Action 14 dec 2018
Climat-ÉnergieFinance

Société générale, plein gaz sur les fossiles

Société Générale soutient massivement le secteur du gaz de schiste outre-Atlantique, l’une des plus graves menaces pour le climat mondial et pour les populations locales. La banque joue notamment un rôle clé dans le développement d’un méga projet de terminal d’exportation de gaz de schiste prévus sur la côte du Texas : Rio Grande LNG.

Cette campagne est menée en partenariat avec le groupe affilié ANV-COP21 en soutien aux actions de désobéissance civile.
Opération de nettoyage de la Société Générale

Vendredi dernier, nous dénoncions le soutien de Société Générale aux énergies sales lors d'une opération de nettoyage géante à Paris avec ANV Action non-violente COP21. La banque soutient notamment le projet Rio Grande LNG, un terminal d'exportation de gaz de schiste au Texas qui émettrait autant que 44 centrales à charbon. Selon Société Générale, « Le gaz, y compris le gaz de schiste, est une énergie de transition nécessaire ». Quelle mauvaise blague... Le gaz « naturel » est une énergie fossile ! Il est composé de méthane dont les émissions constituent la seconde source mondiale de gaz à effet de serre après le CO2.Au-delà des impacts climatiques, le gaz de schiste est responsable de lourdes pollutions des sols et des eaux et de désastres sanitaires, d’où l’interdiction de sa production via la fracturation hydraulique dans un grand nombre de pays dont la France depuis 2011.Retrouvez notre réponse à Société Générale, suite à sa lettre adressée à "ceux qui se mobilisent pour le climat" : https://www.amisdelaterre.org/Lettre-ouverte-a-ceux-qui-detruisent-le-climat.htmlMerci à Mr Mondialisation pour cette vidéo ainsi que Tiphaine Blot pour sa réalisation.

Publiée par Les Amis de la Terre France sur Mardi 18 décembre 2018

Contexte

Éviter les conséquences les plus dramatiques de l’emballement climatique sera possible à condition d’enrayer de toute urgence l’expansion de l’ensemble des énergies fossiles et d’en programmer la sortie. 

Niant cette réalité scientifique, Société Générale domine et développe une industrie en plein boom bien que désastreuse pour la planète : le gaz de schiste et son exportation sous la forme de gaz naturel liquéfié (GNL). La banque a ainsi accordé plus de $3,2 milliards à ce secteur en Amérique du Nord entre 2015 et 2017. 

Au sud du Texas, Société Générale tient entre ses mains le futur d’un projet aussi monumental qu’inutile, le terminal d’exportation de gaz de schiste Rio Grande LNG, qui participerait à émettre autant que 44 centrales à charbon. En tant que conseiller financier, elle est responsable de lever les $20 milliards dont le projet a besoin pour voir le jour. 

En octobre 2017, répondant à la mobilisation des Amis de la Terre France et de ses partenaires, BNP Paribas s’est engagée à mettre fin à ses soutiens à tout projet lié au gaz de schiste, ainsi qu’aux entreprises fortement actives dans le secteur. Elle s’est à cette occasion retirée du projet de terminal Texas LNG, petit frère de Rio Grande LNG situé dans la vallée. Au lieu de reconnaître elle aussi l’incompatibilité de tels développements fossiles avec l’Accord de Paris, Société Générale continue pour sa part de justifier l’injustifiable en défendant publiquement que le gaz de schiste est une énergie de transition nécessaire. 

10 000 personnes ont déjà interpellé le directeur de la banque Frédéric Oudéa, et plus de 2 300 activistes se sont mobilisés pour faire pression à travers des actions directes partout en France.

Problèmes

Société générale alimente le mythe du gaz vert

La ruée vers le Gaz Naturel Liquéfié, dont témoignent les plus de 130 projets de terminaux d’exportation et d’importation en cours dans le monde, est tout à fait symptomatique de la grande confusion orchestrée autour des réels impacts du gaz. Car le Gaz Naturel Liquéfié est bel et bien une énergie fossile.

Si le développement du gaz naturel n’est pas une solution au dérèglement climatique, celui du Gaz Naturel Liquefié l’est encore moins. Liquéfier, transporter sous état liquide par cargo puis regazéifier le gaz, sont des processus extrêmement énergivores.

L’expansion de cette industrie fossile est dramatique pour le climat, mais aussi pour les populations et écosystèmes qui se voient imposer de nouveaux projets gaziers. 

Du gaz de schiste importé en Europe

Avec ces projets d’exportation, Société Générale contribue à faire entrer en France le gaz de schiste que nous avons banni il y a déjà 7 ans. L’hypocrisie est totale : si nous refusons le gaz de schiste en France, ce n’est pas pour le voir arriver par bateau des États-Unis, et avec la complicité d’une banque française. 

D’ailleurs, la plupart des pays de l’UE ont désormais renoncé à la fracturation hydraulique (qui permet d’extraire le gaz de schiste) et l’interdiction a été réaffirmée dans la loi Hulot de 2017

 

Société Générale soutien un projet destructeur : Rio Grande LNG

La banque s’apprête à financer un complexe d’exportation de gaz de schiste de 20 milliards de dollars au Texas : le terminal Rio Grande LNG et le double gazoduc Rio Bravo Pipeline. 

Archétype du projet inutile et controversé, il présente des risques à plusieurs niveaux : 

Menaces pour la biodiversité :

  • Réserve naturelle nationale de la Laguna Atascosa
  • 8800 hectares de zone humide
  • Barrière naturelle contre les tempêtes tropicales
  • Zone refuge pour 8 espèces animales en danger
  • Ocelots en voie de disparition au Texas

Menaces sur la santé et la sécurité des habitant·e·s 

  • Pollution de l’air, de l’eau et des sols
  • Risques de cancers, asthmes, pathologies cardiaques et pulmonaires
  • Risques élevés d’explosion, liés aux fuites de méthane
  • Multiplication des risques liés à la concentration des industries

Menaces pour le droit des peuples autochtones

  • Projet prévu sans l’accord de la tribu des Carrizo Comecrudo ou Esto’k Gna, peuple ancestral du delta du Rio Grande
  • Menace pour les ressources culturelles des peuples autochtones
  • Violation du droit au consentement libre préalable et informé des peuples autochtones

Menaces pour l’emploi et l’économie locale

  • Pêche, élevage de crevettes et écotourisme, principaux moyens de subsistance impactés
  • Blocage du canal de navigation par les cargos de GNL
  • 6600 emplois dans le tourisme vert en danger, contre 200 emplois créés seulement

Demandes

01

Société Générale doit stopper son soutien au projet Rio Grande LNG

Nous demandons à Société Générale de se retirer de son mandat de conseiller financier pour le projet de terminal d’exportation Rio Grande LNG et de double gazoduc Rio Bravo Pipeline porté par l’entreprise NextDecade.

02

Société Générale ne doit plus financer des projets de gaz de schiste

Nous demandons à Société Générale de s’engager à ne fournir aucun  service financier direct ou indirect à tout nouveau projet lié aux hydrocarbures de schiste.

03

Société Générale ne doit plus financer tout nouveau projet de développement d’énergies fossiles

La banque doit adopter, comme première étape importante d’une sortie des énergies fossiles, une politique ferme excluant de ses soutiens tous les nouveaux projets de développement des énergies fossiles les plus impactantes, ainsi que les entreprises qui les portent – charbon, sables bitumineux, gaz et pétrole de schiste, forages arctiques et ultra-profonds, terminaux de gaz naturel liquéfié.

  • 23 Mai 2018

    Lancement de la campagne

    À l’Assemblée Générale de Société Générale, les Amis de la Terre interpellent la direction de la banque sur ses soutiens au projet Rio Grande LNG et au gaz de schiste.

  • 08 Sep 2018

    Énergies sales : du balais !

    Action-Societe-Generale-Nation-by-Sam-Saintyard-1

    La séquence nettoyage commence avec une première journée d’actions et le lancement d’une mobilisation en ligne pour interpeller le directeur général de la banque.

  • 12 Sep 2018

    Un premier feu vert inquiétant

    La Commission fédérale américaine en charge de l’attribution des permis aux projets gaziers donnent un premier accord au projet Rio Grande LNG.

  • 13 Oct 2018

    Mobilisation suite au rapport du GIEC

    Action-Mains-Rouges-SOCGEN-Sam Saintyard-20

    En réaction à la publication du rapport du GIEC, des actions sont menées au siège de la banque à Le Défense et ses agences locales pour désigner la responsabilité de Société Générale.

  • 01 Déc 2018

    Opération sensibilisation des salariés de la banque

    Les activistes se rendent dans 201 agences pour échanger avec les salariés sur les activités fossiles de Société Générale et remettre une lettre aux directions.

  • 14 Déc 2018

    Opération de nettoyage géante !

    Société Générale, championne des énergies sales

    912 activistes mènent une action géante devant l’agence centrale fermée de Société Générale et nettoient 102 agences agences parisiennes. La banque communique

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