Extractivisme, charbon
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La France, un pays minier et pétrolier ?

On croyait le temps des mines révolu, depuis la fermeture des exploitations charbonnières dans le Nord, et de celles d’uranium dans le Limousin. Pourtant, les actions politiques et pressions industrielles pour promouvoir un renouveau extractif sur notre territoire existent bien. Tout est fait pour tenter d’endormir la contestation.

Contexte

En France métropolitaine, le secteur extractif est en déclin depuis des dizaines d’années. Les dernières mines de charbon et d’or ont fermé en 2004. Quelques exploitations perdurent principalement en outre-mer, en Nouvelle-Calédonie et en Guyane, ainsi que de façon marginale en métropole. Cependant, depuis la fin des années 2000, on assiste à un renouveau extractif, c’est-à-dire une volonté de relancer l’exploitation du sous-sol français pour des raisons économiques et politiques.

Problèmes

Une France quadrillée de permis d’hydrocarbures

Les nombreux permis concernent officiellement des hydrocarbures “conventionnels” mais ils recouvrent en réalité des gisements de gaz, de pétrole de schiste et pétrole de couche. Les entreprises pétrolières se positionnent sur le territoire en attendant un changement du contexte économique et politique.

Une relance discrète mais bien réelle

Alors que de nombreux anciens sites miniers attendent encore d’être remédiés, le gouvernement a pourtant fait le choix d’impulser la réouverture de mines sur notre territoire, au nom d’une illusoire sécurisation de nos approvisionnements en métaux, et avec la promesse, tout aussi illusoire, d’exploiter ces mines “dans des conditions soutenables sur le plan environnemental et social”. 

Des enjeux environnementaux négligés

Si la réforme envisage que les permis d’exploration et d’exploitation soient soumis à une évaluation environnementale, elle n’impose pas toutefois à l’opérateur minier de désigner clairement la technique qui serait utilisée, ni une transparence absolue sur les substances émises ou injectées dans le sous-sol pour les activités minières.

Un manque de consultation des populations locales

Les différents projets de réformes sont loin d’être ambitieux en matière de participation du public. Ni le code minier, ni son éventuelle réforme ne prévoit de concertation du public en amont et d’enquête publique lors de la demande d’un permis d’exploration.Il est important que les populations soient concertées suffisamment tôt pour leur permettre de se prononcer sur l’opportunité de ces projets miniers. Si la réforme prévoit une “procédure renforcée d’information et de consultation”, celle-ci est facultative, et il n’existe aucun dispositif d’initiative citoyenne pour demander le recours à cette procédure. Surtout, il n’y à pas de définition claire “des populations locale concernées”

L’extractivisme justifié par des fausses vérités

« Opportunité de revitalisation, de création de valeurs et d’emplois dans les territoires ruraux», « source importante de reconquête économique », et tout cela dans des « conditions soutenables sur le plan environnemental et social » . L’exploitation d’hydrocarbures et de métaux en France permettrait de plus au pays de sécuriser son accès aux matières premières stratégiques et de s’affranchir de la dépendance de la Russie et de la Chine. Que demander de plus en période de crise économique ? Les populations locales qui se mobilisent contre ces projets miniers et pétroliers n’auraient-elles donc rien compris et seraient-elles en train de renoncer au progrès ? Si les promoteurs du renouveau extractif ne manquent pas de promesses à faire miroiter, le passage au crible de leurs différents arguments et leur confrontation à la réalité des faits permettent de les déconstruire un à un

Trois faux arguments sont entretenus pour légitimer le renouveau extractif en France : 

  1. Avoir des mines ou des réserves d’hydrocarbures en France nous permettra d’être moins dépendants de la Chine pour les terres rares et de la Russie pour le gaz
  2. En France, les mines seront « propres » et « responsables »
  3. Le développement des gaz et pétrole de schiste et la réouverture des mines vont créer des emplois

Demandes

Cesser tout investissement dans les énergies fossiles

Cet arrêt doit s’appliquer à la fois pour l’exploration et l’extraction, mais aussi aux infrastructures liées. Continuer à financer les énergies fossiles est totalement incompatible avec la nécessité de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 1,5°C.

Allonger la durée de vie de nos produits et acter une politique nationale de recyclage

Ces mesures sont nécessaires pour diminuer les besoins d’extraction et d’importation de métaux.

Mettre en place une consultation réelle et contraignante des populations

Cette demande doit également s’appliquer lors de la phase d’exploration, et à son issue.

Remédier au lourd passif environnemental laissé par les projets miniers et pétroliers

Les conséquences sur les écosystèmes des anciens projets miniers et pétroliers doivent être résolues.

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