Marche climat du 9 mai 2021. Départ République -> Bastille / Alternatiba Paris / Amis de la Terre / Collectif Plus Jamais Ça !
Marche climat du 9 mai 2021 à Paris.
30 novembre 2021

2021 : des luttes, des avancées, des victoires ! Et en 2022 ?

Découvrez les temps forts qui ont marqué 2021. L’occasion de tirer un bilan des avancées réalisées ensemble et de vous faire découvrir les combats prioritaires de l’année 2022.

Année après année, notre détermination reste intacte. Si les défis sont de taille, nous savons que nos batailles permettent d’exercer un contre-pouvoir essentiel grâce à des victoires pour la planète. C’est grâce à la générosité des adhérent·es des Amis de la Terre que nous pouvons agir et décrocher ces avancées.

Victoires en 2021 : nous n’avons rien lâché !

Pollution de l’air : l’État condamné à une amende historique

Grâce à une action en justice initiée par les Amis de la Terre, l’État a été condamné à une amende historique de 10 millions d’euros. Avec cette pression financière, nous espérons que le gouvernement agira enfin pour un air plus respirable. Aujourd’hui en France, la pollution de l’air est responsable de 48 000 à 100 000 décès prématurés par an.

Climat : Victoire contre le pétrolier Shell

Suite a une action en justice des Amis de la Terre Pays-Bas, pour la première fois dans l’Histoire, un juge reconnaît la responsabilité d’une multinationale en matière de changement climatique. Il contraint Shell à réduire drastiquement ses émissions de CO2. Cette décision pourrait aussi avoir des conséquences majeures pour d’autres grands pollueurs.

Finance & climat : ça bouge du côté des banques

Société Générale se retire de deux projets polluants au Canada et s’engage à ne plus soutenir de nouveaux projets d’hydrocarbures en Amérique du Nord. La Banque Postale est quant à elle la première banque française à dire stop au développement des énergies fossiles.

Huile de palme : Total doit revoir sa copie à la raffinerie de la Mède

Le Tribunal administratif de Marseille reconnaît l’obligation pour le pétrolier d’évaluer les impacts climatiques provoqués par son approvisionnement en huile de palme pour la raffinerie de la Mède et annule partiellement l’autorisation d’exploitation.

Surconsommation : 2 projets Amazon abandonné dans l’hexagone

Dans le Gard et en Loire-Atlantique, deux projets d’Amazon ne verront pas le jour, préservant les terres de l’artificialisation et mettant un frein à l’expansion d’Amazon en France. Ces deux victoires sont le fruit d’un combat mené devant les tribunaux et d’une mobilisation citoyenne locale forte.

Engrais chimiques : ils vont disparaître de nos jardins, espaces verts, parcs publics…

Les impacts des engrais azotés sur l’environnement et le climat sont dramatiques. La bataille contre les lobbies de l’agro-alimentaire est féroce, mais nous avons déjà obtenu un premier pas : les engrais azotés seront interdits pour les usages dits « non agricoles ».

Multinationales : des agriculteurs nigérians obtiennent justice face au pétrolier Shell

Il aura fallu 13 ans pour que justice soit enfin rendue à des agriculteurs nigérians dont les vies ont été détruites suite à des pollutions pétrolières d’une filiale de Shell. Les communautés impactées seront enfin indemnisées grâce à l’action en justice menée par les Amis de la Terre Nigeria et Pays-Bas.

2021 : que faut-il en retenir ?

Urgence climatique : nous n’avons plus le temps

Cette année encore, les événements climatiques extrêmes ont frappé aux quatre coins du monde. Sécheresse à Madagascar entraînant des famines, records de températures au Canada, inondations en Europe et en Asie, feux géants en Californie, en Sibérie et dans de nombreux pays du bassin Méditerranéen. La liste est bien trop longue, et les conséquences sont dévastatrices pour des millions de personnes.

Les premier·es impacté·es par le changement climatique sont souvent celles et ceux qui souffrent de l’extrême pauvreté. Cette double injustice sociale et climatique n’est tout simplement pas acceptable. Les États et les acteurs économiques ont le devoir d’agir rapidement, en prenant des décisions radicales pour inverser la tendance. Malheureusement, la COP26 qui s’est tenue en novembre dernier a, une fois de plus, révélé l’incapacité des dirigeant·es mondiaux à adopter les changements systémiques nécessaires pour enrayer le dérèglement climatique.

En France, une occasion ratée de montrer la voie

La Loi Climat adoptée en 2021 était en France une occasion de rehausser les ambitions et de répondre aux demandes de la Convention Citoyenne pour le Climat avec des mesures à la hauteurs des défis environnementaux et sociaux.

Dans les coulisses, nous avons suivi de près l’élaboration de cette loi. Nos équipes étaient mobilisées pour faire en sorte que les mesures adoptées répondent aux enjeux en matière de climat, transport, logement, travail, agriculture et alimentation. Ce travail de l’ombre de la part des associations auprès des parlementaires a été accompagné d’une grande vague de mobilisation citoyenne dans les rues ayant réuni des milliers de personnes.

Le constat d’échec est criant : alors qu’Emmanuel Macron avait promis de reprendre sans filtres les demandes des citoyen·nes, lui et son gouvernement ont détricoté petit à petit leurs propositions.

Justice sociale, justice environnementale : même combat

En 2021, les Amis de la Terre ont contribué activement au collectif “Plus Jamais Ca”, qui rassemble à la fois des organisations écologistes, sociales et des syndicats. Nous avons montré, à travers des luttes concrètes, qu’il est possible de créer de l’emploi pour une transition écologique juste. Contrairement à ce que veulent faire croire les multinationales, l’écologie peut rimer avec économie et emplois. C’est une question de volonté politique !

Par exemple, la papeterie de la Chapelle Darblay est unique en son genre. Il s’agit de la seule usine en France capable de fabriquer du papier journal 100% recyclé et permet 750 emplois directs ou indirects dans le bassin rouennais.

La raffinerie de Total en région parisienne, Grandpuits, pose également problème : l’entreprise prévoit un plan social injuste en se cachant derrière une pseudo transition écologique du site en “plateforme zéro pétrole”. Mobilisés aux côtés des salarié·es grévistes, les Amis de la Terre ont décrypté en quoi cette transition est avant tout une opération greenwashing pour le pétrolier.

Tous les temps forts de 2021

2022 : demandez le programme !

Futur·e président·e : la planète t’attend au tournant

Les élections présidentielles de 2022 en France vont influencer les 5 prochaines années en matière d’écologie. A ce titre, les Amis de la Terre, aux côtés d’autres organisations de la société civile, seront mobilisés pour décrypter les programmes des différents partis, déceler les fausses solutions qui gagnent du terrain. Nous proposerons en parallèle des mesures structurantes et réalistes nécessaires pour changer le cours de l’Histoire. Face aux idées nauséabondes qui s’invitent dans l’élection présidentielle, il est important de réaffirmer que l’écologie est avant tout sociale et solidaire.

En parallèle, les combats continueront pour faire bouger les lignes sur nos campagnes. Plaidoyer, sensibilisation, expertise, actions en justice ou mobilisation sont autant de leviers que nous utiliserons pour obtenir, à vos côtés, des victoires décisives.

Agriculture – Sortir d’une agriculture dopée aux engrais chimiques

Si les engrais sont amenés à disparaître très rapidement de nos jardins et des espaces publics, il reste encore beaucoup à faire pour réduire drastiquement leur consommation dans le secteur agricole. La France est le premier consommateur d’engrais chimiques en Europe, alors qu’une nouvelle étude à démontré qu’1 tonne sur 40 des émissions de gaz à effet de serre mondiales est due à cette industrie.

Les priorités en 2022 : 

  • Pousser la France à se fixe enfin un objectif de réduction des engrais chimiques, ainsi que des mesures ambitieuses pour y parvenir. La loi de programmation énergie-climat (LPEC) et la stratégie nationale bas-carbone (SNBC), seront deux opportunités législatives clefs pour agir concrètement pour la réduction de ces produits climaticides dont les coûts pèsent aujourd’hui lourdement sur les épaules des agriculteurs.

Fast fashion et e-commerce : deux secteurs à transformer en profondeur

Que ce soit dans l’industrie de la mode ou du e-commerce, ces deux secteurs sont responsables de plusieurs fléaux communs : surproduction, destruction et précarisation des emplois, impacts désastreux sur le climat, l’environnement et les droits humains. Dans ce contexte, les Amis de la Terre mobiliseront divers moyens pour faire bouger les lignes : actions en justice, études, mobilisations locales, pression auprès des élu·es politiques.

Les priorités en 2022 : 

E-commerce & Amazon :

  • Obtenir un moratoire sur les entrepôts de e-commerce afin de limiter la multiplication des projets dans les territoires ayant des conséquences néfastes pour l’économie locale et la préservation des terres.
  • Obtenir l’annulation par la justice d’un ou plusieurs projets Amazon
  • Sensibiliser autour des impacts climatiques et sociaux du e-commerce

Secteur textile :

  • Obtenir un cadre réglementaire national et européen favorable à la réduction des émissions relocalisation de la production textile
  • Proposer et  visibiliser les alternatives pour favoriser la relocalisation en France de l’industrie textile
  • Sensibiliser les citoyen·nes sur les impacts climatiques et sociaux du secteur textile

Pouvoir et impunité des multinationales : stop ! 

Les multinationales bénéficient d’un pouvoir démesuré leur permettant d’agir souvent en toute impunité au détriment des droits humains, du climat et de l’environnement. Certaines entreprises sont devenues si puissantes qu’elles attaquent les États devant des tribunaux internationaux privés lorsqu’elles estiment que les lois et régulations vont à l’encontre de leurs profits. Rien ni personne ne semble pouvoir mettre fin à cette scandaleuse impunité : c’est sans compter la mobilisation citoyenne, du local au global, qui permet d’obtenir, petit à petit, des avancées concrètes. Dans ce contexte, notre travail consiste à démanteler le pouvoir économique et politique des multinationales pour faire émerger des sociétés soutenables.

Les priorités en 2022 : 

Banques françaises : cessez d’alimenter la crise climatique !

Depuis la signature de l’Accord de Paris, les financements des banques à l’industrie des énergies fossiles continuent d’exploser. Le secteur financier nous mène droit au chaos, alors que limiter les émissions de gaz à effet de serre est un impératif pour maintenir des conditions de vie sur Terre acceptables. Malgré leurs belles paroles et opérations de greenwashing, les 4 plus grandes banques françaises ont financé le secteur de l’industrie fossile à hauteur de 100 milliards de dollars depuis 2020. Les engagements volontaires des banques sont donc largement insuffisants. Dans ce contexte d’urgence climatique, l’État a le devoir d’agir rapidement pour imposer des règles au secteur financier.

Nos priorités en 2022 : 

  • Pousser les acteurs financiers à s’engager contre l’expansion du secteur pétrolier et gazier,
  • Lutter contre le greenwashing et sensibiliser sur le bilan désastreux du gouvernement en matière de financement des énergies fossiles,
  • Faire pression pour obtenir une régulation ambitieuse de la part du gouvernement.

Finance publique aux énergies fossiles & transition juste

Le secteur de l’industrie fossile bénéficie encore de nombreuses subventions publiques qui lui permettent de s’assurer du soutien de l’État pour la construction de divers projets climaticides à l’étranger. En d’autres termes, l’argent du contribuable sert de caution à des multinationales françaises pour développer leur business toxique. Dans ce contexte, les Amis de la Terre sont mobilisés pour décrypter et dénoncer ce qui se déroule souvent loin des projecteurs médiatiques. En parallèle, la France doit organiser une transition écologique juste, ce qui passe par une transformation en profondeur du secteur pétrolier et gazier en France.

Nos priorités en 2022 :   

  • Obtenir un engagement public de ne pas soutenir plusieurs projets comme celui du mégaprojet gazier de Total en Arctique ou son mégaprojet pétrolier en Ouganda,
  • Obtenir une politique mettant fin aux soutiens publics au pétrole et gaz dès la fin 2022,
  • Pousser l’administration à réfléchir à une stratégie de transition juste dans le secteur des hydrocarbures,
  • Faire émerger des propositions concrètes sur les reconversions professionnelles dans le secteur du pétrole et du gaz en France.