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Surproduction
18 mars 2020

Amazon profite de la crise sanitaire du Coronavirus au risque de l’aggraver

Alors que tous les commerces non alimentaires sont fermés en France, Amazon poursuit la distribution de produits qui ne sont pas de première nécessité.

Amazon s’arroge la bénédiction du Gouvernement pour embaucher des intérimaires et tourne à plein régime, sans se préoccuper des risques sanitaires, de son impact sur le climat et des destructions d’emplois qu’elle génère.

La pandémie de coronavirus se propage rapidement, plusieurs Etats prennent des mesures drastiques: fermeture des commerces non alimentaires et confinement de la population. Les marchés financiers s’affolent, les commerces sont sous perfusion, mais les multinationales du web, à commencer par Amazon, ne semblent pas être impactées par la crise. 

Amazon embauche 100 000 intérimaires aux États-Unis et des centaines en France pour répondre à l’explosion des commandes.

Amazon assure avoir reçu l’autorisation du Ministère de l’économie et des Finances pour poursuivre son activité. Pourtant de nombreux employés font état du non respect des règles de prévention sanitaires. Amazon a refusé de fermer deux entrepôts en Espagne, ainsi que ceux de Sevrey et Boves, alors que des cas de COVID19 y sont confirmés. A Douai une centaine de salariés sont actuellement en grève car la direction les menace de représailles s’ils exercent leur droit de retrait.  

Christy Hoffman, secrétaire général de l’UNI Global Union explique: “Lorsque les employés d’un entrepôt sont testés positifs, un effort particulier doit être fait pour protéger les autres employés, encourager la distanciation sociale et nettoyer en profondeur l’installation. Mais, au lieu de cela, l’entreprise fait venir plus de main d’oeuvre, travaillant à un rythme encore plus rapide, afin de répondre à l’augmentation de la demande des consommateurs”. 

Pour Julien Vincent, délégué syndical CFDT d’Amazon France, la stratégie de l’entreprise et du Gouvernement est irresponsable: “Dans chaque entrepôt Amazon sur le territoire, il y a entre 500 et 2 000 personnes. On est sur des grosses densités de population. Si on laisse ces endroits fonctionner presque normalement, ce n’est pas la peine de faire fermer la petite boutique du coin! ». 

Publication
Amazon hors la loi - Black Friday
Rapport

Immersion dans le modèle Amazon

Outre les foyers de contagion que représentent les méga-entrepôts, la livraison au client peut également être un vecteur de propagation du virus. Si son maintien est compréhensible pour les produits alimentaires et de première nécessité, on peine à saisir les raisons qui justifient d’ouvrir grand les vannes à la livraison pour les autres types de produits, alors que la fermeture obligatoire est un nouveau coup dur pour les commerces de proximité, déjà lourdement impactés par l’expansion rapide d’Amazon. Un rouleau compresseur qui s’appuie sur une fraude de plusieurs milliards d’euros à la TVA, et l’évitement de l’impôt sur les sociétés. Ironiquement, Amazon contribue depuis des années à l’appauvrissement des finances publiques, qui nuit aujourd’hui à la capacité des hôpitaux de prendre en charge l’épidémie.

Alma Dufour - les Amis de la Terre

Le coronavirus montre que le système économique et financier actuel est incapable de résoudre les crises. Si cela vaut pour la pandémie, cela vaut aussi pour le changement climatique. Au final, c’est bien de réglementation, de résilience locale et de services publics dont nous avons besoin.

Alma Dufour
Chargée de campagne Surproduction

Malgré son irresponsabilité sanitaire, Amazon cherche à profiter de la crise pour accroître son influence. En Italie elle a annoncé la mise à disposition gratuite du service prime vidéo, dans la droite ligne de l’annonce de Jeff  Bezos du don de 10 milliards à la lutte contre le changement climatique. Amazon essaie de se montrer indispensable, alors que son activité aggrave les bouleversements que nous avons à affronter. Par la surproduction qu’elle engendre et la livraison par avion, Amazon contribue lourdement au changement climatique et à la disparition de la biodiversité, deux phénomènes dont l’un des impacts dévastateurs est d’aggraver les risques d’épidémies.

Alma Dufour, chargée de campagne aux Amis de la Terre rajoute : “Par sa décision, le Gouvernement continue de soutenir l’activité d’Amazon, qui aggrave le changement climatique, grève les finances publiques, et détruit des emplois. On peut donc douter de son intention de changer de modèle une fois la crise sanitaire derrière nous. Il est notamment à craindre qu’après en avoir autorisé 4 en 2019, le Gouvernement autorise 5 nouveaux projets d’entrepôts Amazon en 2020”.