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© Jeremie Jung
Climat-Énergie
11 mars 2020

Action contre l’installation de Total sur le campus de Polytechnique

Des activistes des Amis de la Terre, Greenpeace, et Action Climat Paris ont interrompu le Conseil d’Administration de Polytechnique pour s'opposer à l’implantation d’un bâtiment de Total en plein cœur du campus.

Ce matin, des militant·es ont mené une action pour dénoncer l’emprise de la multinationale sur une des plus grande école française, censée former les futurs hauts fonctionnaires. Total prévoit la construction d’un bâtiment de sa direction Recherche et Développement sur le site de Polytechnique. Avec cette action, les militant·es mettent en lumière le lobbying exercé par la multinationale, alors qu’elle peine à recruter des jeunes à cause de son image dégradée.

Dans le hall principal de l’école Polytechnique, les activistes ont déployé des banderoles déclarant “Total : O.P.A sur le climat” ou encore “Polytechnique, pas à vendre”. A l’extérieur du bâtiment, une banderole de 30 mètres a été installée, avec le message “Total : main basse sur Polytechnique”. Le Conseil d’Administration doit revenir sur sa décision et refuser ce partenariat. Il est inacceptable que ce géant pétrolier et gazier fasse main basse sur cette grande école.

Un projet qui menace l’indépendance de l’École

Pour Total, s’installer au cœur de Polytechnique est un choix stratégique. L’École forme des élèves qui pour beaucoup se destinent à être les futurs hauts fonctionnaires en charge de la politique économique, industrielle et énergétique de l’État. Par sa proximité avec les lieux de vie et d’étude des étudiant·es, Total pourra influencer leur enseignement et surtout les sujets de recherche de l’X (Polytechnique). Mais les liens entre la multinationale et l’École se révèlent beaucoup plus étroits. En effet, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, est un ancien élève et a été nommé au Conseil d’Administration de l’École juste après la validation du projet de bâtiment Total. La neutralité de l’École se trouve aujourd’hui menacée.

Pour s’assurer que nos futures politiques publiques soient menées dans l’intérêt général, une séparation claire doit être établie entre les décideur·euses de demain et l’industrie des énergies fossiles. Cela passe notamment par la fin de ce type de partenariats.

Total et sa responsabilité dans le dérèglement climatique

Cécile Marchand

“Total s’efforce tant bien que mal de verdir son image à travers ce type de partenariats car l’entreprise a de plus en plus de mal à recruter chez les jeunes. La multinationale met en avant ses investissements minimes dans les énergies renouvelables alors que le cœur de son modèle économique réside dans les hydrocarbures.”

Cécile Marchand
Chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre

Elle fait partie des 20 entreprises qui émettent le plus de gaz à effet de serre au monde. Ces dernières ont émis 1/3 des émissions mondiales depuis 1965. Total prévoit notamment la construction d’un méga-projet pétrolier en plein cœur d’un parc naturel en Ouganda, qui menace directement les conditions de vie de milliers de personnes dans la zone. Les Amis de la Terre sont mobilisés avec plusieurs partenaires et mènent une action en justice 1 afin de mettre un terme à l’impunité du géant des hydrocarbures.

En 2019, plus de 90% des investissements de Total allaient toujours dans le pétrole et le gaz.

Pire encore, son PDG Patrick Pouyanné tente de nous faire avaler des couleuvres en présentant le gaz comme une énergie propre. Total nous présente des fausses solutions pour lutter contre le dérèglement climatique en faisant croire que c’est en plantant des arbres ou en investissant dans le gaz que dans la multinationale réglera le problème. En réalité, ces initiatives ne sont qu’un pansement sur une jambe de bois.

Les étudiants se mobilisent pour le climat

Depuis plusieurs mois, les étudiant·es de Polytechnique se mobilisent contre la main-mise de Total sur leur École. 61% se sont d’ailleurs prononcé·es contre le projet, d’après un sondage réalisé par les représentant·es d’élèves. Ce weekend, plusieurs anciens élèves signaient une tribune dans Le Monde pour rappeler que cette installation représente une menace pour l’indépendance de Polytechnique : « Imaginerait-on un centre de R&D de Free au milieu de Télécom Paris, de Monsanto sur le campus d’AgroParisTech, de Pernod Ricard dans une faculté de médecine ou de Nexter à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr ? », demandaient-ils.

Publication
Energies fossiles

Bruxelles et Paris sous l’emprise des lobbies fossiles

La mobilisation s’est élargie à à d’autres écoles comme Sciences Po, où les étudiant·es s’inscrivent dans le mouvement Fossil Free et ont demandé l’arrêt du partenariat entre leur école et Total.

A deux jours des marches climat du 14 mars et avec une mobilisation particulière des jeunes le 13 mars, nous devons réaffirmer qu’il faut mettre fin à ces partenariats d’image entre multinationales des énergies fossiles et écoles supérieures.

Notes
1

Soutenir l’action en justice contre Total : https://www.totalautribunal.org/