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Sables bitumineux, toujours plus loin, toujours plus sale !

L’exploitation des sables bitumineux a des conséquences dévastatrices sur les populations, l’environnement et le climat. Alors que l’Union européenne tente de réglementer le secteur, les lobbies sont à l’oeuvre et font pression pour empêcher toute avancée. Les Amis de la Terre ont enquêté et vous livre leur analyse.

Comprendre

Les sables bitumineux sont un mélange de sable, d’argile et d’eau saturé en bitume. Ce pétrole sous forme solide se trouve principalement au Canada, mais aussi dans plusieurs pays africains, dont le Congo-Brazzaville et Madagascar.

Les sables bitumineux sont sans aucun doute un des combustibles qui émet le plus de gaz à effet de serre au monde. Le processus d’extraction nécessite de grandes quantités d’eau et de gaz naturel, ce qui détruit d’importantes étendues de forêt, pollue les lacs, et contamine les eaux souterraines, mettant directement en danger de nombreuses communautés autochtones.

Problèmes

Les sables bitumineux ont des impacts désastreux sur la santé et les ressources naturelles

Les régions où les sables bitumineux sont exploités sont polluées par les rejets de produits toxiques avec un taux de cancer élevé, des pluies acides et une pollution des eaux souterraines et superficielles. Par ailleurs, l’extraction minière des sables bitumineux détruit la forêt boréale, les tourbières, les zones humides, les rivières et la biodiversité.

L’exploitation des sables bitumineux détruit les modes de vie autochtones

Les peuples premiers qui vivent dans les régions d’exploitation des sables bitumineux au Canada ont été contraints de changer radicalement de mode de vie. Ils ne peuvent plus pêcher car les poissons sont contaminés. Ils ne sont plus auto-suffisants et doivent maintenant acheter leur nourriture à des prix très élevés car il s’agit de produits qui arrivent le plus souvent par avion.

Ils vivent donc pour beaucoup dans une grande pauvreté et en ayant perdu leur culture. De la même manière, à Madagascar, les projets d’exploitation de sables bitumineux menacent d’accaparer des terres de pâturage et de priver les communautés locales de leurs moyens de subsistance, pourtant déjà très réduits. Là-bas et dans d’autres pays du Sud, les pétroliers comptent profiter de la faiblesse du gouvernement et du cadre législatif.

Les sables bitumineux et le climat

Les techniques d’extraction des sables bitumineux requièrent davantage d’énergie que pour le pétrole conventionnel, du fait de l’extraction et de la transformation du bitume en un pétrole brut de synthèse. L’extraction des sables bitumineux rejette de 3 à 5 fois plus de gaz à effet de serre (GES) que pour les hydrocarbures conventionnels. Les émissions de GES par habitant ont augmenté de 26 % au Canada en 2005 par rapport à 1990 et ont dépassé celles des États-Unis.

Problèmes

L’Union européenne ne doit pas céder face aux lobbies

Aujourd’hui, l’Europe peut faire un pas pour freiner l’exploitation des sables bitumineux et d’autres sources de carburants très polluants dans le monde.

En octobre 2011, la Commission européenne a publié une proposition qui vise à réduire de 6% les émissions de gaz à effet de serre des carburants pour les transports. La proposition inclut donc une intensité carbone spécifique pour chaque type de carburant, notamment ceux issus des sables bitumineux.

Cette réglementation pourrait se révéler un frein important à leur importation en Europe et donc décourager les compagnies pétrolières de les produire. Surtout, cela pourrait les conduire à ne pas commencer de nouveaux projets ailleurs, notamment dans des pays du Sud où les impacts sociaux et environnementaux seraient encore pires.

Le gouvernement canadien exerce une pression sans précédent contre cette directive européenne car c’est au Canada que se trouvent les principaux projets d’exploitation des sables bitumineux.

Total, BP, Shell ou ENI exercent aussi une pression considérable pour tenter de freiner cette nouvelle réglementation.

Total doit se désengager de l’exploitation des sables bitumineux

La multinationale française TOTAL, malgré son discours officiel sur le développement durable et les énergies renouvelables, investit massivement (2,5 milliards de dollars) dans les sables bitumineux (contre 250 millions d’euros pour les énergies renouvelables). Son PDG, M. de Margerie le confirmait en personne : pour lui, les sables bitumineux sont « un élément majeur de la stratégie [de Total] ».

Les banques doivent tourner le dos aux sables bitumineux

Les établissements financiers cessent leurs financements et investissements dans les sables bitumineux.

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