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5 octobre 2020Communiqué de presse

La pandémie, une aubaine pour les pollueurs : comment l’industrie fossile profite des plans de relance pour asseoir l’hégémonie de l’énergie sale

Une nouvelle étude de la campagne Fossil Free Politics révèle, sous couvert de pandémie, l’effort intense de lobbying mené ces derniers mois par l’industrie des énergies fossiles, qui a réussi a capter des dizaines de millions d’euros dans le cadre des plans de relance.

Octroi de concessions d’infrastructures énergétiques nuisibles au climat en Europe, affaiblissement des standards environnementaux et du Green deal européen…

Alors que les législateurs européens voteront cette semaine la loi Climat européenne, sujet de lobbying continu de la part des entreprises polluantes, des ONG alertent sur les intérêts de l’industrie des combustibles fossiles qui prennent pied dans le Green Deal.

Malgré les promesses de la Commission européenne et des gouvernements de « reconstruire en mieux », l’empreinte de l’industrie fossile est évidente dans les plans de relances. De nombreuses stratégies prévoient d’injecter l’argent des contribuables dans les « fausses solutions » préférées des pollueurs, comme le gaz fossile, les technologies de capture et séquestration du carbone, la compensation carbone ou encore l’hydrogéné fossile, qui ne feront qu’aggraver la crise climatique.

L’offensive de lobbying vers les institutions européennes et les gouvernements a permis de détourner des fonds de relance vers des investissements fossiles catastrophiques pour le climat. L’Italie a déjà octroyé à l’entreprise pétrochimique Maire Tecnimont un prêt garanti par l’État de 365 millions d’euros dans le cadre de son plan de relance. La Banque Centrale Européenne, elle, n’a imposé aucun critère environnemental à ses aides qui ont bénéficié à des compagnies pétrolières et gazières comme Total, Shell, Eni, Repsol et l’entreprise de charbon E.ON.

Les entreprises fossiles ont aussi réussi à affaiblir ou repousser des standards environnementaux partout en Europe. En Italie et en France, la pandémie de Covid-19 a entraîné un affaiblissement des régulations environnementales et climatiques. Ces attaques se retrouvent au niveau européen, où les industrie polluantes ont tenté de repousser la Loi Climat.

L’industrie fossile a bénéficié d’un accès facile et à des relations privilégiées avec le décideurs politiques de haut niveau, au mépris des risques de conflit d’intérêt. Le Portugal a nommé un PDG d’entreprise pétrolière pour dessiner ses plans de relances Covid-19. Les hauts responsables exécutifs de la Commission ont eu en moyenne 3 RDV par semaine avec des lobbyistes de l’industrie fossile, au plus fort du confinement.

Ce rapport confirme, encore une fois, l’influence considérable de l’industrie des énergies fossiles sur les politiques de nos gouvernements. Si ces derniers considéraient avec sérieux la crise climatique, ils devraient mettre en place des garde-fous entre les décideurs politiques et les lobbyistes de l’industrie fossile.

Juliette Renaud, chargée de campagne Lobbying aux Amis de la Terre France :

“Les compagnies de combustibles fossiles ont profité du confinement et de l’été marqué par des températures et des incendies records, pour faire pression et souvent pour obtenir une généreuse part du gâteau des fonds de relance – avec un supplément de crème sur le dessus. Les fonds de sauvetage devraient servir à secourir les travailleurs, les petites entreprises et les communautés sinistrées, mais les lobbyistes des combustibles fossiles poussent les milliards de dollars vers leurs projets énergétiques préférés qui nuisent au climat, tout en sapant le “Green Deal” de l’UE.”

Myriam Douo, militante pour la justice économique pour les Amis de la Terre Europe déclare :
“L’utilisation de l’argent public européen pour racheter les dettes d’entreprises alimentées par des combustibles fossiles n’est pas seulement un renflouement : elle donne libre cours aux entreprises polluantes du secteur du charbon, du pétrole et du gaz, et est clairement incompatible avec une action urgente en faveur du climat.”

Lala Hakuma Dadci, coordinatrice de l’initiative “Fossil Free Politics”, rajoute :
“La pandémie de Covid-19 a frappé le plus durement les plus démunis, et nous avons besoin de plans de relance qui placent les intérêts des gens et de la planète au premier plan, et non de renflouements pour les entreprises qui profitent de la destruction de notre climat. Pourtant, tant que les puissants lobbyistes des combustibles fossiles seront écoutés par les politiciens, nos politiques refléteront leurs priorités. La loi sur le climat est victime de cette influence néfaste. Nous devons soustraire les intérêts des combustibles fossiles de notre politique, afin de garantir que la lutte contre le changement climatique et la relance post Covid-19 soient menées entièrement dans l’intérêt public”.

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La pandémie, une aubaine pour les pollueurs