banques et les actionnaires et rappeler à tous que les profits réalisés par ces banques se font au prix de coûts humains, environnementaux et climatiques toujours plus importants. L’association exige la fin des investissements controversés notamment dans le domaine du charbon, le plus climaticide.

scene3

Si le Crédit Agricole affiche une perte d’1,5 milliard pour l’exercice 2011, la Société Générale déclare de son côté 2,4 milliards de bénéfices. Mais pour les Amis de la Terre, qui suivent de près les activités de ces banques, le bilan est bien plus désastreux [1].

Présente lors des assemblées générales des deux banques, l’association s’y est rendue avec Bob Kincaid, président de l’ONG états-unienne Coal River Mountain Watch, qui a exigé des dirigeants des explications sur leurs investissement dans le « Mountain Top Removal » (MTR), un type d’exploitation minière à ciel ouvert détruisant aux explosifs jusqu’à 300 mètres du sommet des montagnes pour atteindre les veines de charbon qui se trouvent en dessous. Le Crédit Agricole et la Société Générale détiennent des millions d’euros d’actions et d’obligations dans des entreprises lourdement impliquées dans le MTR telles que Alpha Natural Ressources, Arch Coal ou Consol Energy.

Pour Bob Kincaid : « Les Appalaches sont en état de siège. L’une des plus belles chaînes de montagnes au monde est attaquée quotidiennement par plus de 3 000 tonnes d’explosifs utilisés par l’industrie du charbon pour faire sauter nos montages, répandre des pluies de poison sur nos communautés, rendre malade et tuer nos amis, nos voisins, nos familles. Par vos investissements, vous avez participé à la destruction de plus de 500 montagnes et à l’ensevelissement de plus de 3 200 kilomètres de cours d’eau de montagnes. »

La technique du Montain Top Removal est combattue depuis des années par de nombreuses ONG aux Etats-Unis et dans le monde Les multiples campagnes menées en direction du secteur bancaire par le réseau BankTrack, dont les Amis de la Terre France sont un membre actif, ont conduit certaines banques à adopter des politiques spécifiques en la matière. Le Crédit Suisse exclut ainsi de son portefeuille toutes les entreprises qui pratiquent le Mountain Top Removal. Mais à ce jour, aucune banque française n’a fait de pas dans ce sens !

Ce n’est pas la première fois que ces banques sont parties prenantes dans des projets hautement controversés. En effet, le Crédit Agricole et la Société Générale sont déjà impliqués dans les projets de centrales à charbon de Kusile et Medupi en Afrique du Sud. Cette dernière émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an (ce qui équivaut à 5 % des émissions françaises annuelles) et a été conçue uniquement pour répondre aux besoins du secteur industriel, c’est à dire principalement aux compagnies minières étrangères tournées vers l’exportation. Elle a enfin valu le prix Pinocchio 2010 au Crédit Agricole.

« Même l’Agence internationale de l’énergie reconnaît que la situation est critique. », explique Ronack Monabay, chargé de campagne aux Amis de la Terre. « Elle déclare d’ailleurs qu’afin de respecter le scénario de 2 degrés relatif à la lutte contre le changement climatique, il est indispensable que toute nouvelle infrastructure énergétique soit neutre en carbone en 2017. Il est donc urgent d’en finir avec les investissements dans le charbon dès aujourd’hui comme nous le demandons aux banques ».

Yann Louvel, référent de la campagne sur la Responsabilité des acteurs financiers » aux Amis de la Terre conclut : « A l’heure où la Société Générale se targue d’avoir ’l’esprit d’équipe’ et où le Crédit Agricole proclame ’It’s time for green banking’, on ne peut qu’être frappé par le décalage entre le discours et la réalité puisque qu’elles font toutes les deux partie des 20 banques les plus climaticides au monde. Au lieu de systématiquement « verdir » leurs activités, les banques françaises devraient mettre en place un moratoire des financements de nouvelles centrales à charbon, et soutenir les opportunités d’amélioration de l’efficacité énergétique et renforcer le secteur des énergies renouvelables ».

IMPORTANT : Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter Ronack Monabay, chargé de campagne sur les institutions financières internationales et présents aux deux Assemblées générales : 06 38 89 81 05.

Contact presse : Caroline Prak - 06 86 41 53 43 - 01 48 51 18 96

[1] Concernant les investissements controversés des banques, lire le rapport « Bankrolling Climate Change » qui présente les 20 banques les plus climaticides au monde : la BNP Paribas est 8e du classement avec 10,7 milliards d’euros accordés à l’industrie du charbon, le Crédit agricole est 14e avec 5,6 milliards d’euros et la Société générale est 18ème avec 4,7 milliards d’euros. Le rapport complet est disponible ici :

http://www.banktrack.org/download/bankrolling_climate_change/climatekillerbanks_final_0.pdf

Photo d’une action menée par la Rainforest action network et Coal River Mountain Watch à Washington D. C. en mars 2007 pour protester contre les investissements de la banque Citi dans le charbon- (CC) http://www.flickr.com/photos/rainforestactionnetwork/1893825722/in/photostream/

Rédigé le