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Nomination de Shell aux Prix Pinocchio 2014

La multinationale pétrolière Shell est nominée aux Prix Pinocchio 2014, dans la catégorie "Une pour tous, tout pour moi !", pour son exploitation du gaz de schiste un peu partout dans le monde.
Retrouvez ici le texte de nomination, nos échanges avec l’entreprise, ainsi que le lien direct pour voter pour ce cas sur le site des Prix Pinocchio. Vous pouvez également envoyer un message à Shell depuis la page de cyberaction.

Naturellement, Les Amis de la Terre France informent les entreprises de leur nomination avant que celle-ci soit rendue publique.
Un des objectifs de ces prix est de faire réagir les entreprises autour des enjeux soulevés.
Par souci de transparence, nous publions les échanges avec les entreprises.

Pour l’instant, nous n’avons reçu aucune réaction de Shell suite à leur nomination.


Texte de nomination de Shell dans la catégorie "Une pour tous, tout pour moi !"

Shell fore à tout-va, et à tout prix

Aux Pays-Bas, une forte mobilisation populaire a permis d’obtenir un moratoire sur la fracturation hydraulique. Ce qui n’empêche pas Shell, première entreprise pétrolière néerlandaise, d’aller chercher du gaz de schiste un peu partout dans le monde.

Attentive à son image dans son pays d’origine, Shell fait comme si le gaz de schiste ne l’intéressait pas. En fait, l’entreprise est un leader mondial dans le secteur des hydrocarbures non conventionnels (gaz et pétrole de schiste), avec des concessions aux États-Unis, mais aussi en Argentine, Ukraine, Turquie, Chine, Afrique du Sud et en Tunisie. Avec partout les mêmes problèmes : opacité financière, atteinte aux droits des populations, risques pour l’environnement (notamment les ressources en eau).

L’entrée de Shell sur le marché ukrainien s’est ainsi faite dans des conditions douteuses. En janvier 2013, elle conclut un accord de 10 milliards de dollars avec le gouvernement ukrainien et l’entreprise Nadra Yuzivska LLC. Cette dernière, qui doit recevoir la moitié des bénéfices, est détenue à 90 % par l’État et à 10 % par une entreprise liée au président déchu Viktor Ianoukovitch [1].

Des associations se sont rendues sur les sites de Shell en Ukraine, et y ont découvert des réservoirs où sont stockées, à l’air libre, les eaux utilisées pour le forage et la fracturation, séparés de l’eau souterraine par une simple couche de plastique. Les substances toxiques contenues dans ces eaux (métaux lourds, composé organiques volatiles, matières radioactives) sont extrêmement nocives pour la santé et pour l’environnement [2].

En Argentine, Shell ne fait pas mieux, et multiplie l’acquisition de concessions en Patagonie depuis fin 2011, notamment par le biais de l’entreprise provinciale Gas y Petroleo de Neuquén (GyP) dont le fonctionnement et les comptes sont opaques. Deux de ces permis affectent une aire naturelle protégée (notamment en association avec Total), et un autre empiète sur des zones d’élevage traditionnel. Trois des sept rapports environnementaux réalisés présentent des omissions, des erreurs et des vices de procédure. [3]

Shell paraît bien décidée à étendre ses opérations le plus rapidement possible, sans s’embarrasser de détails. Face à cette réalité, ses belles promesses sociales et environnementales [4] ne sont que paroles en l’air !

En savoir plus :
[1] Signature du contrat ukrainien, article de la BBC (en anglais)
[2] Le rapport de terrain des Amis de la Terre Ukraine et Pays-Bas sur le cas ukrainien
[3] Le rapport de terrain des Amis de la Terre France, Pays-Bas, et Europe, et de l’Observatorio Petrolero Sur sur le cas argentin
[4] Principes opérationnels de Shell

En savoir +

Pour en savoir plus et voter pour Shell sur le site des Prix Pinocchio, cliquez ici.

Pour envoyer un message à Shell, pour lui demander de changer ses pratiques, rendez-vous sur la page de cyberaction des Prix Pinocchio.

Lire l’article de nos partenaires média Basta ! et l’Observatoire des multinationales : "Gaz de schiste : Shell veut fracturer la planète".

Crédit photo : Ike Teuling - Puits non conventionnel Shell à Aguila Mora en Patagonie (Argentine)

Rédigé le