Action Amazon à Paris - Blocage Clichy
Surproduction

Amazon vend tout, même la planète !

Amazon pratique un gaspillage de masse et entretient la société du tout jetable responsable de près de la moitié de nos émissions de gaz à effet de serre. Le géant de la vente en ligne est une des plus grandes multinationales au monde : elle joue un rôle majeur dans notre modèle consumériste.

Comprendre

Le modèle Amazon

Amazon est devenu un acteur incontournable du commerce en ligne… et du commerce tout court. En quelques années, Amazon est devenu le premier distributeur aux États-Unis, avec 100 millions de personnes abonnées au service prime, et est également en passe de devenir le premier au Royaume Uni et en Allemagne. L’objectif d’Amazon est en effet de tuer l’intégralité de la concurrence, par une série de pratiques commerciales déloyales, dont la fraude à l’impôt et la vente à perte.

Cette stratégie est suivie avidement par les marchés financiers mondiaux. La multinationale oscille entre la première et la deuxième place des principales capitalisations boursières du monde grâce à ses investisseurs, dont le désormais célèbre Black Rock.

Bien souvent, Amazon n’est plus le vendeur des produits en vente sur son site. Via sa “market place”, la multinationale devient un intermédiaire qui se rémunère en touchant une commission fixe grâce aux frais de stockage et d’expédition. Néanmoins, Amazon reste en réalité le plus grand distributeur au monde, puisqu’elle prend en charge le transport et le stockage des milliards de produits vendus sur son site chaque année.

L’activité de distribution d’Amazon ne rapporte pas d’argent. Dans un premier temps Amazon détruit la concurrence en affichant des prix trop bas. Ces pertes sont compensées par d’autres activités (Amazon est le n°1 du stockage de données informatiques au monde). Amazon ne génère des bénéfices que depuis 2014 et a réinvesti ses 11 milliards de bénéfices de 2019 dans la poursuite de son expansion rapide. Amazon ne verse toujours pas de dividendes à ses actionnaires, et les marchés attendent d’elle des taux de croissance importants.  C’est donc une nécessité pour Amazon de vendre toujours plus, qu’elle affiche dans son rapport d’activité.

Elle fait pression sur le coût de sa main d’œuvre, augmente la robotisation dans les entrepôts, et fraude massivement la TVA, l’impôt sur les société et les impôts locaux. 98% des vendeurs sur la market place d’Amazon fraudent la TVA en France.

Amazon s'étend en France

La multinationale a déjà construit 6 méga-entrepôts et 12 plateformes de tris en France et prévoit d’en construire encore 8 autres d’ici la fin de l’année ! Metz, Lyon, Rouen, Belfort, Annecy, le Pont du Gard, Quimper, Nantes... Ces nouveaux projets sont situés à proximité d’aéroports, car Amazon assume clairement avoir pour stratégie de développer encore d’avantage la livraison de marchandise par avion. Les préfets, qui représentent l’État dans les départements continuent à soutenir politiquement les projets et à délivrer les autorisations d’exploiter nécessaires à leur mise en route, avec le soutien de plusieurs députés de la majorité.

Problèmes

Le Gouvernement complice

Lorsqu’il a annulé le projet Europacity, le Gouvernement a affirmé être préoccupé par les destructions d’emplois et la surproduction. Mais n’a toujours pas pris de mesures pour stopper le développement agressif du e-commerce. Pire, il a fait échec à un amendement étendant la taxe sur les surfaces commerciales aux entrepôts. Surtout les préfets, qui représentent l’État dans les départements, continuent de soutenir politiquement les projets et de délivrer les autorisations d’exploiter nécessaires à leur mise en route, avec le soutien de plusieurs députés de la majorité.

L'impact climatique catastrophique d'Amazon

La fabrication et le transport des produits textiles et électroniques représentent près du quart des émissions de gaz à effet de serre des français·es. L’industrie textile, à elle seule, est le quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre avec 8% de l’empreinte carbone mondiale. Aujourd’hui en France, les niveaux de production et de consommation continuent d’augmenter et atteignent 39 vêtements et 12,5 produits électroniques par habitant·es. Pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5°C degré à la fin du siècle et éviter les famines, les migrations massives et les guerres provoquées par l’emballement climatique, il faudrait réduire par 10 les mises en marché de produits textiles et environ par 3 celles des produits électroniqueEn faisant du dumping sur les prix et de la livraison ultrarapide, Amazon aggrave ce phénomène. En passe de devenir le N°1 mondial de la vente de produits textile et électronique, la multinationale a une énorme responsabilité. 

Le bilan carbone annoncé par Amazon est de 44 millions d’équivalent CO2, c’est à dire 10% des émissions de la France, et l’équivalent de celles de la Bolivie. Néanmoins il est largement sous-évalué. Il ne prend par exemple pas en compte les émissions liées à la fabrication des 15 milliards de produits vendus.

En France, 1 entrepôt Amazon équivaut à une augmentation du trafic de 1000 camions et de 4500 camionnettes par jour.  Le transport des produits qu’elle vend à travers le monde requiert des centaines de millions de trajets de camions, des millions de trajets en bateau et environ 48 000 trajets en avion. Son activité de stockage de données informatiques émettrait l’équivalent des émissions de la Norvège chaque année.

Jeff Bezos : champion du greenwashing

Amazon met en avant la commande de 100 000 camions électriques pour réduire ses émissions. Mais ce chiffre est grotesque comparé aux quelques 1,4 millions de camionnettes qu’elle utilise à travers le monde. Surtout il vient opportunément masquer le fait qu’Amazon a augmenté de 30% les livraisons par avion pour livrer ses produits en 24h.

Jeff Bezos a annoncé le 17 février, qu’il donnait 10 milliards de sa fortune personnelle à un fond de lutte contre les changements climatiques. Un chiffre impressionnant, un peu moins de 10% de la fortune personnelle de l’homme d’affaire, mais qui révèle une stratégie bien calculée. Les annonces concernent le financement de recherches, d’ONG et probablement des programmes de reforestation. Mais ce don permet en réalité d’éviter de remettre en question le modèle économique d’Amazon, climaticide par essence.  Cela détourne l’attention de la nécessité de réduire directement les émissions causées par la fabrication des 15 milliards de produits vendus par an, et donc de vendre moins de produits, tout comme de stopper le transport par avion de ces derniers. Cela permet également de se racheter une image, au moment où l’opposition aux pratiques sociales d’Amazon et la proposition de Green New Deal aux Etats-Unis laissent prévoir une réglementation forte de l’activité de la multinationale en cas de victoire, ce qui inquiète les marchés. Pour Jeff Bezos, se poser en philanthrope du climat est une triple réussite : elle permet de rassurer les marchés, d’adoucir les potentiel·les opposant·es, et de diffuser un récit positif sur les grandes multinationales. 

Amazon détruit des emplois et fraude l'impôt

Amazon détruit plus de 2 fois plus d’emplois qu’il n’en crée en France. Entre 2010 et 2016, 6090 réparateurs d’électronique ont disparu. C’est plus d’emplois que ce qu’Amazon avait créé sur la même période.  La grande distribution commence à être impactée, au moins 4500 emplois vont disparaître en 2020 dans le secteur. Aux États-Unis, la vente en ligne a détruit 260 000 emplois en 10 ans, et y menacerait 3 millions d’emplois supplémentaires. On parle même de “Retail Apocalypse”: 9000 grands magasins ont encore fermés en 2019.

Les emplois créés sont des emplois plus précaires, dur, et aux salaires plus bas que le travail en magasin, sans compter le recours systématique aux horaires de nuit et aux licenciements abusifs.

La fraude à l’impôt est au cœur de la stratégie d’Amazon. En France, elle est actuellement imposée à 0,46% des 8 milliards d’€ de son chiffre d’affaire. 98% des vendeurs auquel elle a recours ne paie pas de TVA et disparaissent au bout de quelques semaines sans possibilité de les retrouver. Amazon ne paie aucune taxe sur les surfaces commerciales…

Demandes

01

Le gouvernement doit stopper l’implantation des nouveaux entrepôts d’Amazon

Amazon vise à augmenter encore son activité dans l’hexagone en installant 3 nouveaux méga-entrepôts à Lyon, Brétigny-sur-Orge et Metz destinés à doubler sa surface de stockage en 2020, et prospecte activement le Grand Ouest pour l’implantation d’un quatrième entrepôt. Nous demandons un moratoire sur l’implantation de nouveaux entrepôts et de nouvelles zones commerciales en périphérie des villes.

02

Le gouvernement doit empêcher la destruction des invendus, et favoriser le don plutôt que le recyclage

3 millions de produits neufs ont été détruits par Amazon en France en 2018. L’entreprise a également recours à ces pratiques au Royaume Uni ou en Allemagne, où l’on estime que 30% des retours clients seraient envoyés à la broyeuse car il est non rentable de les tester et les ré-emballer. En juin 2019, le gouvernement a annoncé que la future loi économie circulaire acterait l'interdiction de la destruction des invendus non-alimentaires. C’est le signe que la mobilisation et notre pression paye !  Mais nous devons aller plus loin car le lobby surpuissant d’Amazon fait aussi pression. Le Gouvernement a ménagé une porte de sortie inacceptable : il leur permet de recycler directement les invendus...un non sens écologique et social !

03

Le gouvernement doit limiter le fret aérien de marchandises

Amazon a massivement recours au transport aérien de marchandises, en louant déjà plus de 767 Boeing. Pour assurer le service “Prime” et la livraison en 48 heures sur l’ensemble du territoire des pays où il s’implante, Amazon assume sans complexe développer sa propre flotte d’avions pour les “Membres Prime qui aiment les livraison ultra-rapides, les prix attractifs et l’important choix disponible chez Amazon”. Il dispose ainsi de 20 espaces réservés dans les aéroports aux Etats-Unis et vient d’en ajouter un nouveau en Californie. Le fret aérien de marchandises d’Amazon représente à lui seul des émissions de gaz à effet de serre considérables. Etant donné le développement exponentiel des activités de la multinationale, ce chiffre risque d’augmenter encore alors qu’il est impératif de réduire nos émissions pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de la barre de 1,5°.

  • 24 Sep 2018

    Les Amis de la Terre dénoncent publiquement les pratiques illégales du géant de la vente en ligne Amazon.

  • 23 Nov 2018

    Black Friday

    Mobilisation lors du Black Friday 2018

    52 activistes déposent 15 mètres cube de déchets électroniques devant Amazon pour rappeler que la guerre des prix et les violations de la loi menées par Amazon ont un impact dévastateur

  • 06 Jan 2019

    Des révélations d'ampleur

    En lien avec l’émission “Capital” de la chaîne télévisée M6, nous révélons un reportage sur les pratiques scandaleuses d'Amazon. Nous demandons au gouvernement d’agir vite.

  • 04 Juin 2019

    Des avancées à concrétiser

    Le gouvernement annonce que la future loi économie circulaire actera l’interdiction de la destruction des invendus non-alimentaires. C'est un pas dans la bonne direction.

  • 02 Juil 2019

    Action

    Action Amazon à Paris - Blocage Clichy

    Activistes climat et Gilets Jaunes bloquent Amazon et interpellent le Gouvernement.

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