Climat : après Crédit Agricole et Natixis, Société Générale réduit à son tour ses soutiens au charbon

Montreuil – 18 novembre 2015 – A 12 jours de la COP21, la Société Générale vient d’annoncer la réduction de ses soutiens au charbon (1). Les Amis de la Terre et BankTrack notent la faiblesse des mesures annoncées au regard des enjeux et regrettent que la banque ne s’attaque qu’aux financements de projets qui ne représentent qu’une part infime de ses soutiens au charbon. Après le Crédit Agricole (2) et Natixis (3), Société Générale est toutefois la troisième banque française à prendre des engagements charbon. BNP Paribas, première banque française à financer le charbon, se retrouve totalement isolée.

A 12 jours de la COP21, Société Générale vient d’annoncer la réduction de ses soutiens au secteur du charbon (1). Ces engagements étaient vivement attendus de la part de la Société Générale, troisième banque française en matière de financement au charbon et qui a soutenu le secteur des mines et centrales au charbon à hauteur de 5,4 milliards d’euros entre 2005 et avril 2014 (4). C’est donc à la suite du Crédit Agricole (2) et de Natixis (3) que Société Générale vient d’annoncer la fin de ses financements de projets de développement de mines de charbon et de centrales thermiques à charbon dans les pays de l’OCDE à revenus élevés (1).

« On est loin de l’excellence climatique et la nouvelle politique de Société Générale est très décevante au regard des enjeux. Il ne faut plus construire de nouvelles centrales à charbon nulle part afin de limiter la hausse de la température du globe en–dessous des 2°C (5), or la Société Générale n’arrête que dans les pays de l’OCDE à revenus élevés. Elle fait donc moins bien que le Crédit Agricole qui n’exclut pourtant de son champ de soutien que 6,5% du marché du charbon (6) et encore moins bien que Natixis qui a arrêté les financements directs aux centrales à charbon partout dans le monde. Natixis s’est aussi attaquée aux financements indirects d’entreprises du secteur du charbon et c’est surtout là que le bât blesse pour la Société Générale qui n’aborde à aucun moment ces soutiens alors qu’ils représentent la quasi-totalité de ses soutiens au charbon » analyse Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée / Coface aux Amis de la Terre.

Société Générale justifie ces restrictions timides au charbon par le fait que l’Inde, la Chine, la Russie et l’Afrique du Sud ont encore besoin de cette énergie (7). Pourtant le charbon n’est pas une solution à la pauvreté énergétique mais aggrave au contraire les inégalités dans ces pays (8). De plus, la Société Générale échoue à accompagner la transition dans ces pays en ne faisant pas mieux que les mesures déjà adoptées par la Chine et l’Inde, les deux plus gros marchés du charbon au monde : la Chine s’est récemment engagée à limiter ses financements aux projets de centrales à charbon aux niveaux national et international (9), et l’Inde a également annoncé qu’elle ne construirait plus de centrales sous-critiques, les plus émettrices de C02 (10).

Yann Louvel, coordinateur de la campagne climat-énergie pour l’ONG BankTrack, conclut : “La Société Générale doit aller bien plus loin que ces premiers pas en s’engageant à signer l’Appel de Paris avant la COP21 pour sortir complètement de tout le secteur du charbon. C’est enfin également ce que doit faire BNP Paribas, la banque française la plus impliquée dans ce secteur et de loin avec près de 15,6 milliards d’euros de soutiens de 2005 à avril 2014 (4). Elle reste à ce jour la dernière grande banque française à n’avoir annoncé aucune restriction à ce secteur cette année, et se retrouve totalement isolée. Sponsor officiel de la COP21, BNP Paribas est également nominée aux prix Pinocchio (11) et ne dispose plus que de quelques jours pour réagir et être à la hauteur de ses engagements climatiques”.

Contact presse :
Pierre Sagot, chargé de communication, les Amis de la Terre, communication@amisdelaterre.org 0686415343

Contacts interviews :
Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée, Les Amis de la Terre, 06 79 54 37 15, lucie.pinson@amisdelaterre.org
Yann Louvel, coordinateur de la campagne climat-énergie, BankTrack, 06 88 90 78 68, yann@banktrack.org

(1) http://www.societegenerale.com/sites/default/files/15032_fr_corrige.pdf
(2) http://www.amisdelaterre.org/Climat-le-projet-charbon-Plomin-C.html
(3) http://www.amisdelaterre.org/Natixis-deuxieme-banque-francaise.html
(4) Rapport des Amis de la Terre et BankTrack « Charbon : l’argent sale des banques françaises » et voir le classement des banques internationales sur le site internet de Banktrack : www.coalbanks.org
(5) http://www.europeanclimate.org/documents/nocoal2c.pdf
(6) Selon la base de données Global Coal Plant Tracker, 6,5% des centrales à charbon annoncées, en demande de permis ou permises depuis le 1er janvier 2010 se trouvent dans des pays dits à hauts revenus selon la nomenclature de la Banque mondiale. Société Générale n’exclut que 4,1% du marché.
(7) http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021481097550-cop21-societe-generale-tourne-le-dos-au-charbon-1176257.php
(8) http://www.amisdelaterre.org/Charbon-le-mauvais-calcul-des,2063.html et http://www.carbontracker.org/report/energyaccess
(9) The White House, Office Of The Press Secretary, 25/09/2015, Factsheet : The United States and Chine issue joint presidential statement on climate change
(10) http://planningcommission.gov.in/plans/planrel/12thplan/pdf/12fyp_vol2.pdf
(11) http://www.prix-pinocchio.org/

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